Le centre Multimédia de Jérémie (dans le Sud d’Haïti) a accueilli, le mercredi 30 janvier, une conférence sur la Problématique de la Santé Mentale.
Le centre Multimédia de Jérémie (dans le Sud d’Haïti) a accueilli, le mercredi 30 janvier, une conférence sur la Problématique de la Santé Mentale. Cette séance d’échanges organisée conjointement avec l’Hôpital Saint Antoine de Jérémie et la Section des droits de l’Homme de la MINUSTAH a réuni une cinquantaine de participants issus d’établissements scolaires et d’autres institutions publiques, ainsi que d’organisations de la société civile.
Le psychologue Hector Jacques et Me Joël Dominique du Bureau des Affaires Civiles de la MINUSTAH ont été les principaux intervenants à cette rencontre dédiée à la définition des troubles psychiques, aux manifestations y afférentes et aux efforts en faveur d’une meilleure prise en compte des malades.
Les troubles mentaux, comme le souligne le psychologue, constituent « des réactions aux circonstances désagréables de la vie, telles que les frustrations de l’enfance, les chocs émotionnels de la vie courante et les irritations continuelles venant des relations humaines ».
Abordant la question du déséquilibre mental, Hector Jacques a expliqué que cela se manifeste par des « modalités anormales du psychisme ou symptômes qui peuvent être des déficits de fonctionnement, des exagérations dans le fonctionnement et la non-acceptation du problème ».
Me Joël Dominique, dans son intervention, a abordé l’aspect juridique de la question des malades mentaux. Dans son exposé il a fait remarquer que la santé mentale historiquement, était négligée. En occident, on parlait d’aliénés (du latin aliénus = étranger, c'est-à-dire hors de la société). Les malades mentaux étaient donc condamnés et confinés dans le plus profond isolement.
Selon l’OMS, les personnes atteintes de troubles mentaux voient le plus souvent leurs droits violés. Ils sont également exposés à des difficultés d’intégration communautaire dont « la stigmatisation, le mépris, l’isolement et la privation de soins ». Citant un rapport de l’OMS, Me Dominique souligne que les droits des malades sont aussi violés dans ces trois cas: « le manque de services communautaires de santé mentale, le système d’assurance injuste et la pratique d’emploi discriminatoire ». Aussi, les législations accordent-elles de plus en plus d’attention à la question des malades mentaux, fournissant des efforts en vue de garantir leurs droits.
Un débat très animé sur la question a fait suite aux exposés. Dans son intervention, Neptune Adrien, Responsable du Groupe d’Action au Développement de la Grand’Anse a appelé les autorités étatiques « à tout mettre en œuvre en vue de doter Jérémie d’un Centre psychiatrique pouvant prendre en charge les malades mentaux », a-t-il souligné.
De son coté, l’Agent 4 Pierre Jean Hugens, représentant la Police de la Grand’Anse à la rencontre, a exprimé le désir selon lequel les prisonniers puissent bénéficier de l’appui d’un psychologue ou d’un psychiatre.
A la fin de la rencontre, le psychologue Hector Jacques a plaidé en faveur de la construction d’une clinique psychiatrique dans chaque Centre hospitalier, une proposition applaudie par tous les participants.