Moteur de Recherche


Recherche avancée


L'Ordre national « Honneur et Mérite » : la MINUSTAH parmi les décorés




>> La réponse de la MINUSTAH au passage des ouragans


>> Gustav, Hanna & Ike: la MINUSTAH aux cotés de la Population



>> MMC Newsletter :
2nd Edition (Click here)



Options sur cet article
 »  Accueil  »  Actualités  »  Points de Presse  »  Conférence de presse de la MINUSTAH du jeudi 21 août 2008
Conférence de presse de la MINUSTAH du jeudi 21 août 2008
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  08/26/2008 | Points de Presse | MINUSTAH.ORG
Transcription

Point de Presse

Conférence de presse délocalisée de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animé aux Cayes par Madame Sophie Boutaud de la Combe, avec pour invités:
• Marie Alta Jean Baptiste, directrice de la protection civile ;
• Ronald Sémélfort, directeur du centre national de météorologie ;
• Abel Nazaire, coordonnateur adjoint du secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres ;
• Dr Olivier Kleitz  représentant de l'OPS-OMS ;
• Dr Stéphanie Floréal coordonatrice du projet aide pour le département du sud OPS-OMS ;
• Erdem Ergin, conseiller technique principal en charge du programme de gestion des risques et désastres du PNUD.

Bonjour à toutes et à tous, cette semaine nous avons souhaité délocaliser la conférence de presse de la MINUSTAH afin de vous emmener sur le terrain visiter le Centre d’opération d’urgence de la Ville des Cayes car ce centre est un peu un centre pilote au sein du système national de la gestion des risques et désastres.

Vous venez d’entendre les propos liminaires du délégué départemental, Monsieur Joseph Yves-Marie Aubourg ainsi que le bilan de la tempête tropicale Fay, présenté par Monsieur Joseph St. Phard, Directeur de la Division Départementale du Plan et de la Coopération Extérieure et les explications de Renand Vallières, coordonateur du comité technique pour le département, suite à la visite de terrain que nous avons effectuée sur le site de Grande Ravine. Nous ouvrons maintenant le temps de la conférence de presse et sans plus attendre je cède la parole à Madame Marie Alta Jean Baptiste, directrice de la protection civile.

INTERVENTION DE MADAME  MARIE ALTA JEAN BAPTISTE (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
Merci Madame. Je salue avec beaucoup de respect le comité départemental du Sud de gestion des risques et désastres qui effectue un bon travail. Comme vient de le dire Madame Boutaud de la Combe, ce comité est pour nous un modèle dans le système national de la gestion des risques et désastres. Le délégué, dans son discours de circonstance, vient de dire que la direction de la protection civile est chargée de mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de gestion des risques et désastres. A ce propos, nous avons la chance de venir présenter les priorités de la stratégie nationale, que le système national de gestion des risques et désastres (SNGRD) a mis en place pour la saison cyclonique.
En guise de rappel, la saison cyclonique se déroule du 1er juin au 30 novembre. Pendant cette période, il y a de fortes chances qu’Haïti soit traversé par de nombreux cyclones. Il y a aussi des chances que nous soyons confrontés à de nombreux problèmes hydrométéorologiques, de par la situation géographique de notre pays, d’autant plus que c’est un pays vulnérable par rapport aux conditions environnementales. Pour cela, nous, dans le SNGRD, nous avons élaboré une stratégie qui tient compte de la situation du pays, de sa situation de vulnérabilité socioéconomique, de sa situation économique actuelle, et de sa situation physique et environnementale actuellement. Notre stratégie tient aussi compte des prévisions météorologiques. M. Sémelfort n’aime pas trop parler des prévisions météorologiques. Toutefois, il aura l’occasion de nous donner son point de vue de technicien en météorologie par rapport à cette saison cyclonique. 
Notre stratégie nationale de préparation de la saison cyclonique se base sur une logique d’intervention que j’aurai l’honneur de présenter : la mise en place des réseaux territoriaux. Ce qui veut dire que nous, dans le SNGRD, depuis environ 1999, avons entamé un processus de mise en place des réseaux de comité de protection civile qui constituent la structure chargée de  coordonner les activités de gestion des risques et désastres, soit dans les communes, soit dans les localités. C’est donc ainsi que nous entendons poursuivre cette activité.
Notre logique d’intervention se base aussi sur le renforcement des systèmes d’alerte. En Haïti, l’aspect alerte est l’aspect qu’il faut bien gérer dans la conduite de la gestion des risques et désastres. Car, il nous manque des équipements et des moyens. C’est donc un aspect qu’il faut bien gérer afin que toute la population soit tenue informée et qu’elle puisse développer des réflexes lui permettant de s’abriter en lieu sûr et de se protéger, comme nous avons l’habitude de le dire.
Nous nous basons aussi sur une autre logique d’intervention qui est la sensibilisation de la population. Cela voudrait dire que nous devons lutter afin que toute la population atteigne un degré de conscience face aux risques auxquels elle est exposée. Elle doit aussi avoir un degré de conscientisation face aux dispositions qu’elle doit prendre pour se protéger. Elle doit aussi avoir un degré de sensibilisation face aux actions que chaque personne individuellement doit prendre pour ne pas détruire l’environnement.
Nous nous basons aussi sur l’utilisation régulière des mécanismes de coordination. C’est à dire que dans le système, nous développons des mécanismes de coordination qui sont supposés renforcer les capacités de coordination au niveau du système national de gestion des risques et désastres (SNGRD). L’un des points positifs de gestion de la saison cyclonique de l’année dernière, c’est que les autorités avaient pris en main l’action de réponses aux désastres, l’action de gestion des désastres par rapport à la saison cyclonique. Cette priorité doit être renforcée et nous pourrons nous rendre compte de la facilité des autres actions des intervenants qui sont dans le système. Ce qui veut dire que toutes les institutions qui sont ici représentées et celles qui ne le sont pas et qui sont dans le cadre du SNGRD, sont là dans le but d’évoluer avec nous et de permettre que nos actions soient plus positives, compte tenu de leur expertise et de leurs moyens. Ainsi, si nous avons des outils, un bon mécanisme de coordination, nous pourrons obtenir de meilleurs résultats pour une prise en charge des réponses aux urgences.
Les autres actions que nous considérons comme logique d’intervention tiennent à l’augmentation des ressources humaines formées. Il n’y a pas longtemps que nous sommes rentrés dans la gestion des risques et désastres et, donc, les expertises manquent en Haïti. Nous entendons poursuivre l’action de formation de cadres, de formation de tous les intervenants qui interagissent dans le SNGRD. Formation en évaluation des dégâts, formation en détermination  des besoins, la façon de mobiliser les ressources, la façon de gérer les informations, ce sont là des sciences qui nécessitent un savoir et un savoir-faire.
Nous basons nos actions sur l’augmentation des ressources matérielles et humaines. Vous remarquerez qu’à l’intérieur du système national de gestion des risques et désastres, nous avons développé des actions devant faciliter, soit la mobilisation des ressources, au niveau des plans d’urgence à travers le ministère des Finances, et la mobilisation des ressources auprès de la communauté internationale. Nous entendons poursuivre ces actions, développer des outils pour sa facilitation. Depuis quelques années, nous avons décentralisé le fond d’urgence. Cela permet de réduire les impacts entre le passage de l’événement et les interventions qui doivent être faites pour réduire la souffrance des victimes. Ce sont toutes ces activités que nous, au niveau de la gestion des risques et désastres, entendons consolider et renforcer pour donner un meilleur résultat.
Nous faisons toutes ces actions en fonction de neuf fonctions de support d’urgence que le plan national d’intervention de la République d’Haïti a mises en place.
Juste pour vous rappeler de nos objectifs généraux dans le cadre de la préparation des saisons cycloniques. Pendant la saison cyclonique, nous luttons pour renforcer la capacité organisationnelle et la capacité opérationnelle de toutes les entités, que ce soit au niveau central ou décentralisé, afin de trouver une amélioration dans les activités de réponse aux urgences.
Voici les axes d’intervention que nous nous sommes fixés pour nos interventions. Et c’est sur ces axes d’interventions que nous choisissons des activités qui doivent nous permettre de trouver de meilleurs résultats dans notre façon de gérer les risques et désastres en Haïti et particulièrement pour la saison cyclonique. Ces axes d’intervention sont : la communication, l’information, la décentralisation, la coordination et la mobilisation, et nous voulons aussi travailler pour renforcer nos capacités d’opérations. Cela veut dire que nous interviendrons sur les alertes, les réponses, les réhabilitations.
Nous devrons aussi poursuivre les activités de sensibilisation, de plaidoyer et des actions de décision et d’évaluation. Je reviens sur un point capital, très important pour nous au SNGRD, c’est la réhabilitation. Quand se termine la phase d’urgence nous devons lutter afin de passer dans la phase de réhabilitation rapidement. La réhabilitation est structurante, elle est importante pour les couches paysannes de notre pays. Elle permet la réparation rapide des routes défoncées. Les structures qui doivent être mises en place pour la réhabilitation doivent être fonctionnelles si nous voulons avoir de meilleurs résultats dans les activités de gestion des risques et désastres afin que nous ayons une approche beaucoup plus structurante et que nous puissions sortir de la réponses-urgence à proprement parler.
Ces rappels étaient nécessaires car je sais qu’au niveau des comités départementaux de gestion des risques et désastres, nous avons déjà travaillé sur la stratégie de préparation de la saison cyclonique. Nous avons mis notre stratégie sur cette base et nous avons actualisé notre plan d’urgence. Mais nous venons de vivre le passage du cyclone Fay sur Haïti et nous avons une fois de plus constaté qu’en dépit de structures d’organisation assez fortes qui existent dans le département du Sud, nous avons recensé six cas de mortalité et le coordonateur technique vient de nous apprendre que l’on a retrouvé deux autres cadavres. Ce qui donne un total de huit personnes décédées dans le département du Sud. C’en est trop.
J’apporte un message : le comité départemental du Sud doit réviser le plan d’action de sa campagne de sensibilisation, réviser sa surveillance au moment des alertes et au moment des rivières en crue. Et nous demandons la collaboration de tous : populations, toutes les ONGs travaillant  dans la zone, les structures départementales, comités communaux (il y a 18 comités communaux repartis dans le département du Sud). Cela veut dire que les moyens pour lancer les alertes existent, car les ressources humaines  existent. Nous avons lutté pour leur formation. Révisons donc notre stratégie en vue d’avoir de meilleurs résultats lors du passage d’un autre cyclone sur Haïti, ce que nous ne souhaitons pas d’ailleurs. Merci beaucoup.
SBdlC : Nous cédons maintenant la parole à Ronald Sémelfort, Directeur du Centre national de météorologie

INTERVENTION DE RONALD SEMELFORT (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
Merci. Vous savez que le département du Sud est la porte d’entrée principale des cyclones qui sont formés du côté du Cap-Vert ou à l’Est de la Barbade parce que c’est le département du Sud qui réunit la majorité voir toutes les conditions susceptibles d’attirer ce type de phénomène climatique. Vous pouvez remarquer que dans le SNGRD, il y a un système d’alerte précoce qui prend en considération toute la zone de formation des cyclones, du Cap-Vert jusque dans la Caraïbe. Ensuite, nous avons un autre système précoce qui considère les phénomènes météo susceptibles d’apporter uniquement de la pluie. A l’intérieur de ce système précoce, nous avons 5 phases d’interventions multisectorielles dont les 4 premières sont entièrement consacrées à la gestion des situations de risques et désastres, c’est-à- dire qu’il faut entreprendre des actions préventives en vue surtout de réduire les risques en perte de vie humaine. Il y a aussi des codes de couleurs qui permettent d’évaluer le niveau du danger. Les principaux codes de couleur sont : le jaune, pour le premier niveau d’alerte pour un phénomène d’intensité pas trop élevé, c’est-à- dire que les impacts peuvent varier de peu violents à violents; nous utilisons le mot « violent » pour n’importe quel niveau de vigilance, même pour le plus petit, parce que, en Haïti, tous les niveaux sont mortellement dangereux. Nous avons le 2e niveau qui est orange, qui varie de violent à très violent. Le 3e niveau est le rouge qui varie de très violent à extrêmement violent. Le plus récent de ces phénomènes que nous avons enregistré est la tempête tropicale Fay. Nous avions activé le plan d’urgence par rapport aux fortes précipitations au niveau de la phase pré-alerte 2, c’est-à-dire à environ 36 heures avant les premiers impacts. Le lendemain, nous avions dû passer au plan d’urgence cyclone par ce que le système s’était renforcé entre temps dans la mer des Caraïbes. Nous le répétons, le département du Sud est le plus vulnérable par rapport aux cyclones les plus virulents et il faut faire attention aux prévisions saisonnières des cyclones. Qu’on annonce une saison active ou très peu active, il faut conserver la même vigilance. Je dois vous faire remarquer que tous les grands ouragans qui ont frappé Haïti tels que Asèle, Flora, Cléo, Inès et Allen, ont été enregistrés à des périodes où peu de mouvements cycloniques ont été prévus sur l’océan Atlantique. Les prévisions qui sont utiles à l’échelle d’un pays ce sont les prévisions à l’échelle d’un jour, de deux jours ou de trois jours. Merci de votre attention.

SBdlC : Merci M. Sémelfort. Maintenant, M. Abel Nazaire va prendre la parole. Il s’agit du coordonnateur du secrétariat permanent de gestion des risques et désastres.

INTERVENTION DE MONSIEUR ABEL NAZAIRE (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
Bonjour tout le monde. C’est une occasion pour nous aujourd’hui de venir visiter le comité départemental de gestion des risques et désastres et particulièrement de rencontrer nos collègues du département du Sud qui travaillent dans les centres d’opérations d’urgence.
Les centres d’opération d’urgence sont des instances du système national de gestion des risques et désastres (SNGRD) qui sont activés en situation de désastres. Nous venons de vivre avec le passage du cyclone Fay, une situation où nous avons activé au niveau central le centre d’opérations d’urgence national en même temps que celui de la zone menacée, et nous venons analyser, avec nos collègues du département du Sud, comment les choses ont eu lieu parce que nous sommes touchés qu’il y ait déjà huit morts enregistrés suite au passage du cyclone. Nous venons donc voir avec eux, comme vient de dire la directrice de la protection civile Madame Jean Baptiste, comment on peut réviser le système d’alerte, comment on peut l’adapter en vue de mieux atteindre la population de façon à éviter à l’avenir les pertes en vies humaines. Car notre objectif au niveau des centres d’opérations d’urgence, c’est de faire en sorte, particulièrement dans la chaine d’alerte, que l’information aille trouver la population afin que les pertes en vie humaine diminuent considérablement.
En ce sens, nous devrons dialoguer avec nos collègues et voir comment améliorer les choses. Je rappelle que normalement tout centre d’opération d’urgence a ce qu’on appelle un caractère inter-institutionnel. Renand Vallières, le coordonateur du comité technique, vient de le dire. Tous les  directeurs départementaux de chaque ministère représentés dans le département font partie du centre d’opération d’urgence. En ce sens, notre collègue, l’ingénieur Anoual Rocher, du ministère de Travaux publics, était supposé faire le déplacement avec nous. Mais malheureusement il n’est pas venu, empêché par suite d’une poussée de tension artérielle. Je pense qu’il se rétablira très vite.
C’était une façon d’expliquer qu’au niveau des centres d’urgence, il y a la participation de chaque secteur, tous interdépendemment. C'est-à-dire chaque secteur, dans son domaine de compétences, agit pour porter son appui sur une coordination faite par la délégation.
Je voudrais en ce sens remercier le représentant de l’OPS/OMS qui a permis que les aménagements aient lieu au niveau du centre d’opérations d’urgence du Sud. Nous pensons que c’est un bon appui et nous éperons qu’ils avanceront avec nous.
Nous en profitons aussi pour remercier les collègues de la MINUSTAH qui toujours, appuient le centre d’opérations d’urgence national et les autres centres d’opérations d’urgence départementaux, que ce soit au niveau logistique à travers des missions héliportées ou autre. Ils n’hésitent jamais de mettre des moyens à notre disposition afin que puissions effectuer le travail au niveau de la gestion des risques et désastres. Je pense que je peux m’arrêter là pour le moment. Nous apprécions les travaux déjà réalisés mais nous continuerons d’avancer parce que l’objectif du système  est zéro mort en cas de catastrophe. Merci beaucoup.

SBdlC : Merci M. Nazaire. Je vais céder la parole au Dr Olivier Kleitz qui est justement le responsable du projet « Préparations et réponses aux urgences et désastres » pour l’OPS/OMS

INTERVENTION DU DR OLIVIER KLEITZ
Bonjour chers collègues. Pourquoi l’intervention de la Santé dans ce domaine ? Parce qu’un désastre, ce sont des alertes à gérer, ce sont des dégâts à évaluer, ce sont aussi des survivants dont il va falloir s’occuper, c’est-à-dire, qu’il faut les acheminer vers les hôpitaux. Donc il faut un personnel adapté avec des moyens adaptés. C’est aussi des populations de réfugiés qui, même s’ils ne sont pas blessés, ont besoin d’avoir un accès aux soins garantis et, sur le plus long terme d’avoir la certitude que les structures de santé et le personnel qui ont été endommagées, retrouvent rapidement un niveau de fonctionnalité suffisante. Donc, c’est parce que cette santé est un élément important dans la gestion des désastres que l’OMS (l’Organisation mondiale de la Santé), avec le financement de la coopération canadienne, soutient depuis plusieurs années maintenant le ministère de la Santé publique, afin qu’il puisse s’intégrer et contribuer au niveau de la santé au système national de gestions des risques et désastres. De manière très concrète, je vais laisser la place deux minutes au coordonnateur de l’OMS pour le département du Sud, le Dr Floréal, qui va vous dire en Créole ce que cela peut signifier concrètement.

INTERVENTION DU DR STEPHANIE FLOREAL (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
Bonjour, je suis le Dr Stéphanie Floréal, la coordonatrice du projet « Aide pour le département du Sud ». Notre travail à l’OMS/OPS dans le département, en ce qui concerne la prévention, consiste pour cette saison à visiter toutes les institutions sanitaires dans la région, à dresser un état des lieux et à faire des suggestions. C’est un travail que nous faisons en appui à la Direction sanitaire du Sud. Lorsqu’il y a un désastre sur le plan naturel ou humain, nous assurons la coordination de concert avec les autres partenaires. Un exemple concret : lors de l’accident du 28 juillet dernier à St Louis du Sud, c’était l’OPS/OMS, le PNUD, la Protection civile avec l’appui de la MINUSTAH, qui ont assuré ensemble la coordination des actions pour une bonne gestion des suites de l’accident. Au niveau de l’OPS/OMS, nous mettons beaucoup l’accent sur la prévention.
Nous allons poursuivre notre travail en matière d’alerte aux tempêtes et aux cyclones, de concert avec le ministère de la Santé publique et la Direction de la Protection civile, avec le support de la MINUSTAH dans le cadre de la gestion des risques et désastres.
C’est cela concrètement notre rôle dans le département du Sud. Merci

SBdlC : Merci Dr Floréal. Nous allons terminer avec Erdem Ergin qui est le conseiller technique principal a en charge pour le PNUD du programme d’appui au développement du Système national de gestion des risques et désastres.

INTERVENTION DE ERDEM ERGIN
Bonjour a tous, Bonjour chers collègues. Durant les différentes interventions qui ont précédé, nous avons entendu en effet que le sud est un département très vulnérable c’est dire qu’il y a des aléas hydrométéorologiques qui visitent  souvent le Sud, il y a donc un impact et bien sur il y a des efforts de préparation et de réponse.
Madame Jean Baptiste a parlé des axes essentiels dans la stratégie de préparation qui constituent vraiment les piliers sur lesquels tous les départements, sans exception, travaillent et pour lesquels le niveau central travaille aussi. Je vais vous parler essentiellement de l’appui du PNUD dans ces efforts de préparation et de réponses.
Le PNUD a un mandat qui est très simple : c’est le renforcement institutionnel des autorités locales pour une meilleure gestion des risques et des désastres. Et en ce sens nous avons une coopération continue en appui du système national depuis 1999. Plus précisément sur le département des Cayes et sur d’autres départements nous sommes présents depuis 2004 pour appuyer les autorités locales à mener à bien les activités de préparation et de réponse.
Qu’est ce que cela veut dire : concrètement, nous appuyons le développement ou l’élaboration des plans de réponse. C’est-à-dire, comment est-ce que les autorités avec la contribution avec des partenaires internationaux travaillent ensemble  pour la gestion des urgences. Nous faisons des fois des activités pilotes, c’est-à –dire des activités sur lesquelles nous essayons de trouver d’autres partenaires qui peuvent continuer l’aventure et qui peuvent continuer à appuyer le système national.

 Pour donner quelques exemples sur Camp-Perrin qui est une commune du département du sud nous avions élaboré avec le Centre national d’information géo spatial la première carte de risque et d’inondation. Cette carte a servi à cette commune de mieux élaborer son plan d’évacuation lors des inondations. Une autre  activité pilote a été  de pré-positionner par exemple des stocks d’urgences au nom de la protection civile et des comités départementaux afin d’avoir une réponse beaucoup plus rapide car la réponse comme vous le savez est beaucoup plus rapide quand elle part du niveau local plutôt que si on attend le renforcement du niveau central de Port-au-Prince.

Durant la préparation, nous accompagnons aussi les efforts de sensibilisation de la population. Dans cette salle sur les murs vous pouvez voir différents posters comportant des messages de sensibilisation. Je vous conseille de les filmer pour les montrer à vos téléspectateurs. Depuis quelques années le message est le même : renforcer les réflexes de la population pour l’alerte et l’évacuation.  C’est très important et nous avons vu des résultats très positif en 2007, lors de la dernière saison cyclonique, nous avons vu l’évacuation de près de 33 mille personnes. C’est un chiffre impressionnant et c’est la première fois qu’on a un chiffre si élevé en terme d’évacuation. C’est le fruit des efforts conjoints de sensibilisation

Maintenant que la préparation est finie, une fois qu’on est face à un désastre qu’est-c e que nous pouvons faire ? Il nous faut travailler dans l’urgence. Dans l’urgence nous venons encore en appui aux autorités locales pour la coordination des opérations surtout avec la coopération internationale car comme vous le savez, en Haïti, il y a une forte présence d’ONG et du système des Nations Unies avec entre autres la MINUSTAH et les Agences. Dont le PNUD et OCHA qui contribuent aussi à la coordination des différentes interventions et à la gestion de l’Information lors des désastres.    

Je voudrais terminer mes propos en disant qu’au-delà de la préparation et  de la réponse Il y a un autre aspect que nous devrions prendre en compte. Il a été soulevé dans toutes les interventions faites avant moi. C’est l’aspect de la prévention. Les désastres, au-delà des pertes en vies humaines, au-delà des blessés que cela occasionnent, ont un impact incroyable sur le processus de développement que les différentes autorités essaient de mettre en œuvre et particulièrement en Haïti. Je vous rappellerais « Jeanne » qui était une simple tempête tropicale, ce n’était même pas un Ouragan de force 3, 4 ou 5 et pourtant cela a causé quand même une perte de vie de 3000 personnes et cela a occasionné des pertes économiques de 265 millions pour Haïti, ce qui correspond à  7 % du produit intérieur brut (PIB). Cela a donc un impact très important sur le développement d’Haïti puisque cela équivaut à amener à zéro toutes les efforts qui ont été faites en une année en Haïti. Et cela je le répète a été causé par une simple tempête tropicale.
Alors, en effet, il y a des efforts en cours, des efforts énormes qui sont faits par la protection civile et par les  différents comités départementaux de gestion des risques et des désastres pour la préparation et la réponse, mais pour la prévention nous avons besoin de travailler tous ensemble. Que ce soit le secteur privé, que ce soit chaque membre de la population, que ce soit les autorités haïtiennes, il nous revient à tous de faire de notre mieux pour éviter que les désastres n’adviennent et quand ils adviennent de faire le maximum pour réduire les pertes en vie humaine, les blessés et les familles affectées.  C’est un travail continu qui nous attend.  Et c’est un travail qui attend la participation de tous. Le PNUD est là aussi en appui au système national pour continuer dans cette direction et pour la préparation à la réponse.

SBdlC : Merci Erdem Ergin. Vous l’avez dit, c’est vraiment un partenariat. C’est tous ensemble que nous pouvons lutter contre les risques et les désastres. Bien sûr, la MINUSTAH apporte son appui aussi au système national et à la coordination départementale lorsque c’est nécessaire. Nous avons dans cette salle des représentants du contingent uruguayen, des représentants de la UNPOL et nous avons aussi avec nous Pascale le François qui est la responsable régionale de la section de coordination humanitaire qui coordonne avec l’ensemble du système national mais aussi avec le système des Nations Unies l’apport qui peut être donné. Nous sommes tous là aujourd’hui comme nous sommes là ensemble sur le terrain. Et nous allons vous laisser la parole pour le temps des questions.


QUESTIONS / REPONSES

1-Question Inaudible
SBdlC : Comme l’a dit notre collègue du ministère de l’Agriculture, effectivement, la FAO apporte chaque année aussi un appui avec des semences et des engrais pour aider les agriculteurs qui ont subi des dégâts lors de passage de cyclones.

2-Question Inaudible
Abel Nazaire : Je suis bien content de constater que vous n’êtes pas seulement intéressés par votre département mais par tout le pays. Dans le système, nous donnons beaucoup d’importance à la question d’alerte pour porter la population à développer ce réflexe de protection en perspective de l’imminence d’une catastrophe naturelle. En ce sens, à Fonds-Verrettes notamment et avec l’appui de nos partenaires internationaux, nous avons monté un système de protection civile et nous avons également  mis en place un abri avec l’appui de la Banque mondiale et du PNUD. Cela permettra à la population non seulement de bien réagir mais aussi de réagir à temps aux alertes afin de s’abriter avant que la rivière ne se mette en crue. Toujours à Fons-Verrettes et avec l’appui du PNUD, dans le cadre de ce même projet, nous avons mis en place des stations hydrométéorologiques qui nous permettent de nous faire une idée précise de la pluviométrie, c’est-à-dire, de la quantité de pluie qui tombe à chaque averse afin de tenir la population informée au sujet des périodes dangereuses. Au niveau de l’Artibonite, Mme Jean-Baptiste va vous donner également quelques renseignements.

Alta Jean-Baptiste : Lors de mon intervention, j’avais attiré votre attention sur le volet réhabilitation. Je vous avais dit que cette année, beaucoup plus que les années passées, nous allons faire de notre mieux pour mettre en place une structure capable de prendre en charge les activités de réhabilitation sous l’obédience du ministère de la Planification qui, dans le cadre du plan national d’intervention de la République d’Haïti, est chargé de coordonner les activités de réhabilitation. Autrement dit, si des structures étaient déjà en place auparavant, des projets auraient été soumis rapidement auprès du gouvernement, auprès des bailleurs afin de mobiliser des ressources en vue de la réalisation des actions de réhabilitation dans les cas que vous venez de mentionner. La phase de reconstruction ou de réhabilitation est toujours plus longue que la phase d’urgence suite à un désastre. C’est par exemple le cas de Fonds-Verrettes où la phase de reconstruction est toujours d’actualité des années après la catastrophe. Nous travaillons donc à la structuration de la phase de réhabilitation au niveau du système national. Cela ne veut pas dire que rien n’est fait à ce niveau concernant les désastres passés. Avec le PNUD et le PAM, des projets ont été réalisés en ce sens, notamment aux Gonaïves, même si vous ne les voyez peut-être pas. C’est que leurs impacts ne sont visibles que sur le long terme.

Erdem Ergin : Une précision concernant Fonds-Verrettes et Gonaïves. Il est vrai qu’en 2004 Haïti a vécu deux drames pas très éloignés l’un de l’autre. Des actions ont été entreprises. Une de ces actions concernait justement Fonds-Verrettes. Comme cela a été mentionné, cela concernait la mise en place d’un système d’alerte qui puisse permettre à la population d’évacuer rapidement. Car il faut aussi toujours prendre en compte les spécificités de la région. Fonds-Verrettes produit des inondations très rapides et il n’était pas forcément possible d’envoyer des messages d’alerte très rapidement. C’est pourquoi il y a eu des stations placées sur les mornes de Fonds-Verrettes justement pour permettre à la population locale de réagir avec rapidité. Est-ce que quand on installe un système, on a la garantie d’un résultat ? Pas forcément. C’est pour cela qu’à Fonds-Verrettes nous avons fait par la suite un exercice de simulation qui visait spécifiquement à mesurer la capacité des comités mis en place à évacuer la population. On a été très content de voir que dans des délais très raisonnables, dans les 20 minutes après l’alerte, ils ont réussi à évacuer plus de 600 personnes. Ainsi c’est toute la population qui était vraiment au bord de la rivière, qui est la partie la plus vulnérable, qui réussissait à évacuer. La population avait été sensibilisée. Elle a réussi à évacuer avec tous ces effets personnels et ils connaissaient bien l’endroit du refuge et les routes d’évacuation. Cela a été un succès. Nous espérons donc que dans le futur, un tel drame ne pourra pas se reproduire sur Fonds-Verrettes.

Sur Gonaïves, la situation est un peu plus compliquée puisque c’est la ville entière qui est vulnérable. C’est toute la ville qui a un problème d’évacuation de l’eau. De nouveau, comme cela a été mentionné, il y a une activité de réhabilitation qui est en partenariat entre le PNUD, le Programme alimentaire Mondial (PAM) et le Bureau International du Travail (BIT) pour justement la réhabilitation du morne Biennac. Nos activités sont plus colossales, en termes physiques aussi, car il faut s’attaquer directement au morne qui est la raison primaire de l’inondation, afin de réhabiliter ce morne. Comme vous savez, en Haïti, un des grands problèmes est la déforestation et quand il n’y a plus d’arbres, quand il n’y a plus de couverture végétale, il n’y a pas grand chose pour retenir la terre qui descend donc quand il y a la pluie. Et ce projet de réhabilitation du morne Biennac vise la réhabilitation des pentes qui sont les plus fortes afin d’éviter que l’eau ne déferle plus rapidement quand il y a de la pluie. C’est une des activités de la réhabilitation. D’autres partenaires, que ce soit la Banque Mondiale ou d’autres partenaires du système des Nations Unies ont aussi eu des activités de réhabilitation suite à ces désastres. Sur Gonaïves comme sur Fonds-Verrettes, nous avons aussi fait un exercice de simulation après 2004 et nous avons une meilleure capacité de réponse. Ce qui nous permet de croire ou bien d’espérer que nous n’aurons pas à revivre de tels drames dans le futur.

3-Question Inaudible
Alta Jean-Baptiste : Dans la stratégie mise en place pour la saison cyclonique, c’était l’un des éléments pris en compte et c’était l’aspect politique de la question. Mais je dois rappeler que la Direction de la protection civile est une direction au sein du Ministère de l’Intérieur. Ce n’est pas une Direction générale, c’est-à-dire que nous dépendons du Ministre et du Directeur général. Nous sommes quand même le bras exécutif du système, nous devons être à même de pouvoir répondre à la responsabilité qui nous est dévolue même quand nous sommes dans le contexte d’un gouvernement qui liquide les affaires courantes. Le ministre est supposé donner des orientations et assurer la coordination. Nous fonctionnons aussi en système avec toutes les directions régionales et avec l’appui de nos partenaires. La situation politique actuelle n’affecte pas le système qui continue à fonctionner normalement. Dès qu’il s’agit de protéger des vies et des biens, la question de gouvernement démissionnaire passe au second plan pour permettre à tout le monde de mettre la main à la pâte. Tous les ministères, en cas d’urgence, doivent envoyer leurs représentants en vue de collaborer à l’urgence, ni au niveau central, ni au niveau régional. C’est une obligation que la loi fait aux institutions de l’Etat et aux ONG de prêter main forte quand il y a catastrophes naturelles.

SBdlC : Merci à tous et à toutes, Merci M, le délégué départemental du Sud, merci chers collègues journalistes, merci Mme Jean-Baptiste d’avoir été avec nous, merci à tous.


FIN