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Des parlementaires visitent des enfants en prison
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  04/23/2007 | Articles | MINUSTAH.ORG
23 avril 2007

A l’initiative de la section Protection de l’enfance de la MINUSTAH, des membres de la commission parlementaire des droits de l’enfant ont visité, ce lundi 23 avril, la prison civile de Pétion -Ville, à Port-au-Prince, où sont incarcérées des mineurs. Une situation irrégulière en regard du respect des lois internationales et haïtiennes relatives aux enfants.

La visite de ce centre de détention faisait suite à une formation organisée, sur les droits des enfants,  par la section Protection de l’Enfance de la MINUSTAH en octobre dernier, à l’intention des membres de cette commission au parlement.  Elle avait essentiellement pour objectif de sensibiliser les parlementaires sur la situation irrégulière des mineurs en prison, et à Pétion-Ville celle des jeunes filles.

En effet, plus d’une trentaine de filles et d’adolescentes sont actuellement en détention,  en violation des conventions internationales signées par Haïti et des lois haïtiennes elles-mêmes.

Nadine est la plus jeune détenue. Elle est âgée d’à peine huit ans. Elle ne se souvient pas de sa date d’emprisonnement.  Elle et sa sœur aînée, également en prison, ont été arrêtées au moment où l’on procédait à l’arrestation de leur mère. « Je ne vais plus à l’école, je n’ai pas envie de rester en prison » gémit Nadine.

Arrêtées et mises en prison sous des chefs d’accusation diverses, allant d’association de malfaiteurs, au meurtre, en passant par des infractions mineures, ces jeunes filles, en regard de la loi ne devraient, cependant,  pas être en détention.

« La Convention Internationale Relative aux Droits de l’enfant et la loi du 7 septembre  1961 priorisent l’éducation des enfants en conflit avec la loi, plutôt que la répression » a expliqué Carline Allen de l’Unité Protection de l’Enfance. « Il s’agit pour nous d’attirer l’attention des élus sur cette anomalie de la justice haïtienne afin qu’ils interpellent et questionnent le gouvernement sur les actions menées pour redresser la situation » poursuit-elle.

De plus, plusieurs de ces jeunes filles sont en détention préventive prolongée, aucune décision de justice n’a encore déterminé leur sort.
Joanne arrêtée pour avoir tué un jeune homme qui tentait de la violer, se retrouve en prison depuis plus de 16 mois. Des membres d’organisation des droits de l‘homme qui suivent son cas ont expliqué qu’elle a changé depuis son arrivée, elle s’est endurcie.

Ainsi, en plus des conditions de détention préoccupantes, telles que la surpopulation - plus de 30 filles dans une cellule - ces jeunes filles risquent également d’être formées à l’école du crime, ayant pour unique règle celle de la survie, en étant dans une telle promiscuité avec leurs aînées en détention.

« Nous promettons à vous tous, engagés, dans cette lutte pour le respect des droits des enfants, et à vous jeunes filles qui êtes en prison, de tout mettre en œuvre pour que l’Etat applique les lois qui vous protègent » a déclaré le président de la commission parlementaire des Droits de l’enfant, de la chambre des députés, Joseph Saintilma qui présidait la délégation.

Cette visite des parlementaires à la prison de Pétion-Ville s’est terminée par l’audience des doléances et des cas de chacune des mineures emprisonnées.