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Les journalistes du Nord-Ouest formés sur les droits de l’enfant
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  11/12/2007 | Articles Divers , Centre Multimédia , Port de Paix : Centre Multimédia | MINUSTAH.ORG
12 novembre 2007

"Droits, protection de l'enfant et éthique journalistique" ; c’est sur cette question qu’une trentaine de professionnels haïtiens de l’information du département du Nord-ouest a été formée au Centre Multimédia de la MINUTAH à Port-de-Paix, le 09 novembre.

Animée par l’Unité de protection de l’enfant de la MINUSTAH, cette formation avait pour objectif de sensibiliser les journalistes sur les violations commises sur les enfants, notamment ceux dans les institutions d’accueil comme les crèches et les orphelinats. Elle visait également à les porter à prendre en compte, dans le cadre de leurs activités professionnelles, le respect des droits de l’enfant sous ses multiples aspects et à soutenir le processus d’enregistrement des crèches et orphelinats dans ces régions.

A ce sujet, le responsable régional de l’Institut du Bien-être social et de Recherches (IBESR), Anostin Justal, a sollicité « un véritable partenariat avec les médias, en vue de défendre et de protéger les enfants ». Dans son exposé, M. Justal a relevé les huit objectifs de son Institut, qui tournent notamment autour de l’amélioration des conditions de vie de la population et, particulièrement, la protection des enfants et des femmes.

Carline Allen, de l’Unité Protection de l’enfant de la MINUSTAH, a présenté à l’assistance la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Cette Convention, adoptée par les Nations Unies en 1989, est entrée en vigueur en 1990. Elle est appliquée aujourd’hui dans 193 pays, dont Haïti, qui l’a ratifiée en décembre 1994. « Les principes directeurs de cette Convention portent sur l’intérêt supérieur de l’enfant, la non discrimination, la survie, le développement et la participation », a souligné Mme Allen, la formatrice principale.

Selon Mme Allen, la législation haïtienne est « soucieuse de la protection, de l’éducation et du bien-être de l’enfant ». Elle invoque, pour le démontrer, l’Article 261 de la Constitution de 1987 qui stipule : « la loi assure la protection de tous les enfants. Tout enfant à droit à l’amour, à l’affection, à la compréhension, aux soins moraux et matériels de son père et de sa mère ».

Cependant, les hommes et femmes des médias se sont interrogés sur la capacité du gouvernement à respecter tous les prescrits de la Convention internationale et de la législation haïtienne en matière de droits de l’enfant. « En Haïti, les problèmes sont énormes. L’enfant est confronté à la violence, à la délinquance, à la domesticité et à la non-scolarisation… En ratifiant la Convention internationale, notre pays s’est-il assuré qu’il avait les moyens de la respecter », s’est interrogé Eugène Eddy de Planèt FM.

Après des débats houleux autour de cette préoccupation, les participants ont convenu qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de moyens économiques, mais beaucoup plus de volonté individuelle et collective. « L’enfant est un être vulnérable, mais il est aussi et surtout l’avenir. Si nous ne le protégeons pas, notre société est appelée à disparaître », a expliqué la formatrice.

L’exposé sur les principes d’éthique régissant les reportages sur les enfants (victimes et agresseurs) a également suscité un grand intérêt auprès des journalistes. Carline Allen a insisté sur « le respect des droits de l’enfant au niveau de la communication des informations ainsi que des reportages ». Elle a notamment invité les journalistes à respecter «la dignité, la vie privée, la confidentialité et l’opinion de l’enfant», notamment, lors des reportages sur les enfants en conflit avec la loi ou ceux mêlés aux activités  de groupes armés.

Mme Allen a conclu son intervention en soulignant que le rôle du journaliste est de « susciter le débat sur la violence faite aux enfants et dénoncer les cas de violations des droits de l’enfant. Ils doivent également porter le gouvernement à respecter les droits de l’enfant,  servir l’intérêt public par l’information sans compromettre les droits de l’enfant  et,  enfin, contribuer à la promotion des droits de l’enfant ».

Intervenant au nom de ses confrères, le correspondant régional de Radio Vision 2000, Dubréus Augustin, s’est félicité de l’importance de cette formation. «Elle va nous permettre de rectifier des erreurs que nous avons commises par ignorance par le passé, notamment dans le traitement des questions relatives aux enfants », a-t-il déclaré.

Une cérémonie de remise de certificats a clos cet atelier de formation.