Cité Soleil, naguère considérée comme zone de non droit, a accueilli, ce 21 septembre, les festivités marquant la commémoration de la Journée Internationale de la Paix. Au programme figuraient, notamment, les activités suivantes : exposition de dessins produits par les élèves du lycée de Cité Soleil, lecture du message du Secrétaire général à l’occasion de la Journée, des gratifications aux meilleures élèves du lycée et mise en terre de plantules.

Organisée au lycée national de Cité Soleil, au nord de la capitale, la cérémonie de commémoration de la Journée internationale de la Paix a atteint son point culminant avec la minute de silence pour la paix observée à midi. La cérémonie s’est déroulée en présence, notamment, du maire principale de Cité Soleil, Wilson Louis, du Représentant spécial adjoint principal du Secrétaire général, Luiz Carlos da Costa, du Représentant de l’UNICEF, Adriano Gonzalez-Regueral, du Délégué du département de l’Ouest, Michel Bernardin, et du Représentant de l’UNESCO, Jorge Espinal.
Le choix de Cité Soleil, en raison de son passé récent, présente une importance particulière que nombre de participants se sont évertués à mettre en exergue. En effet, le maire de Cité Soleil, intervenant en la circonstance, a mis l’accent sur la valeur symbolique du choix de sa commune pour héberger les activités du Jour. « Le choix, par les Nations Unies, de Cité Soleil pour la tenue de la cérémonie d’aujourd’hui est significatif et d’un symbolisme éloquent car Cité Soleil se remet à peine d’une longue période de trouble sociopolitique », a-t-il déclaré.
Tout en soulignant les raisons ayant entraîné ce vaste bidonville dans la violence, M. Louis se veut optimiste. « Les conditions d’exclusion et de vie marginale qui ont toujours caractérisé Cité Soleil expliquent les violences qui y ont éclaté en 1986 pour culminer avec les derniers événements ayant fait de Cité Soleil la zone de non droit par excellence », dit-il.
M. Louis a toutefois ajouté : « nous voulons croire cependant que ces moments difficiles sont aujourd’hui derrière nous. Avec la volonté de changement que fait montre le gouvernement et grâce au concours des Nations Unies, un long chemin a été parcouru vers la normalisation de la vie à travers la commune ».
Abondant dans le même sens, M. Da Costa a fait observer que « le choix de Cité Soleil pour marquer la Journée internationale de la Paix n’est pas anodin. Après avoir été le symbole du chaos et de la violence, Cité Soleil est maintenant devenue le symbole de la paix retrouvée ».
Tout en restant également optimiste, M. Da Costa a néanmoins nuancé ses propos. « Cette paix retrouvée, nous la devons au courage de la population de Cité Soleil, aux efforts du gouvernement et de la police nationale d’Haïti (PNH) appuyée par la MINUSTAH. Malheureusement la situation de Cité Soleil comme dans le reste d’Haïti demeure fragile. Nous devons consolider nos acquis et engager Haïti résolument sur la voie de la stabilité et de développement », a-t-il ajouté.
Il a en outre fait remarquer que «notre ambition est de poursuivre ces efforts afin que la MINUSTAH puisse devenir une opération de maintien de la paix dans ce pays. Dans l’attente d’une paix durable et soutenue, il est absolument vital que les dividendes de la paix parviennent aux populations qui, il y a tout juste quelques mois, étaient soumises à l’emprise des gangs. Le succès enregistré dans le domaine sécuritaire nous offre la possibilité d’agir pour le développement nécessaire à la stabilisation à long terme ».
Des élèves du lycée, réagissant à propos de cette commémoration, ont pour leur part signalé l’importance de la paix retrouvée à Cité Soleil. « La paix, pour nous à Cité Soleil, est capitale. Sans la paix retrouvée grâce aux interventions de la MINUSTAH, nous n’aurions pas pu aller à l’école ni vivre sans grand souci dans la Cité », se félicite Fritner Saint Vil, élève de Sixième (première année de l’enseignement secondaire).
Sa collègue de la classe de Rhéto, Richemane Bernardin, a ainsi renchéri : « la Journée internationale de la Paix fêtée à Cité Soleil symbolise pour nous la paix retrouvée. Pendant la période de la violence, quand nous venions à l’école, nous ne pouvions même pas rester en salle en raison des tirs. Maintenant, tout a changé et nous pouvons suivre tranquillement les cours ».
Le directeur du lycée, Jean Aram Avril, reconnaît également l’importance du choix de Cité Soleil pour commémorer la Journée Internationale de la Paix. En effet, note-t-il,
« symboliquement le choix de Cité Soleil a une grande importance parce que la Cité a été le centre d’une certaine violence politique dans le pays. Commémorer la paix signifie que la paix y est rétablie ».
Toutefois, il s’interroge sur les dividendes de la paix. Selon lui, «de nombreuses questions restent encore sans réponse ». Il se demande si « la communauté de Cité Soleil peut bénéficier des fruits de la paix à savoir l’éducation aux enfants, la santé, le logement, le travail, si ces fruits seront prêts pour être consommés par les gens de Cité Soleil ».
La journée commémorative de la paix a été agrémentée de nombreuses activités telles les récompenses (des sacs d’écoles) destinées à encourager les élèves ayant eu l’année dernière les meilleures notes, l’exposition de dessins sur la paix réalisés par les élèves du lycée et la mise en terre de plantules.