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L’informel, une économie parallèle en pleine expansion en Haïti
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  04/11/2007 | Articles | MINUSTAH.ORG
10 avril 2007

Une des caractéristiques de la capitale haïtienne est le nombre important de commerces de rues qui s’y développe. Port-au-Prince offre en effet l’image d’une ville aux mille marchands de fortune : vendeurs de tissus, de vêtements, de plats chauds, de pièces détachées… Le commerce informel connaît une grande expansion incontrôlable ou incontrôlée par l’Etat.

Marie est une marchande de friandises. Son étal se situe à l’entrée d’une institution scolaire de la capitale haïtienne. « C’est mon gagne-pain quotidien, et ce que j’y gagne me permet de subvenir à mes besoins de même qu’à ceux de ma famille», affirme-t-elle.

Marie fait, en effet, partie des nombreux acteurs du secteur informel de l’économie en Haïti. Aucune affiche, aucune enseigne, donc aucune taxe à l’Etat haïtien. Ils sont légions en Haïti à évoluer de manière marginale dans l’économie du pays. « La taille du secteur informel dépasse celle du formel, particulièrement dans les zones urbaines », opine Claude Beaubeuf, journaliste économique.

« Le taux d’inactivité de la population du pays est de 52,3 % » selon le quatrième recensement de la population, publié en 2005. Cette large part du secteur informel de l’économie du pays répondrait aux besoins de survie de la population. Elle  s’expliquerait aussi par la faiblesse de l’Etat.

Cependant, ce type d’activité, si importante soit-elle pour de nombreuses familles haïtiennes, génère des difficultés pour l’économie du pays. « Non seulement il y a un manque à gagner, mais le secteur informel empêche également une bonne gestion de l’assiette fiscale », a également souligné Claude Beaubeuf, faisant remarquer qu’« il faudrait peut-être penser à taxer une partie de ce secteur ».
 
D’après une étude réalisée par des étudiants de l’Université Quisqueya, ils seraient nombreux de ce secteur à être prêts à remplir leur devoir envers l’Etat, et ce, « pour une raison de sécurité, mais également pour une certaine reconnaissance envers l’Etat», de l’appréciation du journaliste économique.

 « Si l’Etat nous demande de payer des taxes, nous devrons nous y conformer », affirme pour sa part Fonise, vendeuse de cigarettes. « En ce qui me concerne, si je ne paie pas de taxes, c’est que personne ne me l’a demandée », souligne t-elle.

Dans le cadre du renforcement des institutions locales, la MINUSTAH a contribué à la formation de 57 contrôleurs financiers, qui auront en charge la gestion des recettes communales au niveau des mairies. « L’Unité d’Appui institutionnel de la Section des Affaires civiles a formé ces contrôleurs financiers à la gestion des communes. D’autres formations sont prévues pour renforcer la capacité administrative de ces collectivités territoriales », annonce Gabrielle Hyacinthe de la Section des Affaires Civiles de la MINUSTAH.