En prélude à la Journée Nationale de l’enfant, le 10 juin, l’Unité de la Protection de l’Enfant et le Bureau de la Communication et de l’Information publique de la MINUSTAH ont organisé, le mercredi 6 juin, un atelier de formation sur « la violence sexuelle sur les enfants en Haïti » à l’intention des journalistes.
Cet atelier, qui a réuni une trentaine de journalistes de divers organes publics et privés du pays, répondait à plusieurs objectifs : sensibiliser les professionnels des medias haïtiens sur la thématique de la violence sur les enfants, particulièrement les petites filles ; il s’agissait en outre d’alerter la société, par le biais de la presse, sur ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur au sein de la population et surtout de briser le silence qui l’entoure.
« Notre préoccupation majeure est de briser le tabou des abus sexuels sur les enfants en Haïti et de faire comprendre aux victimes que leurs droits ont été violés », a indiqué le chef de l’Unité Protection de l’enfant de la MINUSTAH, Massimo Toschi. « Les journalistes ont un grand pouvoir, ils sont le miroir de la société et peuvent nous aider à conscientiser la société sur le problème », a-t-il poursuivi.
Selon des chiffres avancés par le Dr Marcelle Deschamps, de GHESKIO, un des plus anciens groupes de recherche sur le VIH/SIDA en Haïti, des cas de violence sexuelle à l’égard des femmes et des petites filles sont en nette progression. En effet, cette organisation qui comptait quatre à cinq cas d’abus sexuels par mois en 2004, en a compté plus de 40 cas pour la période 2006-2007. 35% des cas recensés pour cette période ont entre 10 et 18 ans. 50 % des cas de viols sont commis par plus d’un (1) agresseur.
La KOFAVIV, organisation de femmes travaillant avec les victimes d’agression sexuelle, a dénombré 248 cas de viols entre janvier et avril 2007, dont 23 sur des mineurs.
« La résolution 1743 du conseil de sécurité des Nations Unies condamne fermement les violences commises contre les enfants», a rappelé le Représentant spécial du Secrétaire général, Edmond Mulet, dans ses propos de circonstance. Pour le Représentant spécial, « il faut aider les victimes à sortir de leur silence, empêcher la stigmatisation des filles violées ».
Avec les différents intervenants, les journalistes ont passé en revu plusieurs thèmes, notamment le cadre légal régissant les agressions sexuelles en Haïti ou les techniques d’investigation relatives aux violences sexuelles sur des mineurs.
« J’ai tout de suite manifesté mon intérêt par rapport à cet atelier. A présent, je suis encore plus conscientisée. Je ferai plus attention pour ne pas révéler l’identité des victimes dans mes reportages, afin de les protéger. Ce séminaire m’a été vraiment très utile », a témoigné Roselie St Vil, un des journalistes participant à l’atelier.