En présence d’une quarantaine de participants, notamment des journalistes et des organisations travaillant dans le domaine de la santé, s’est tenue, le 11 juillet dernier, une conférence-débat sur les maladies cardiovasculaires et les stratégies de prévention et de contrôle à adopter. L’activité, portant sur l’une des principales causes de décès en Haïti, a été animée par deux médecins généralistes de l’hôpital Ste Thérèse de Miragoane (au sud d’Haïti) et s’est déroulée au centre Multimédia de la ville.
Passant en revue les différents types de maladies cardiovasculaires, Dr. Ancy Blaima, Directeur de la Croix Rouge de Miragoane, les a définies comme celles affectant notamment le cœur et les vaisseaux sanguins. Il les a en outre classées en deux catégories : les pathologies cardiaques et les pathologies vasculaires.
Pour le premier groupe, il a établi la distinction entre l’infarctus du myocarde et l’insuffisance cardiaque. « L’infarctus se manifeste par l’incapacité de l’artère coronaire à apporter du sang au cœur en raison de son obstruction par des dépôts de graisse (artériosclérose). Si la douleur ressentie survient lors d’un effort puis disparait, il s’agit d’une angine de poitrine. S’il s’agit plutôt d’un dépérissement de l’organe circulatoire et des douleurs persistantes, on est en présence d’un infarctus proprement dit », renseigne-t-il.
Selon Dr. Blaima, les pathologies vasculaires comprennent de leur coté l’hypertension artérielle (HTA), les artérites des membres inférieurs et les phlébites. L’hypertension artérielle se traduit par une augmentation de la pression dans les artères à un niveau au-dessus de la normale, qui est de 120 / 80 mm. « Bien que la normale peut varier d’une personne à l’autre, le niveau maximal admis est de 140/90 mm et à ce stade, il peut en découler du vertige, de la douleur à la nuque, du saignement de nez et au pire un accident cérébro-vasculaire (ACV) », a-t-il précisé. Pour lui, ce genre d’accidents a souvent comme conséquence la paralysie de certains membres et perte de connaissance.
Par ailleurs, le docteur Lolo Franzecy a axé son intervention sur les différents niveaux de prévention qu’il a classés en primaire, secondaire et tertiaire. Au niveau primaire, il faut éviter de fumer et réduire la consommation d’alcool, de graisses animales et des aliments hyper sodés (salés). « Il est important de remonter son arbre généalogique pour savoir si on n’est pas prédisposé à l’une ou l’autre de ces maladies, généralement héréditaires. Ensuite, il faut prendre les précautions qui s’imposent » a-t-il par ailleurs fait remarquer.
Au niveau secondaire, il est prudent d’effectuer des visites médicales et de faire des exercices physiques de façon régulière. Au niveau tertiaire, par contre, la maladie s’est déjà installée de façon chronique. « Le plus souvent, les patients arrivent à l’hôpital à ce stade. Tout ce qu’on peut faire, c’est de les aider à gérer la maladie qui n’est plus curable mais plutôt irréversible », expliquait Dr Lolo.
La journée s’est clôturée avec la projection d’un documentaire présentant le directeur de l’hôpital Saint Thérèse, Jacques Laroche, parlant sur le programme d’accouchement gratuit institué par le Ministère de la Sante Publique. Une partie du documentaire était dédiée à la Croix Rouge Haïtienne et présentait des responsables de cette institution discutant de l’importance de donner du sang en vue de sauver des vies.