Les Centres MultiMedia de Fort-Liberté et Cap-Haitien ont servi de cadre à des conférences-débats, le 03 décembre, à l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées ; une occasion pour réfléchir sur la situation de cette catégorie de personnes vivant avec une infirmité en Haïti.
Au Cap-Haitien, environ 70 personnes issues d’associations de personnes handicapées, d’association de défense des droits de l’homme, des représentants des institutions publiques se sont retrouvées au CMM dans une conférence-débat animée par Régis Mamet, responsable régional de la Section des Droits de l’Homme (SDH) de la MINUSTAH, sur le thème : « convention et loi ».
Entre autres thèmes au cours de la rencontre figurent le « Droit des personnes handicapées » développés par le coordonateur du Centre Espoir des Handicapés, Jacques Guerlot, et « les devoirs des organisations de personnes handicapées » abordé par le coordonateur du Réseau National pour l’Intégration des Personnes Handicapées (RANIPH), Muscadin Carold.
M. Mamet, après avoir défini la personne handicapée et rappelé la signature de la convention relative aux personnes handicapées de 1975 établissant des normes internationales de leur protection, a souligné : « chaque état a l’obligation de protéger les personnes vivant avec un handicap. Il y a ici la nécessité d’ouvrir un débat public sur la question des personnes handicapées», a déclaré Régis Mamet, qui a, en outre, fait mention des avancées, telle la création d’une secrétairerie d’Etat chargé de l’intégration des personnes handicapées.
Pour sa part, Jacques Guerlot s’est appesanti sur la question du droit des personnes handicapées, indiquant qu’« en Haïti, les personnes handicapées sont victime de toute sorte de discrimination depuis la famille, à l’école, dans la rue, jusque sur les lieux de travail -pour ceux qui peuvent en avoir ». Pour M. Guerlot, « le handicap commence dans les yeux de l’autre. Une personne handicapée soit physique ou mental est une personne pouvant jouir de tous les droits prévus par les lois dans la limite de ses capacités ». Et M. Guerlot de conclure « il y a d’autres formes de handicap que sont la faim, l’illettrisme ».
Rappelant le vrai rôle des organisations de défense des droits personnes handicapées, Muscadin Carold a, dans son exposé, levé le voile sur des anomalies existant au niveau de ces associations. « Beaucoup de gens créent des associations pour soi-disant défendre les personnes handicapées. En réalité, a-t-il dit, il n’y a souvent pas une seule personne handicapée inscrite dans ces associations ». Aussi, M. Carold a-t-il précisé que « les associations de défense des droits des personnes doivent être des lampes pour ces personnes, un guide afin qu’elles s’assument dans la vie ». Il a annoncé la création d’un fichier central pouvant permettre d’identifier les adhérents de toutes les associations de personnes handicapées dans le Nord.
Activité similaire à Fort Liberté
A Fort-Liberté, la journée de réflexions était animée au CMM par les responsables du centre et Maismy-Mary Fleurant, de la Section des droits de l’Homme de la MINUSTAH à Fort-Liberté. Elle s’est déroulée autour du thème : Intégration et accompagnement des personnes handicapées dans la société haïtienne.
Une cinquantaine de personnes, dont des élèves, des associations de la société civile et des membres de la MINUSTAH ont pris part à ce moment d’échanges sur la convention relative aux droits des handicapés. A l’occasion, les intervenants ont passé en revue les acquis d’Haïti dans la lutte vers une meilleure prise en charge de ces personnes.
Les personnes handicapées ayant pris part à cette journée se sont résolues à mieux s’organiser pour exiger une meilleure réponse de la secrétairerie d’Etat pour l’intégration des personnes handicapées et aussi mettre sur pied une association capable de les accompagner et les supporter dans leur quotidien.
« Aujourd’hui encore, beaucoup de personnes vivant avec un handicap en Haïti sont victimes de discrimination tant de la société que des membres de leur famille », indique Périclès Beliard, un participant et handicapé moteur. Faisant part de son vécu, il dit : «malgré mon handicap, je peux affirmer que j’ai toutes les aptitudes pour apprendre la mécanique. Malheureusement, lorsque j’ai essayé de m’inscrire dans une institution de formation, j’ai tout simplement vu ma demande rejetée parce que je suis amputé d’une jambe».