Transcript de la conférence de presse de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et du Système des Nations Unies en Haïti (UNCT), sur l'aide d'urgence apportée par la famille Onusienne à Haïti suite au passage des cyclones et tempetes tropicales Gustav, Hanna et Ike ... Lire la suite

Conférence de presse de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et du Système des Nations Unies en Haïti (UNCT), animée par Madame Sophie Boutaud de la Combe, porte-parole de la Mission, avec pour intervenants : le Lieutenant Colonel Damir Milinovic, porte-parole de la composante militaire ; le Colonel Martin Girard, Chef d’Etat-Major de la composante militaire ; Joël Boutroue, Coordonateur Humanitaire Résident et Chef du PNUD, Fred Blaise, porte-parole de la UNPOL ; Annamaria Laurini, Représentante de l’UNICEF en Haïti, de Monique Van Hoof, Représentante de l’OIM en Haïti ; Myrta Kaulard, Représentante du PAM en Haïti ; Tania Patriota, Représentante du FNUAP en Haïti et, François Kaboré, Chef adjoint du PNUD en Haïti.
INTERVENTION DE SOPHIE BOUTAUD DE LA COMBE (SBdlC) :
Bonjour,
Le passage successif de 4 cyclones et tempêtes tropicales sur Haïti a eu un impact considérable sur plusieurs régions, du nord au sud du pays, où les pertes en vies humaines et les dégâts sont énormes.
Pour commencer, la MINUSTAH voudrait adresser ses condoléances les plus sincères aux familles endeuillés et à la population haïtienne en générale dans ces moments de grandes épreuves.
Nous voudrions vous demander d’observer avec nous une minute de silence à la mémoire de ces victimes et tout spécialement à la mémoire des enfants qui ont perdus la vie.
Aujourd’hui, nous n’entendons pas faire de bilan des dégâts ou des blessés enregistrés lors du passage de ces intempéries. Les autorités haïtiennes le font très bien à travers la Direction de la protection civile ou du secrétariat permanent de la gestion des risques et des désastres.
Néanmoins, nous voulons partager avec vous des informations sur ce qui a été fait et qui est en train d’être fait pour porter assistance aux populations en détresse.
Les trois composantes de la MINUSTAH (civile, militaire et de police) sont à pied d’œuvre sur l’ensemble du pays pour appuyer les autorités haïtiennes et les Agences des Nations Unies à porter assistance aux sinistrés dans les différents départements du pays. Et si beaucoup de moyens sont mis pour aider les Gonaïves, nous n’oublions pas les autres régions et particulièrement le Grand sud.
A cet égard, je cède la parole au lieutenant Colonel Damir Milinovic qui va nous parler de l’assistance de la composante militaire. Merci
INTERVENTION DU PORTE-PAROLE DE LA COMPOSANTE MILITAIRE
Bonjour à tous,
L’actualité de ces dernières semaines est dominée par le passage des tempêtes tropicales Fay, Gustav, Hanna et Ike qui causé des pertes en vie humaine et des dégâts matériels considérables. Au nom de la force militaire, je présente mes sympathies et condoléances à toutes les personnes, amis et familles affectés par ces deuils et à toute la population. Bon nombre de familles sont victimes et sinistrées, la force militaire a travaillé très dur pour venir en aide à la population pendant et après les inondations. Comme vous le savez cela a été très difficile car nos camps ont été aussi inondés et que les routes et les ponts étaient impraticables. Des milliers de personnes ont progressivement été évacués vers des abris provisoires soit en hélicoptère, en bateau, ou dans des camions et des véhicules blindés. Que ce soit dans les départements touchés au Nord comme au Sud du pays car nos troupes sont déployées sur l’ensemble du territoire. Nous avons fourni les premiers soins, distribué des aliments et de l’eau potable aux victimes et aux personnes déplacées. Particulièrement aux Gonaïves où la situation était et est encore extrêmement compliquée.
Sur place nous avions dépêché le Chef d’Etat Major des troupes militaires, le Colonel Martin GIRARD. Je profite de l’occasion pour vous le présenter. Il est de nationalité canadienne et il va vous donner plus d’informations sur l’aide apportée par les militaires aux Gonaives et dans le reste du pays.
INTERVENTION DU CHEF D’ETAT-MAJOR DE LA COMPOSANTE MILITAIRE
Mesdames, Messieurs, je suis le Chef d’Etat-Major de la force militaire de la MINUSTAH. Depuis au moins la semaine passée, tous les éléments militaires ont été mobilisés pour supporter la population et le gouvernement d’Haïti. Nous avons essayé de rejoindre la population en détresse. Comme vous le savez bien, tous les ponts et routes sont pratiquement impraticables. Cependant, nous travaillons main dans la main avec les organisations comme le PAM et l’UNICEF ainsi que les ONGs pour s’assurer que nous apportons de la nourriture, de l’eau et des médicaments à la population. Pour donner un exemple, mercredi dernier, le bataillon argentin a commencé leurs opérations de sauvetage à 7h du matin pour aider des centaines de personnes des Gonaïves à trouver refuges dans les abris. Comme j’ai dit, nous faisons tout ce qui est possible pour aider la population d’Haïti. Merci
SBdlC : Merci Colonel. Avant de céder la parole à notre collègue de la UNPOL, nous allons bousculer l’agenda pour donner la parole au Coordonateur Humanitaire résident en Haïti, Monsieur Joël Boutroue, qui doit nous quitter car son agenda est très chargé. Ensuite, nous remettrons la parole au porte-parole de la UNPOL.
INTERVENTION DU COORDONNATEUR HUMANITAIRE RESIDENT DU PNUD
Oui bonjour. Rapidement, quelques mots et après je suis sûr que nos collègues des Agences pourront donner plus de détails. Je veux juste poser un peu le cadre aussi des opérations. Comme vous le savez après les tempêtes Fay et Gustav, Haïti a subi Hanna et Ike. Et s’il y avait eu des préparatifs pour Fay et pour Gustav, personne, aucun pays, je crois, n’aurait pu faire face autrement à cette série de quatre tempêtes tropicales ou ouragans. Personne, aucun pays, j’insiste là-dessus.
Haïti a été d’autant plus frappé durement, du fait de ses infrastructures déjà très faibles, mais aucun pays je crois, n’aurait pu faire face à cela.
Il y avait des plans de contingence qui avaient été mis en place au niveau sectoriel avec le département de la protection civile et, je crois, que les autorités locales, centrales, et les Nations Unies avec ses partenaires, étaient relativement bien préparés à Fay et à Gustav (bien que Gustav ait fait beaucoup de morts, plus de 79 j’aimerais quand même le rappeler).
Ceci étant dit, Hanna a pris tout le monde par surprise comme vous le savez.
Les opérations d’assistance ont commencé après Gustav comme il était prévu mais ont dû être interrompues après deux trois jours parce du fait d’Hanna qui a tout bloqué.
De même, après Hanna, nous avons eu une fenêtre pendant laquelle nous avons pu recommencer l’assistance qui s’est effectivement concentrée sur les Gonaïves entre Hanna et Ike, alors que les efforts étaient plutôt concentrés sur le Sud entre Gustav et Hanna.
Ce qui se passe maintenant, c’est que pendant Ike, on a dû tout interrompre. Maintenant, nous sommes en phase de relancer à nouveau la machine c'est-à-dire de mettre autant d’assistance que l’on peut au niveau des Gonaïves. Mais comme l’a dit notre collègue la porte-parole de la MINUSTAH, sans oublier le reste. Donc pour l’instant, nous sommes en train de faire une liste des actions prioritaires pour tout le pays. Nous faisons cela en soutien, encore une fois, au gouvernement et particulièrement au ministère de l’Intérieur. Et sur la base de cette liste de zones prioritaires à travers tout le pays (parce que tout le pays a été touché), nous allons être en mesure, à partir d’aujourd’hui, et encore plus à partir de demain, de commanditer le transport existant, c'est-à-dire les hélicoptères ou les bateaux qui existent et de les faire partir dans la direction de ces zones prioritaires.
Pour l’instant, suite à Hanna et suite à Ike, on se concentre encore beaucoup sur Gonaïves. Mais il faut rapidement (et ca va être le cas dès aujourd’hui, demain encore plus), partir ailleurs, partir sur le Sud, sur l’Ouest et sur, peut-être aussi, le Nord-ouest, qui semble également avoir été frappé après le passage de Ike.
C’est ce que je voulais dire d’une part.
D’autre part, l’assistance de toute façon, comme l’a dit aussi le colonel Martin Girard, est difficile à cause de la logistique. Le problème n’est pas tant, pour l’instant, les stocks. Il y a encore des stocks, bien que ces stocks aient été affaiblis après Fay et Gustav. Nous avons encore des stocks. Le problème, est au-delà aussi des routes et des ponts détruits. Le problème c’est par exemple pour Gonaïves, qu’hier on avait encore 80% de la ville sous l’eau et maintenant peut-être 60%, je n’ai pas le dernier chiffre. C’est et ça reste un problème extrêmement important qui nous empêche d’avoir accès à toute la population.
Il ne faut pas se cacher que cela va prendre du temps avant qu’on puisse avoir accès à toute la population et donner de la nourriture, de l’eau, des abris, des médicaments etc., en quantités suffisantes. D’une part, à cause des routes et des ponts, mais à cause même des gens qui sont éparpillés et qui sont en mouvement.
Rappelons-nous cela aussi, les gens bougent. Les gens sont partis des Gonaïves, certains sont partis vers Mirebalais. Mirebalais ayant été inondé, ils sont repartis ailleurs. Ils sont en mouvement. C’est extrêmement difficile d’assister une population qui est en mouvement ou qui lorsqu’elle n’est pas en mouvement, est très difficile d’accès.
D’autre part, il ne faut pas se cacher que cela va être un travail pas seulement d’urgence, mais de longue haleine.
L’assistance humanitaire va durer ce qu’elle doit durer et nous allons lancer un appel international pour des fonds d’urgence dès demain. Cet appel, qui va être lancé à Genève, à New York, va être diffusé dans le monde entier avec l’accord du gouvernement et au nom des Nations Unies. Il inclut aussi de activités au-delà de l’humanitaire, des activités qui ne sont pas forcément purement humanitaires mais qui sont au moins aussi importantes. Et j’entends par là tout ce qui est activité pour relancer l’agriculture, pour nettoyer les canaux, toutes les activités qui tournent autour par exemple de la réparation ou de l’équipement des bassins versants, c’est-à-dire toutes les activités qui pourront injecter du cash dans l’économie, qui pourront donner du travail aux familles les plus démunies, tout ce qui est activité à haute intensité de main d’œuvre. Bref, ce sont des activités extrêmement importantes, aussi importantes que les activités purement humanitaires et que nous essayons de relancer maintenant et nous les mettrons en œuvre dès que possible.
Mais pour cela, nous avons besoin que les communautés se mobilisent, nous avons besoin que tout le monde se mobilise parce que s’il n’y a pas une mobilisation des activités des communautés, avec le soutien des autorités locales et des autorités centrales, ce sera extrêmement difficile.
C’est ce genre d’activités que je voulais souligner dès maintenant. Nous cherchons, nous mobilisons les ressources qu’il faut pour cela. Les agences aussi se mobilisent pour acheter internationalement, régionalement et localement tout ce qu’il faut pour faire face à la situation humanitaire.
Il y a l’humanitaire, il y a aussi comme je disais, donner du travail autant que l’on peut aux haïtiens les plus durement touchés par ces désastres, presque sans précédent, sans cacher le fait aussi que la saison des cyclones n’est pas fini. D’où l’importance d’avoir ces activités qui vont permettre de réparer ce que l’on pourrait réparer en urgence pour être mieux préparés si jamais, par malheur, il y avait d’autres cyclones ou d’autres tempêtes tropicales qui frappaient encore Haïti.
C’est tout ce que je voulais dire. Je vais redonner la parole à Sophie et à mes collègues des Nations Unies. Merci.
SBdlC : Merci M. le Ccoordonnateur humanitaire résident. Nous savons que votre programme est chargé, et nos collègues de la presse comprendront que vous deviez partir. L’ensemble des représentants des Agences pourront répondre aux questions. Nous reprenons l’ordre du jour avec notre collègue Fred Blaise.
INTERVENTION DU PORTE-PAROLE DE LA UNPOL
Ne pouvant pas être exhaustif, je vais me contenter de vous donner un aperçu des activités réalisées par l’UNPOL et la PNH lors du passage des tempêtes tropicales sur Haïti la semaine dernière.
Tout d’abord à Mirebalais, suite à l’effondrement du pont de la zone les moniteurs de police da la MINUSTAH et les policiers de la PNH ont également établi un périmètre de sécurité pour empêcher les curieux de s`approcher du pont. Des patrouilles conjointes (UNPOL-NEPBAT) et PNH sont également en cours pour surveiller la situation au niveau des barricades qui ont été fixées aux extrémités du pont.
De même sur le pont de Montrouis où la société « ESTRELLA » s’occupant de la construction de la RN1, à envoyé hier une équipe de techniciens en vue de trouver des solutions pour la réhabilitation dudit pont.
A Mirebalais également, lors des inondations même les installations de la MINUSTAH ont été touchées. Le camp népalais a été inondé et des futs de 200litres contenant du carburant ont été emportés. Les autres infrastructures de la MINUSTAH qui y sont implantées (bureau des UNPOL, bureau de la section des affaires civiles, bureau de Comcenter), ont aussi été endommagées.
A Miragoane, les Moniteurs de Police de la MINUSTAH, ont assisté une équipe de PNH composée de 06 policiers (UDMO) à la Délégation Départementale lors d’une remise de biscuits à haute teneur énergétique par le PAM (Programme alimentaire Mondiale), au Comité Départemental de Gestion des Risques et Désastres. Les UNPOL ont sécurisé la remise officielle de ce don de trois tonnes, de même que le convoi humanitaire avec à sa tête le Délégué Départemental des Nippes Mr JAMIL Vincent et le Responsable du PAM Mr ROLAND Fleurant, qui s’est tour à tour rendu dans les quartiers de Savane Ouest, Détour et Deronceray, pour distribuer aux familles préalablement identifiées ces denrées alimentaires.
A Croix-des-Bouquets, vous êtes tous au courant des cas d’inondations dans ce secteur ou une équipe de patrouille mixte et les militaires Jordaniens ont assisté la population en détresse.
Dans ce cadre vingt et huit (28) enfants de l’Orphelinat CROISADE EVANGELIQUE sis à ROSENGERG ont été évacués par des nageurs volontaires haïtiens, avec l’assistance des militaires Jordaniens.
Ces enfants sont présentement hébergés à l’école nationale Charles LETTIN à Marcadieu. Ils ont été pris en charge par la Mairie de la Croix des Bouquets et la Croix Rouge avant d’être transférés hier lundi 8 septembre à l’Orphelinat SED, situé dans la Commune de Carrefour, plus précisément à MERGER.
A Plaisance plusieurs habitations ont été détruites et Cinquante (50) personnes sans abri, se trouvent hébergées actuellement au commissariat
La situation sécuritaire dans l’ensemble de la Région du Sud est devenue relativement calme. Toutefois il ya une intensification des patrouilles conjointes FPU/PNH/UNPOL dans les zones sensibles aux Cayes (La Savane, La Ravine, Cite Militaire) et dans le cadre de l’assistance aux autorités locales dans la distribution des repas et autres aides, destinées aux sinistrés des tempêtes tropicales, les UNPOL et la FPU continuent d’assurer la sécurisation des lieux et des opérations de distribution dans les différents centres d’hébergement provisoires de ces victimes.
Enfin à Jacmel, les UNPOL ont assisté la PNH et les autorités administratives locale, lors de la sensibilisation de la population à travers toute la ville sur le cyclone IKE et les mesures de sécurité à observer. Cependant, aucune inondation majeure, ni dégât n’a été observé
SBdlC : Nous tenons à saluer officiellement le travail de nos collègues sur le terrain. Que ce soit le travail de nos collègues militaires, policiers ou civils qui, souvent, au risque de leur propre vie, ont porté assistance aux victimes.
Après le passage des cyclones, l’accès par voie terrestre est souvent difficile. Et la situation actuelle, du fait des effets conjugués de Fay, Gustav, Hanna et Ike, a particulièrement touché les infrastructures routières et les ponts, rendant impossible l’accès aux zones sinistrées dans la plupart des cas. Les dégâts considérables compliquent l’acheminement de l’aide.
La MINUSTAH a donc dédié l’ensemble de ses moyens aérien au transport de l’aide humanitaire. Ce pont aérien entre Port-au-Prince et les zones sinistrées a permis de transporter en 6 jours (du 03 au 08 septembre) 64 tonnes de matériel dont 42 tonnes d’aide humanitaire (nourriture, médicaments, kits d’hygiène et de cuisine) et 22 tonnes de support au personnel et aux troupes de la Mission.
Par ailleurs, ces vols ont permis, parallèlement au transport de matériel humanitaire, de transporter 501 personnes à la fois dans le cadre des missions d’évaluation ou d’assistance ou même d’évacuations médicales.
Quarante six (46) vols par hélicoptère au total ont ainsi été organisés en 6 jours au profit des Agences des Nations Unies et des autorités haïtiennes.
Sans plus tarder, je cède la parole à nos collègues du système des Nations Unies en commençant par notre collègue Annamaria Laurini de l’UNICEF.
INTERVENTION DE LA REPRESENTANTE DE L’UNICEF
L’UNICEF s'associe aux autres Agences des Nations-Unies pour présenter ses condoléances à la population haïtienne pour les énormes pertes subies durant ces dernières semaines.
Suite aux terribles catastrophes naturelles subies par Haïti en moins d’un mois, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) exprime sa préoccupation pour la situation des enfants et des femmes. On estime approximativement à 300,000 les enfants qui sont présentement vulnérables aux maladies, aux violences et aux autres atteintes à leurs droits fondamentaux.
L’UNICEF demande aux autorités et à la population en générale de porter une attention particulière à ceux qui demeurent les plus vulnérables aux violences et aux maladies en période de crise et sollicitera l’appui des medias pour diffuser des spots rappelant les droits des enfants.
Le système des Nations unies s’est mobilisé dans cette urgence et l’UNICEF a pu effectuer une intervention rapide grâce au soutien logistique du PAM et de la MINUSTAH pour le transport de l’aide à plus de 12,000 enfants dans 5 villes du pays (Jérémie, les Cayes, Jacmel, Port-de-Paix et Bainet), et 4,000 aux Gonaïves. 4000 autres vont s’ajouter aujourd’hui pour recevoir de l’eau potable, et d’autres matériels d’urgence surtout des kits d’hygiène et quelques couvertures.
Malgré les routes coupées et les ponts effondrés, l’UNICEF et ses partenaires ont pu être les premiers à intervenir dans des endroits encore inaccessibles grâce à des entrepôts déjà remplis de matériels d’urgence. Grâce à cela nous avons pu atteindre 2500 enfants à Jérémie et à Port-de-Paix et 500 enfants dans le Sud-est dès que la route a été réparée. Nos équipes partiront demain vers Port-de-paix et Fonds-Verettes avec le PAM.
Mais à part ces distribution, je voudrais parler des risques. Le risque d’épidémie de diarrhée est très élevé surtout pour les enfants en abris ou déplacés et l’assistance de l’UNICEF intervient pour réduire ces risques au maximum en s’assurant que les gens puissent avoir accès à des services d’hygiène de base. A ce jour, nous avons atteint au total 26,000 personnes et nous continuons notre travail.
L’UNICEF est intervenu aussi en fournissant une demi-tonne de lait thérapeutique et de pâte énergétique pour traiter les cas de malnutrition rapportés.
Aux Gonaïves, nous faisons aussi le suivi des enfants abandonnés ou séparés de leur famille. Et dans le futur, dès que ce sera possible, nous distribuerons aussi des ballons et des jeux pour s’assurer que les enfants puissent avoir des moments pour s’amuser malgré la période difficile. Car il est très difficile pour eux d’être dans des abris.
Par ailleurs, il ya le coté violence qui nous préoccupe beaucoup, parce que dans ces situations, des femmes et les enfants sont sujets de violences. Et la triste réalité, c’est qu’ils deviennent des cibles suite à une distribution de nourriture ou des médicaments.
De grands défis nous attendent encore et nous sommes entrain de prendre des mesures pour renforcer notre réponse. C’est très important de s’assurer que tous ceux qui sont vulnérables, je veux parler encore des femmes et des enfants, puissent recevoir dans les prochains jours ces types d’aide.
Nous, sommes présents aux Gonaïves avec nos partenaires et nous essayons d’atteindre les autres départements qui sont affectés, surtout le Sud. Nous n’avons pas beaucoup d’informations et c’est très difficile d’organiser la réponse.
C’est pour cela que toute l’équipe pays et ses partenaires sont ensembles pour essayer d’apporter une réponse organisée ; pour ne pas oublier personne. Il ne faut pas que des enfants soient oubliés.
Un avion cargo de l’entrepôt de l’UNICEF à Copenhague, arrivera dans les prochaines heures à Port-au-Prince ce qui nous permettra de fournir une aide aux autres villes et de remplir encore notre dépôt car il faut continuer la réponse, et il faut être préparé au cas où il y aurait d’autres urgences.
Nous sommes en train d’acheminer aux Gonaïves deux véhicules par bateau pour faciliter les mouvements de nos agents sur place. Mais là encore, comme la MINUSTAH l’a déjà dit, il y a à la fois des difficultés pour se déplacer dans des rues qui sont endommagées, et aussi de l’insécurité. Aux Gonaïves, nous avons des escortes pour pouvoir faciliter la circulation de notre équipe.
Nous devons déjà penser à l’étape suivante : la distribution de l’eau potable n’est pas la seule nécessité. On a besoin d’eau traitée. Nous sommes en train, avec OXFAM et les autres partenaires, d’avoir des centres de distribution dans les abris et les centres de santé où n’y a pas d’eau traitée pour l’hygiène. Et on ne pas transporter l’eau traitée. Au moment où je vous parle, il y a des équipements pour le traitement d’eau qui sont entrain de rejoindre Gonaives.
L’UNICEF est également consciente des grands problèmes de la rentrée scolaire. Nous savons que pas mal d’écoles se sont transformées en abris provisoires. Pour le moment nous travaillons déjà à commander des kits scolaires et afin faciliter la rentrée, on travaillera avec les autres partenaires ainsi que le gouvernement et la Protection civile.
Enfin, la crise alimentaire a déjà durement touchée Haïti et l’UNICEF met tout en œuvre pour éviter au maximum que la série de catastrophes naturelles ne vienne donner un coup fatal surtout aux enfants qui souffrent déjà beaucoup.
SBDLC : Merci. Nous allons maintenant donner la parole à notre collègue de l’OIM.
INTERVENTION DE LA REPRESENTANTE DE L’OIM
Bonjour à tout le monde. Je m’appelle Monique Van Hoof. Je suis coordonatrice de l’urgence de l’Organisation internationale pour la migration (OIM). Je voudrais vous expliquer comment fonctionne le système « abris provisoires » et « articles alimentaires ». […] des organisations internationales, des organisations locales et les agences des Nations Unies. Alors, nous avons beaucoup de partenaires qui aident à faire face à cette crise. En ce moment, on est en train de renforcer notre capacité de distribution pour gérer toute l’aide qui va entrer dans le pays. Pour Gustav, on a concentré notre distribution avec les partenaires dans le Sud, à Grand-Goâve et à Petit-Goâve. On a envoyé 1.400 kits dans cette zone. On a reçu 5.300 kits dont 2.000 sont envoyés aux Gonaïves et on est en train de faire maintenant la distribution avec les partenaires en place. Les autres 3.000 qui sont avec les autres partenaires ont été envoyés aux Côtes-de-fer, à Jérémie et dans certains quartiers de Port-au-Prince tels que Cité l’Eternel, Cité de Dieu, Cité Militaire sans oublier le Haut Plateau central notamment Hinche. On est en train d’envoyer des kits à Jacmel et Cayes-Jacmel pour 400 familles. On est en train d’envoyer des kits d’hygiène à Ile-à-Vaches, Grande Saline et Port-de-Paix. Cette semaine, on va de nouveau recevoir un avion avec 5.000 kits d’hygiène […]. Cette cargaison est financée par l’USAID qui avait aussi facilité l’arrivée du premier stock de kits.
Nous sommes très conscients que la situation dans les Antilles n’est pas une situation très idéale. Dans le « flash appeal » qui est fait aux soins des Nations Unies, on va réserver l’argent pour la réhabilitation des abris qui existent. On a planifié l’achet de kits pour renforcer notre capacité de distribution. La dernière partie de l’argent servira à acheter des kits de construction. Tout l’argent qui entrera sous la rubrique « abris provisoires », sera utilisé dans le cadre d’un programme de distribution avec tous les partenaires dans le […].
SBdlC : Merci Mme Van Hoof. Nous cédons maintenant la parole à la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM), Myrta Kaulard.
INTERVENTION DE LA REPRESENTANTE DU PAM HAÏTI
Bonjour à tout le monde. Je suis la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM). J’ai pris fonction à Haïti. Je devais arriver ici le 26 août mais j’ai du m’arrêter au Panama parce que l’aéroport d’Haïti ne fonctionnait pas à cause du passage de l’ouragan Gustav et je suis finalement arrivée ici le 28 août. Depuis, j’ai eu à coordonner l’aide du PAM pour les sinistrés.
J’étais déjà venu en Haïti au mois de juin avec une mission du PAM-FAO-Banque mondiale et IFAD pour donner des recommandations sur les politiques à mettre en place en appui aux personnes affectées par la vie chère.
Le PAM a sur Haïti une vision d’un pays qui est en train de devoir faire face à des crises, l’une après l’autre, avec un effet cumulatif.[…] Je voudrais manifester, comme l’ont fait mes autres collègues, mes condoléances aux familles qui ont perdu des parents. Nous voudrions aussi souligner notre solidarité avec toutes les personnes qui ont souffert des pertes et qui sont en train de vivre maintenant des moments très difficiles.
Nous avons nous-mêmes eu des collègues sur les toits de leurs maisons avec leur famille aux Gonaïves. Nous étions en contact avec eux par téléphone et nous ne sommes toujours pas en mesure de pouvoir les aider comme on le voudrait. Et cela nous pose un véritable chagrin.
La situation est difficile. Le programme alimentaire mondial est l’agence des Nations Unies responsable d’apporter une aide alimentaire et aussi responsable d’apporter un appui logistique à toute la communauté humanitaire pour que l’aide humanitaire arrive aux personnes qui en ont besoin.
La situation actuelle nous pose un défi énorme. Nous avions pré-positionné des stocks et grâce à cela, nous avons pu apporter de l’assistance dans le Sud après Gustav. De même nous avons pu apporter de l’assistance ce week-end, ou tout de suite après que l’ouragan Ike soit passé à Port-de-Paix. Mais le fait que tous les ponts soient tombés et que toutes les routes sont impraticables, signifient que les camions ne peuvent pas passer. Je ne me rappelle plus combien de fois on a chargé des camions qui étaient prêts à partir et qui finalement n’ont pas pu partir parce que les routes n’étaient plus praticables. Donc, on connaît aussi le sentiment qu’éprouve la population qui a été affectée aux Gonaïves par les pluies et qui alors qu’elle commence à sécher ses biens, voit l’arrivée de Ike et se retrouve à la case départ. C’est un sentiment partagé par les personnes qui vivent cela, mais aussi par toute la communauté internationale et par l’administration publique qui essaie d’apporter une aide.
C’est pour cela que nous avons maintenant joint nos forces avec les collègues du côté militaire de la MINUSTAH pour essayer d’arriver à distribuer le plus rapidement possible l’aide humanitaire. Dans la ville des Gonaïves, nous estimons qu’il y a 250 000 personnes qui ont besoin d’une assistance immédiate et pour l’instant, nous sommes arrivés à assister 55.000 personnes, mais sur l’ensemble du pays. Parmi ces 55.000 personnes qui ont reçu de l’aide, environ 20.000 sont aux Gonaïves. On est en train de travailler nuit et jour sans arrêt pour pouvoir rapidement augmenter ce chiffre. Hier soir, mes collègues sont restés au port jusqu’à minuit pour charger deux bateaux d’aide humanitaire. L’un de ces bateaux a été mis à disposition par les forces militaires américaines, l’autre bateau a été affecté par les Nations Unies. Le premier transporte 120 tonnes de vivres, le deuxième transporte (en plus des biens nécessaires par la MINUSTAH), des médicaments, de l’eau et des équipements pour la purification de l’eau, ainsi que de l’équipement et des réservoirs pour stocker différents biens humanitaires, des sets de cuisine, du carburant, des véhicules et des camions. Les bateaux sont partis hier soir et sont arrivés ce matin aux Gonaïves où, à nouveau, il y avait une équipe du PAM, de la MINUSTAH, de l’UNICEF et d’autres agences humanitaires pour s’occuper du déchargement du bateau. Ils ont commencé à se préparer très tôt. Ils ont commencé à 5 heures du matin avec, en parallèle, des distributions à la population. Nous sommes en train d’augmenter le rythme des distributions à la population. Hier, en un seul jour, nous avons pu assister 10.000 personnes. Aujourd’hui, nous en avons assisté déjà 10.000 autres. La collaboration entre les agences des Nations Unies qui s’occupent de l’humanitaire et les troupes de la MINUSTAH se révèle très efficace. Nous sommes donc finalement optimiste de pouvoir arriver à utiliser finalement toute la capacité que nous avons sur place.
Nous avons aussi développé différents mécanismes de distribution pour essayer de limiter les difficultés dues à la sécurité. La population est très tendue donc les risques d’insécurité sont assez élevés. Nous avons donc en même temps des points de distribution où nous distribuons à des foules, des distributions dans des abris et nous avons des distributions, maison par maison, dans des quartiers difficiles d’accès. Nous travaillons aussi avec les ONGs qui apportent une aide médicale et auxquels nous apportons de l’aide alimentaire, de l’eau et d’autres types d’aide pour qu’ils les distribuent aussi aux personnes qui viennent se soigner.
Donc, nous sommes en train de lutter avec tous les moyens que nous avons et nous sommes en train de mobiliser des fonds importants de la part de la communauté internationale pour pouvoir avoir plus de bateaux, pour pouvoir avoir plus d’hélicoptères. On espère, dans les prochains jours, avoir un ou deux bateaux de plus et, à partir de la semaine prochaine, on espère avoir aussi 4 ou 6 hélicoptères pour pouvoir continuer.
Je voudrais souligner que nous ne nous concentrons pas uniquement sur la ville des Gonaïves, nous sommes en train de faire tout notre possible pour continuer à approvisionner les communautés dans le Sud. Il y a beaucoup de communautés qui sont restées isolées pendant très longtemps, trop de temps. Les routes continuent à être un enjeu formidable, c’est pourquoi nous avons besoin de davantage de moyens de transport maritime et sans attendre nous sommes en train, ces jours-ci, d’essayer de les joindre avec des hélicoptères. Le problème est que l’hélicoptère a une capacité de transport limité, beaucoup plus limité que la capacité de transport maritime. Donc, on espère avoir plus de bateaux, d’ici très peu de temps. Merci
SBdlC : Merci Myrta. Juste une précision : ces moyens héliportés s’ajoutent aux moyens déjà mis à disposition par la MINUSTAH.
Nous donnons maintenant la parole à notre collègue Tania Patriota du FNUAP.
INTERVENTION DE LA REPRESENTANTE DU FNUAP
Bonjour à tous. Le Fonds des Nations Unies pour la population aimerait exprimer sa solidarité avec le peuple haïtien et dire combien nous sentons en ce moment, comme vous, ce terrible désastre qui s’est abattu sur les familles. Donc, je voudrais d’abord commencer par exprimer cette solidarité et nos condoléances aussi pour les victimes et les familles des victimes des désastres de ces derniers jours.
En réponse aux tempêtes successives ayant frappé Haïti au cours de ces dernières semaines, le Fonds des Nations Unies pour la Population se mobilise en coordination avec les autres Agences du Système des Nations Unies et les autorités haïtiennes pour venir en aide aux victimes, et particulièrement aux femmes et fillettes. Après avoir installé 28 blocs sanitaires dans des abris provisoires à Cité Soleil et aux Gonaïves, l’UNFPA, en partenariat avec le Ministère à la Condition Féminine et le soutien logistique du Ministère de l’Education Nationale, du PAM et de la MINUSTAH, distribue 1500 kits d’hygiène, appelés kits « dignité », aux femmes sinistrées de l’Artibonite, du Plateau Central et de l’Ouest.
L’UNFPA appuie également l’association des sages-femmes de l’Artibonite dans ses efforts de secours aux femmes enceintes. Aux Gonaïves, la population comprend près de 80.000 femmes en âge de reproduction ; ce qui nous fait environ 16.000 femmes enceintes, et 4.000 accouchements dans les prochains mois. Nous donnons donc un appui aux équipes médicales dont le leader en la matière est l’OMS/OPS, avec les kits d’accouchement. De plus, en vue de renforcer les services obstétricaux d’urgence des Gonaïves, l’UNFPA a mis à la disposition du personnel médical des Gonaïves des kits médicaux (« santé de la reproduction ») et est en train de recruter du personnel qualifié supplémentaire pour assurer les accouchements Ce personnel devra être mis à disposition de l’équipe médicale des Gonaïves. Des kits d’accouchement à l’intention de 180 femmes enceintes seront apportés aux Gonaïves dans les jours qui viennent.
En partenariat avec le Ministère à la Condition Féminine et l’UNIFEM, l’UNFPA appuie la mise en place de mesures de protection des femmes au cours de toute cette période difficile, particulièrement dans les abris provisoires et les points de distribution.
L’UNFPA assure aussi un appui logistique à la Mairie de Port au Prince pour faciliter l’évaluation des besoins et la distribution des repas chauds.
L’UNFPA, l’Agence onusienne spécialisée sur les questions de population met également à la disposition de l’Office de Coordination de l’Aide Humanitaire, des bailleurs de fonds ainsi que des autorités haïtiennes, des informations démographiques à l’échelle départementale, favorisant ainsi une meilleure planification de la réponse à apporter aux désastres causés par Hanna et Ike.
L’UNFPA poursuit les discussions avec le Secrétariat Permanent des Risques et Désastres, les autres Agences de l’ONU et ses partenaires de la société civile en vue de l’identification des besoins des groupes les plus vulnérables. De nouvelles ressources sont en train d’être mobilisées à travers un document d’appel d’urgence lancé par le Système des Nations Unies en vue d’apporter des aides supplémentaires aux familles. Merci
SBdlC : Merci madame Patriota. Dernière intervention avant la série des questions, celle de notre collègue du PNUD
INTERVENTION DU RESIDENT ADJOINT DU PNUD EN HAÏTI
Bonjour Madame, Monsieur. Je m’appelle François Kaboré. Je suis le résident adjoint pour le programme de gestion des risques et désatres. Je voudrais m’associer à la MINUSTAH et aux Agences du système de Nations Unies pour exprimer nos condoléances et notre solidarité aux populations affectées par ces catastrophes.
Le Programme des Nations Unies, comme vous le savez, est impliqué dans certains domaines qui sont liées à la gestion des risques et des catastrophes. Mais avec ces événements, notre action s’est amplifiée autour de trois axes essentiels :la coordination de la réponse, de l’évaluation des besoins et de la préparation d’un cadre stratégique de réhabilitation et de relèvement rapide. Je voudrais surtout insister sur le dernier point, en ce qui concerne le relèvement rapide. Parce que nous estimons que la seule prise en compte de cet élément de réhabilitation et de relèvement rapide peut permettre à Haïti d‘éviter, ou en tout cas de diminuer, l’impact négatif des phénomènes naturels et principalement les cyclones les ouragans, etc.
En terme concret, l’action du PNUD peut se résumer en quatre éléments essentiels. Nous avons renforcé notre appui à la direction provinciale de la Protection civile et au secrétariat permanent de la gestion des risques pour faciliter les évaluations rapides des dégâts causés par les ouragans et les dépressions et aussi évaluer les besoins des populations affectées à travers le centre d’opérations d’urgence au niveau central (essentiellement à Port-au-Prince) et dans les départements du Sud, de la Grand’ Anse, des Nippes et de l’Ouest. L’apport du PNUD s’est essentiellement concrétisé en apport de ressources humaines et en apport logistique pour appuyer les opérations sur le terrain.
Deuxièmement le PNUD, se basant sur son expérience, a également apporté sa contribution à une évaluation anticipée des effets des ouragans et des cyclones. Ces estimations ont été partagées avec les principaux partenaires d’Haïti et ont très certainement permis une prise en compte rapide de la situation par les donateurs. Cela a également et probablement écourté des délais de décision dans le processus de mobilisation de ressources et facilité un peu l’organisation de la réponse.
Troisième point, le PNUD est en train de constituer une équipe forte pour contribuer à l’évaluation des besoins, à la réhabilitation et relèvement rapide dans tous les secteurs. Les conclusions des travaux de cette équipe vont certainement permettre de fournir une réponse appropriée aux besoins immédiats mais aussi de permettre aux populations affectées de se recapitaliser et de se prendre en charge rapidement.
Enfin, à l’instar de touts les Agences du système des Nations Unies, le PNUD a travaillé à la préparation de la formulation de l’appel d’urgence, avec un intérêt particulier sur un programme de réhabilitation et de relèvement rapide qui pourrait atteindre le montant de 21 millions de dollars. Ce programme va se concentrer autour de la gestion des bassins versants en utilisant la méthode de travaux à haute intensité de main d’œuvre, qui nous permet de distribuer des revenus aux populations.
Pour terminer, je voudrais relever deux choses. D’une part la question de la gestion de l’environnement. Nous ne pouvons pas éviter les cyclones, nous ne pouvons pas éviter les ouragans. Ce sont des éléments qui s’imposent à nous, à Haïti. Mais ce que nous pouvons faire, c’est de réduire l’effet de ces événements en prenant en compte cette question dans les différentes actions de développement, dans les différents statuts de développement. J’ai constaté que certaines radios se sont très bien lancées là-dessus et le PNUD est disposé à apporter son concours pour la prise en compte de cet élément de la réduction de vulnérabilité d’Haïti dans toutes les actions de développement.
Deuxième aspect que je voudrais souligner, c’est que la communauté internationale s’est mobilisée pour apporter son appui à la satisfaction des besoins immédiats des populations, c’est très bien. Mais nous demandons de ne pas oublier l’aspect relèvement rapide de la chose et là aussi le programme que nous sommes en train de formuler permettrait effectivement aux populations de se recapitaliser rapidement en distribuant des revenus aux populations affectées. Je vous remercie.
SBdlC : Tous nos moyens, vous le voyez, que ce soit ceux de la MINUSTAH ou ceux des agences des Nations Unies, sont mobilisés pour venir en aide à la population. Mais il faut dire que la situation actuelle va bien au-delà des capacités et des moyens de la MINUSTAH et des Agences des Nations Unies présentes en Haïti.
Dès la semaine dernière, la MINUSTAH a contacté le siège des Nations Unies, à New-York pour un appel à l’aide internationale des bailleurs de fonds (les partenaires techniques et financiers). Et certains d’entre eux ont déjà commencé à répondre tels que le Canada, les Etats-Unis, la France et l’Union européenne, pour ne citer qu’eux. Cette aide est essentielle.
Par ailleurs, comme l’a annoncé le Coordonnateur humanitaire résident, M. Boutroue, à l’ouverture de cette conférence de presse, un appel d’urgence de plus de 100 millions de dollars sera lancé demain à Genève et à New-York pour obtenir les moyens nécessaires à la situation extrême que connaît le pays.
A la fois ces demandes faites dès la semaine dernière et auxquelles déjà des bailleurs de fonds ont répondu et la demande qui sera lancé demain sont absolument indispensables pour faire face à cette situation extrême.
La MINUSTAH et les Agences des Nations Unies, travaillent dans ce contexte en étroite et constante collaboration, à tous les niveaux, avec les autorités haïtiennes.
Et la MINUSTAH salue l’appel à la solidarité et à la mobilisation nationale qui a été lancée par le Premier ministre, Mme Michèle Pierre-Louis.
Nous saluons également et nous encourageons l’engagement du secteur privé qui a commencé à organiser et à mettre en œuvre cette solidarité à son niveau, de même que l’initiative de la population elle-même qui a commencé dans différentes régions du pays à contribuer volontairement au nettoyage et aux travaux de curage. C’est tous ensemble que nous pourrons répondre aux souffrances de la population en ces temps très difficile. La famille des Nations Unies est à vos côtés. Merci.
Nous allons maintenant ouvrir le temps des questions.
QUESTIONS / REPONSES
1-Pouvez-vous être plus précis sur le pont aérien établi entre Port-au-Prince et les Gonaïves, c’est-à-dire, les moyens logistiques utilisés et ce qui a été transporté en termes de tonnage ?
SBdlC : Je vais reprendre les chiffres que je viens de donner, mais si vous voulez plus de précision sur les types d’hélicoptères employés, je pourrais vous donner les précisions cela après la conférence de presse. En 6 jours soit du 3 au 8 septembre, la MINUSTAH a organisé plus de 46 vols. Ces vols ont permis de transporter 64 tonnes de matériel et 501 personnes. Cela va se poursuivre, bien sûr. Nous avons devant nous une éclaircie de plusieurs jours et tant que les conditions météorologiques le permettent, nous contribuerons sans relâche a appuyer le transport de l’aide humanitaire.
2-Le Premier ministre a souhaité une coordination entre les instances étatiques et les organisations internationales et les ONG dans la distribution de l’aide humanitaire sur le terrain. Y a-t-il effectivement une coordination des acticités sur le terrain ?
SBdlC : Bien sûr, je l’ai dit en terminant mon propos. Nous travaillons en étroite et constante collaboration avec les autorités haïtiennes, c’est-à-dire à la fois au niveau gouvernemental avec les ministres concernés et le Premier ministre, mais aussi avec la direction de la Protection civile ainsi que les délégués départementaux du système national des risques et des désastres. Mes collègues peuvent en témoigner, c’est à tous les niveaux que la coordination se fait. Il y a cette coordination à la fois entre le système des Nations Unies et les autorités haïtiennes, mais aussi entre les Agences des Nations Unies et les organisations sur le terrain, que nos collègues du Système des nations Unies appellent leurs « partenaires » sur le terrain et qui sont les ONG dont vous parlez.
FIN
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Contacts media :
Sophie Boutaud de la Combe, Porte-parole de la MINUSTAH
Téléphones : (509) 244 20 50 – ext : 6099, 6035 Cell : (509) 478-6278
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