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Boby Duval : être au service des enfants déshérités
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  09/28/2007 | Articles | MINUSTAH.ORG
28 Septembre 2007

A Drouillard, un quartier de Cité Soleil, ainsi que sur d’autres sites, plus de 1300 enfants apprennent, pour la plupart, à jouer au football ou au basketball. D’autres pratiquent l’athlétisme, le ping-pong ou le karaté. Ils reçoivent, en outre, un plat chaud après les entraînements. Tout y est offert gratuitement. Ces actions humanitaires sont l’oeuvre de l’Athlétique d’Haïti, un centre sportif de formation dirigée par Robert Duval alias Boby Duval.

Depuis 1995, Boby Duval, la cinquantaine entamée, se consacre au service des enfants de Cité Soleil. Dans son « Athlétique d’Haïti », il accueille, l’après-midi, des enfants de six ans et plus. Ils sont environ 1300 à bénéficier gratuitement d’une formation dans l’une des cinq disciplines suivantes : le football, le basketball, l’athlétisme, le tennis de table et le karaté.

Les enfants de l’Athlétique sont accueillis sur cinq sites dont quatre sont situés à Cité Soleil ou dans ses environs et choisissent majoritairement le football. Ils quittent le centre à 17 ans, après leur formation. Nombreux parmi ceux qui ont choisi le football intègrent des clubs et font partie de la sélection nationale d’Haïti.

Assis au milieu de ses enfants, Boby partage souvent avec eux, le repas chaud qui, après les entraînements, les attend. Il se plaint cependant de ne pas pouvoir leur offrir trois repas par jour comme il convient aux sportifs.

Pour lui, le sport et les études marchent de paire. Aussi, parallèlement à l’encadrement sportif assuré par une cinquantaine de moniteurs, les enfants qui ont des difficultés scolaires reçoivent un appui fourni par une dizaine de professeurs travaillant au Centre. Par ailleurs, à l’Athlétique, fonctionne dans la matinée, une école primaire accueillant une cinquantaine d’enfants qui, pour des raisons économiques, ne sont pas scolarisés.

Prendre soin des enfants, mettre à leur disposition le matériel nécessaire, n’est pas pour Boby chose aisée. Aussi reconnaît-il « être en quête perpétuelle de secours ». Il sensibilise les gens sur la situation des enfants défavorisés et bénéficie de leur solidarité sous forme de nourriture d’équipements ou d’argent.

Boby se félicite de la disponibilité, à son égard, des gens du secteur privé haïtien et de l’étranger. Il impute cette disponibilité à la confiance qu’inspire son engagement. « Après 12 ans de fonctionnement, les gens connaissent bien Athlétique d’Haïti. Ils sont convaincus que mes démarches n’ont d’autre but que de venir en aide aux enfants. Cela les a encouragé à continuer à nous supporter », confie-t-il.

A priori, l’option pour des déshérités ne semblait pas être tout indiquée pour Boby. Ses origines sociales, sa formation, tout semblait le préparer vers une carrière différente. En effet, il est né d’une famille évoluant dans le secteur des affaires. Il a eu une formation en administration des affaires, d’une Université nord-américaine.
Encore très jeune, il s’orientait déjà vers cette voie. « Dès l’âge de 22 ans, quand, après mes études à l’étranger, je suis revenu au pays, je réfléchissais déjà à ces activités. Je me disais que c’est une nécessité voire une obligation de consacrer mon temps et d’offrir tout ce que je pouvais à mes compatriotes haïtiens ». Comme Boby aimait et pratiquait le sport, ce domaine lui paraissait être idéal. « Athlétique, c’est ma contribution au pays,  au niveau social», poursuit-il fièrement.

De même, il a choisi Cité Soleil, une zone qui lui semble être un peu spéciale, un défi. « C’est une zone assez conflictuelle, et ceci ne date pas d’hier. Cité Soleil est symptomatique de la crise sociale haïtienne. Je m’étais imposé le défi de travailler là où la situation est la plus difficile car si on y réussit, aucun autre endroit ne peut être considéré comme obstacle insurmontable ».

Ancien prisonnier politique incarcéré pendant 17 mois à la prison de Fort-dimanche, Boby semble avoir réussi son intégration dans Cité Soleil. Se prononçant, en effet, sur ses relations avec cette communauté, il a précisé : « quoique Cité ait été un endroit ostracisé en raison du climat de violence qui y prévalait, mes activités n’ont jamais été interrompues. Je n’ai jamais eu peur parce que je savais que je faisais du bien, je servais les enfants. La population m’avait toujours bien accueilli ».

Se consacrer aux enfants démunis de Cité Soleil semble être pour Robert Duval, une passion. Débordant d’enthousiasme, il caresse une multitude de rêves qu’il prend très au sérieux et qu’il se bat pour concrétiser. Au nombre de ses projets figure la construction d’un stade de football à Bois-Neuf, un autre quartier de Cité Soleil.