L’occasion d’un bilan pour un nouveau départ
Pour les organisations qui ont recours aux volontaires et pour les volontaires eux-mêmes, la Journée internationale des Volontaires (JIV) est l’occasion de mettre en commun le travail, les projets et campagnes afin de promouvoir les contributions respectives au développement social et économique au niveau local, national et international. Pour les Volontaires des Nations Unies en Haïti, il s’agissait avant tout, de se retrouver et d’évoquer les étapes de la participation des Volontaires au sein la MINUSTAH depuis son commencement en 2004.
Etaient présents à cette occasion, Luiz Carlos da Costa, Représentant spécial adjoint principal du Secrétaire général et Berta Panes, Chef du Programme des Volontaires des Nations Unies de la MINUSTAH et plus de cent volontaires venus de toutes les régions du pays.
Cette rencontre était la cinquième du genre et s’est tenue, tout comme la première en 2004, à l’hôtel Montana. Une date symbolique choisie pour l’occasion, propice à un bilan de parcours du Programme des VNU en Haïti.
Dans son allocution de circonstance, M. da Costa a indiqué l’importance de la présence des VNU dans les Missions de maintien et de consolidation de la paix depuis 1992, date de la première participation des Volontaires dans ce type d’opérations. Il a souligné le travail important des Volontaires de la MINUSTAH, tout particulièrement dans les régions, oừ, en 2006, les 27 volontaires de la Section Electoral étaient le seul personnel spécialisé dans ce domaine. « Les Volontaires ont aussi joué un rôle très important dans des domaines comme la Réduction de la violence communautaire ou les Affaires civiles, en implémentant les Projets à impact rapide (QUIPS) et en faisant le suivi avec les autorités nationales. Ils se sont aussi distingués dans la mise sur pieds des cliniques au sein des différents bureaux régionaux et en contribuant à la reforme de la PNH », a-t-il ajouté. Luis Carlos da Costa a mentionné l’effort tout à fait particulier entrepris par les UNV visant à créer des activités à but non lucratif avec la population locale afin d’améliorer les conditions de vie des plus vulnérables. Enfin, l’occasion aura également permis au PDSRSGl de rappeler les spécificités du nouveau mandat, dont l’extension jusqu’à l’année 2008, 6 mois de plus par rapport aux précédents mandats, constitue un signe positif de la part du Conseil de Sécurité.
Berta Panes a, quant à elle, rappelé les grandes étapes du chemin parcouru par les VNU depuis les débuts de la mission et le rôle important qu’ils continuent à jouer dans les régions « ou ils constituent l’épine dorsale de la mission ». Etaient aussi évoquées par le Chargé de Programme UNV, les conditions de travail et de vie difficiles en début de cette mission à travers l’exemple d’un volontaire qui travaillait à Hinche : « Marcel Djoumessi, de la section TRANSPORT, devait sortir de la ville pour pouvoir accéder au réseau et passer un coups de téléphone». « Les Volontaires ont toujours répondu à l’appel, lors de catastrophes naturelles telles que la tempête Jeanne comme pendant les élections de », a-t-elle ajouté.
Depuis leur arrivée en Haïti, les Volontaires se sont distingués dans l’organisation d’activités bénévoles dans de nombreux domaines. En décembre 2004, ils ont lancé une campagne de sensibilisation aux problèmes environmentaux dans les écoles, activité qui a vu la participation de plus de 30 Volontaires. De mai à août 2005, ils se sont mobilisés dans les orphelinats, en donnant un peu de leur temps et surtout de l’attention à ces orphelins par l’organisation de visites guidées et autres activités. Plus tard en 2005, les Volontaires ont récolté des fonds pour acheter des livres à une école primaires. En 2006, aux Gonnaives, 50 étudiants de différentes écoles ont participé à un débat sur le Volontariat et à des activités visant à sensibiliser les jeunes à la nécessité de préserver l’environnement.
Mamady SidiKiba est Volontaire des Nations Unies depuis 2006. Le Programme des Nations Unies lui a donné l’opportunité de travailler dans un cadre plus stable et serein. « La situation politique et économique est difficile en Guinée et il n’est pas facile de trouver du travail. Il a donc fallu que je me tourne vers les Organisations internationales ». Après être entré au Haut Commissariat pour les Réfugies oừ il s’est investit pendant plus de 11 ans dans le domaine des projets sponsorisés, il a travaillé à l’Ambassade américaine. Mais il voulait faire valoir son expérience sur d’autres horizons. L’occasion de travailler comme Volontaire pour la section des approvisionnements (ACHATS) de la MINUSTAH s’est présentée et il n’a pas hésité. Ce travail s’effectue dans le cadre spécifique des achats. Pour Mamady, « sans le soutien de cette Section, la Mission ne pourrait atteindre ses objectifs ». Interrogé sur ce qu’était pour lui la Journée internationale des Volontaires, il a indiqué qu’il s’agit avant tout d’un jour de réflexion, mais aussi de bilan et enfin de planification.
Au 30 Novembre 2007, la MINUSTAH comprenait 197 volontaires dont 57 dans les régions. Actuellement, 2400 volontaires soutiennent 14 missions et opérations de maintien de la paix de l'ONU dans le monde, notamment en République démocratique du Congo (MONUC), au Libéria (MINUL), en Côte d'Ivoire (UNOCI), au Soudan (MINUS), et au Burundi (BINUB). Ils apportent une expertise dans plus de 120 professions, allant de conseillers en droits humains aux relations avec la presse en passant par la gestion de l’approvisionnement et l’observation d’élections. Au-delà de la portée régulière de leurs fonctions, ils s’engagent ou font participer le personnel de mission et les personnes au plan local dans des initiatives de volontariat au niveau de la communauté. Dans de nombreux cas, cet engagement s’est révélé être une manière neutre de contribuer à l’épanouissement de relations entre communautés et à la construction d’un soutien local aux casques bleus et personnels de mission de l’ONU.