
Au lendemain de la célébration de la Journée nationale de l’Enfant, la MINUSTAH, en partenariat avec l’AVSI, une ONG italienne, et en collaboration avec la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP), a lancé le projet de rattrapage scolaire « fleurs dans la poussière » à l’intention des mineures en prison. Rattraper le temps perdu en prison et doter ces adolescentes d’un métier est l’enjeu de ce projet.
Dans la cour de la prison civile (pour femmes) de Pétion-Ville, commune de Port-au-Prince, des centaines de détenues ont pris part, ce lundi 11 juin, à une cérémonie, qui a eu lieu en présence du Représentant Spécial adjoint du Secrétaire général pour les Affaires humanitaires et Développement, Joel Boutroue, et d’autres personnalités de la MINUSTAH. A leur intention, en effet, a été lancé le projet « fleurs dans la poussière ».
Ce projet consiste à dispenser des cours d’éducation de base et de formation professionnelle aux 31 mineures incarcérées à cette prison. En plus des cours quotidiennement dispensés par deux enseignants, un appui psychologique leur sera également apporté.
« Ces jeunes filles sont en détresse. Elles ont connu, subi ou participé à certaines formes de violence. Elles les ont accumulées et sont ainsi devenues malheureuses », a expliqué Géraldi Boisrond, psychologue assurant l’encadrement des jeunes filles. Aussi, M. Boisrond a-t-il poursuivi : « nous sommes là pour les aider à rééquilibrer leur comportement ».
« Je trouve cette initiative excellente, et ce n’est qu’un début. C’est vrai que son horizon est un peu limité, mais cela nous donne le temps de réfléchir à des alternatives pour donner à ces jeunes filles la formation qu’elles méritent », a affirmé Joel Boutroue lors de la cérémonie
« Fleurs dans la poussière » est financé à hauteur de 9 mille dollars américains par la MINUSTAH selon Carline Allen de l’Unité Protection de l’Enfant. Tout en reconnaissant le caractère irrégulier de la détention des mineurs en regard de la loi haïtienne, Carline Allen a affirmé que « ce projet est en conformité avec la législation nationale et internationale pour mineure, qui privilégie l’éducation plutôt que la répression ».
L’effet du programme, ayant débuté depuis environ deux semaines, se fait déjà sentir, comme en témoigne Marjorie St Jean, directrice de la prison de Pétion-Ville. Par exemple, Katie, une jeune pensionnaire, « n’est plus du tout la même. Depuis sa venue à la prison, ses paroles étaient incompressibles. Elle donnait l’impression d’être ailleurs. Cependant, quelques temps après avoir intégré le programme, la jeune fille s’est mise à parler normalement, à communiquer comme tout le monde», s’est réjouie la directrice.
Les bénéficiaires semblent, pour leur part, ravies du projet. « Le programme est très bien. Je suis très contente d’y participer et très intéressée, car ici je ne fais rien. Je suis en prison depuis quelques temps, et je ne sais pas encore quand j’en sortirai. Au moins, j’utilise mon temps à quelque chose de bien », a confié Nadine, détenue de 16 ans.