C’est autour de la famille que Jacmel, chef-lieu du département du Sud-Est, a célébré, ce 20 Novembre 2008, la Journée Internationale des Droits de l’Enfant. Une célébration marquée par une conférence-débat réunissant le juge des mineurs, la brigade de protection des mineurs de la PNH, des responsables d’orphelinat et des représentants d’organisations de droits de l’homme, entre autres.
A l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale des Droits des Enfants Colette Toe Pare, de l’Unité Protection de l’Enfant, a passé en revue les points fondamentaux de la Convention relative aux droits des Enfants. Ce texte de 54 articles a été adopté le 20 Novembre 1989, par l’Assemblée générale des Nations Unies.
«La convention condamne la violence domestique et sexuelle sur les enfants, la discrimination, les trafics et enlèvements », a signalé Mme Toe Pare. Cette convention prévoit aussi, en son article 3, que « chaque enfant ait un cadre familiale propice à son bien-être et à son épanouissement. Le milieu naturel de l’enfant est sa famille ou sa communauté » a-t-elle rappelé.
Dans son intervention, la représentante de l’Unité Protection de l’Enfant a fourni des statistiques relatives aux différents cas de violation des droits des enfants en Haïti. Entre autres violations mises en exergue, figurent les enlèvements d’enfants en 2007 et 2008 ainsi que la situation à Baie d’Orange, cette section communale du département du Sud-Est où des enfants meurent de malnutrition.
Pour sa part, Mme Sergo Jean Baptiste, de la Brigade des mineurs de la PNH, a plaidé pour « la rééducation de l’enfant en conflit avec la loi et le respect de ses droits même après avoir commis un acte criminel ». Toutefois, elle a déploré le « manque d’encadrement et d’assistance » à ces enfants.
Quant au juge pour enfants près le Tribunal de Première Instance de Jacmel, Me Frantz Elmorin, il a axé son exposé sur la délinquance des mineurs. Il a par ailleurs présenté ses attributions en tant que juge pour enfants. « Le juge doit procéder à une enquête sociale sur la situation matérielle et monétaire de la famille, l’attitude de l’enfant à l’école et sa fréquentation scolaire » a t-il fait remarquer.
A cette conférence-débat, ont également participé deux représentants d’organisations travaillant dans le domaine de la protection des enfants, Paul Chancy et Smith Augustin Emmanuel. Ils sont intervenus respectivement sur « Relation entre famille et organisation travaillant avec les enfants » et « Responsabilité de la société civile vis-à-vis des enfants »
L’activité a pris fin par une visite du Centre PAZAPA recueillant les enfants handicapés, où le contingent de casques bleus sri lankais basés dans la région a distribué des kits de produits alimentaires.
La commémoration de la Journée Internationale des Droits des Enfants a été réalisée à l’initiative du Centre Multimédia et de la Section des Droits de l’homme de la MINUSTAH.