Le 28 octobre est célébrée la Journée internationale des prisonniers. En Haïti, différentes activités ont été organisées dans les départements du Nord, du Nord-Est, du Centre et du Sud en vue de marquer ce jour. Occasion pour les autorités judiciaires de rappeler les mesures prises pour améliorer la situation des détenus. Occasion également pour ceux-ci d’exprimer leurs doléances.
Journée Internationale des détenus au Cap-Haitien
La prison civile du Cap-Haitien a hébergé les manifestations commémoratives de la Journée des détenus. L’objectif était de rappeler à tous les acteurs de la chaine pénale que « les droits humains ne s’arrêtent pas à la porte des prisons ».
Les activités du jour ont été organisées par l’administration pénitentiaire du département du Nord avec l’appui technique et financier de la Section justice et l’Unité Correction de la MINUSTAH. Elles se sont déroulées en présence de membres du système judiciaires, des représentants de la MINUSTAH, de la Police Nationale d’Haïti (PNH), des membres de l’administration pénitentiaire, des organisations de défense des droits de l’homme et des parents de détenus.
Les activités ont commencé par une prière d’action de grâce. Elle a été suivie de différents discours.
Le Sous-directeur pour le Nord de l’administration pénitentiaire, le commissaire Herman Toussaint, dans son allocution de circonstance, a invité les détenus « à utiliser cette journée pour réfléchir à leur vie ». Il les a exhortés « à se réconcilier avec eux-mêmes».
Succédant au responsable de l’administration pénitentiaire, Wilson Jacques, un prisonnier, au cours de son intervention, a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire des détenus morts en prison cette année, sans avoir été jugés.
S’adressant aux autorités judiciaires, Wilson Jacques les a exhortées à « se pencher sérieusement sur les dossiers des prisonniers en détention préventive afin qu’ils obtiennent justice dans les délais fixés par la loi, car, a-t-il poursuivi, nombreux sont les détenus qui croupissent en prison plus longtemps qu’ils ne le devraient ».
Le substitut du commissaire du gouvernement, José Desravines, a, au nom des autorités judiciaires, déclaré que «les autorités judiciaires font tout ce qui est en leur pouvoir pour que les différents cas qui leur sont soumis soient traités selon la loi ».
A la fin de la cérémonie, l’Unité Correction de la MINUSTAH a procédé à la distribution des kits de produits hygiéniques à tous les détenus de la prison. Un repas chaud leur a aussi été servi en cette circonstance.
La prison civile du Cap-Haitien initialement conçue pour 150 personnes, en accueille aujourd’hui plus de 400 dont 11 femmes et 11 mineurs. Parmi ces détenus, seulement 109 ont été condamnés.
La ville de Hinche a également célébré la Journée des prisonniers. Projection de film, débats ont marqué le jour.
A Hinche : deux prisonniers graciés !
La Journée des prisonniers a été, à Hinche, célébrée pendant deux jours. Ainsi, le samedi 27 octobre, les détenus ont assisté, à la prison, à la projection d’un film de sensibilisation sur le SIDA, projection réalisée par le Centre multimédia de la MINUSTAH. Un championnat de jeux de cartes et de dominos, mettant en compétition les différents détenus, a également été organisé ce jour là.
Le dimanche 28 octobre, une messe d'action de grâce a été célébrée dans la prison de Hinche, suivie d’une cérémonie. Elle s’est déroulée en présence des autorités locales, de membres de la MINUSTAH et de la société civile de Hinche.
Dans son discours de circonstance, le Commissaire du gouvernement, maitre Michel Jean-René, a plaidé en faveur d'un meilleur traitement des prisonniers. Il a également signalé que la prison civile de Hinche est la seule en Haïti où sont incarcérés le plus de prisonniers condamnés.
Pour sa part, le maire de Hinche, André Renard, a souligné, dans son allocution, que les détenus «ont droit au respect». L'inspecteur Bastien Daniel Joseph, responsable de la prison de Hinche, a de son coté, félicité les prisonniers pour leur comportement. Il a plaidé en faveur d'une politique de réinsertion sociale des détenus et a rappelé que la torture des prisonniers était incompatible au respect de leurs droits.
Présent à la cérémonie, le chef du bureau régional de la MINUSTAH, Emilio Castaneda, a remis à la direction de la prison des kits de produits hygiéniques destinés aux détenus. L’administration pénitentiaire a aussi offert des cadeaux à cinq détenus exemplaires. D’autre part, le Commissaire du gouvernement a procédé à la libération de détenus qui devaient encore purger 8 jours de peine.
D’une capacité d’accueil de 50 prisonniers, la prison de Hinche détient actuellement 115 prisonniers. Elle est traversée par une marre d'eau puante, nocive pour la santé des détenus et celle des agents de l'administration pénitentiaire. Des actions urgentes s’imposent.
Les Cayes, ville du département du Sud ont aussi fêté cette Journée. Différentes manifestations y ont eu lieu.
Cinq prisonniers libérés aux Cayes, à cette occasion
La Journée des détenus a été célébrée aux Cayes, le 28 octobre, en présence des autorités judiciaires de la ville, des représentants de la section Justice et de l’Unité Correction de la MINUSTAH, respectivement Mariachiara Mussoni et Lionel Simpson.
L’agent pénitentiaire Zamor Jean Marie, dans son allocution, a fait une brève historique de la Prison civile des Cayes, permettant à l’assistance de se rappeler qu’elle avait été construite sous l’occupation américaine de 1914 et accueille maintenant 214 détenus.
Le commissaire du Gouvernement, Me Joseph E. Yacinthe a, de son coté, annoncé de nouvelles mesures pour diminuer la détention préventive prolongé. Il a aussi annoncé la mise en liberté de cinq prisonniers.
Plusieurs détenus ont participé à la célébration de cette journée. Anténia Chéry, l’une des neuf femmes incarcérées dans cette prison, a dans son intervention, réclamé justice pour tous ceux qui sont en détention préventive prolongée. Citant son cas, elle a déclaré : «J’ai déjà passé près de trois mois en prison sans comparaître devant un juge. Que justice soit faite».
Le partage d’un repas avec les prisonniers a mis fin à la journée. Ce repas a été offert des associations caritatives de la ville, les Sœurs de Saint François d’Assise et les Sœurs de la Charité des Cayes.
A Port-au-Prince, la prison civile ou Pénitencier national, a été le siège d’activités similaires. Une messe dominicale, une compétition de football et de jeux d’échec dotés de trophées ont notamment été organisées. Ont également eu lieu une animation musicale et la déclamation de poèmes réalisées dans différents départements. La distribution de kits de produits d’hygiène, des compétitions de cartes, de dominos, des échanges avec les responsables, des repas chauds et des primes aux détenus disciplinés ont mis fin aux festivités marquant cette journée.