Jeudi 26 août 2007
Conférence de Presse de Mme Mirta Roses, directrice de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), en compagnie de la porte-parole de la MINUSTAH, Sophie Boutaud de la Combe.
Bonjour,
Je suis très contente d’être en Haïti que j’ai d’ailleurs déjà visité une vingtaine de fois. Je suis très contente également de vérifier les progrès réalisés dans le domaine de la santé et surtout dans le domaine de la sécurité. J’ai pu visiter le dépôt de médicaments essentiels, PROMESS et rencontrer le ministre de la Santé publique, Dr Robert Auguste, ainsi que le représentant de l’OEA...
La rencontre et les discussions avec le ministre de la Santé publique et de la Population sur la formulation du programme stratégique de renforcement du leadership du ministère de la Santé ont été très fructueuses. Nous voulons voir se reconstruire le leadership de l’Etat, son rôle de régulateur et d’orienteur en matière de santé publique. Nous avons aussi passé en revue la préparation de la campagne de vaccination dans le cadre du programme élargi...
L’un des objectifs de L’OPS est de renforcer les services de la santé en restructurant et en renforçant le rôle du Ministère de la Santé Publique et en développant les ressources humaines afin d’avoir des ressources humaines qualifiées, soucieuses de la santé de la population, et surtout une équipe qui soit en relation avec la population.
Nous sommes actuellement en train d’analyser les possibilités d’avoir des projets intégrés pour l’île entière et non seulement pour Haïti, particulièrement des actions contre la malaria, la tuberculose et le VIH/Sida. Il n’est pas possible que les autorités de santé publique restent seulement au niveau de l’information au sujet de ces maladies.
Les ministères de Santé publique haïtienne et dominicaine font montre d’une volonté très accrue d’avoir des travaux conjoints pour aboutir à une réduction considérable ou même l’élimination de ces maladies dans l’île. C’est très important pour les relations de santé, de développement, d’économie et du tourisme de ces deux pays.
Pour la première fois, une campagne nationale de vaccination contre la rougeole sera entreprise prochainement en Haïti dans le cadre de la campagne des Amériques. Haïti est le dernier pays de la région à en bénéficier et ce, grâce à l’appui et la solidarité de la communauté internationale. Cela permettra que tous les enfants et les adolescents d’Haïti soient protégés comme ceux des autres pays des Amériques.
Nous travaillons actuellement avec le Ministère sur un projet de gratuité des soins obstétricaux, gratuité nécessaire pour lever la barrière financière à l’accès aux soins.
QUESTIONS/REPONSES
J’aimerais savoir le but de votre visite et le constat que vous faites par rapport aux besoins de la population en matière de santé. Vous pouvez répondre en Anglais ou en Espagnol et demander à Sophie de traduire pour nous.
Haïti est le pays le plus pauvre de la région et la situation de santé montre des indicateurs toujours très alarmants. Si on regarde dans la zone Amérique, il y a de grandes différences entre les pays mais aussi à l’intérieur de chaque pays. Haïti fait partie des 5 pays les plus pauvres de la région Amérique, ne comprenant cependant que 20 % des pauvres des Amériques. Cela montre bien qu’il y a une grande différence entre les pays mais aussi à l’intérieur de chaque pays. Il y a donc certaines situations de santé en Haïti qui sont aussi vécues dans d’autres pays qui ne sont pas forcément des pays pauvres mais qui ont des populations qui vivent dans des conditions de pauvreté. Par exemple, la mortalité maternelle est 40 fois plus élevée en Haïti qu’elle ne l’est au Canada. C’est une façon de montrer la grande disparité de la situation de santé entre ces pays.
Sur la situation concernant le VIH Sida, en Haïti 2.2% de la population est touchée par le virus. Ceci représente l’un des taux les plus élevés de la région. Cela est également vrai si on ne considère que les femmes puisqu’elles représentent 3.1% des personnes touchées. Il faut donc une stratégie particulière pour ces dernières.
Ces résultats sont encore très loin des objectifs du Millénaire. Il reste donc encore beaucoup de chemin à parcourir pour apporter les services nécessaires à la population.
Dans la région des Amériques, 3 zones sont encore concernées par le paludisme. du paludisme : l’Amérique centrale, l’Amazonie et l’île composée d’Haïti et de République Dominicaine). Il faut définir et mettre en place une stratégie conjointe aux deux pays. Après 70 ans de lutte contre la maladie, nous pouvons maintenant envisager une lutte efficace, ce qui favorisera le développement économique et l’amélioration des conditions de vie de la population.
Depuis plus de 20 ans, la tuberculose est une cause importante de mortalité en Haïti. Avec l’arrivée du VIH/Sida, c’est devenu encore plus compliqué et il y a un besoin de traiter les deux ensemble. Donc, un programme conjoint a été mis en place pour dépister ces deux maladies et apporter des soins aux personnes contaminées. Il y a encore besoin de progrès bien sûr mais maintenant environ 70% des personnes touchées reçoivent un traitement contre la tuberculose. Mais il reste encore plus de 25% des patients qui ne sont pas traités ou qui ont interrompu leur traitement. Ce qui pose un problème de santé publique mais aussi de résistance aux traitements. Ces deux maladies sont étroitement liées à certains facteurs sociaux comme l’accès aux services de santé et l’accès à l’éducation...De grands efforts doivent donc être faits en matière de développement de services pour couvrir ces besoins.
Enfin, en, Haïti, l’espérance de vie est encore au dessous de 60 ans alors que dans la plupart des pays de la région, elle est de près de 70 ans. Les besoins de santé vont donc évoluer avec cet accroissement de l’espérance de vie. En effet, les maladies non transmissibles telles que problèmes cardiaques, hypertension, obésité et cancer, plus fréquentes, demanderont des soins appropriés.