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Planification familiale : un droit difficile à transformer en réalité
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MINUSTAH.ORG Bureau de l'Information Publique
Publié le 07/15/2008
 



 « La planification familiale : c’est un droit, faisons en une réalité » est le thème sous lequel a été commémorée cette année, la journée mondiale de la population, célébrée...


15 juillet 2008

 « La planification familiale : c’est un droit, faisons en une réalité » est le thème sous lequel a été commémorée cette année, la journée mondiale de la population, célébrée généralement le 11 juillet. En Haïti, plusieurs obstacles se dressent contre le respect de ce droit, alors que le pays a du mal à faire face  aux besoins d’une population croissante.

« J’ai deux filles, une âgée de 14 ans et la dernière de 4 ans. Je ne veux pas avoir d’autres enfants car je n’ai pas les moyens d’élever plus d’enfants comme je l’aurais voulu», déclare Irvine à la clinique où elle est venue, ce 14 juillet, renouveler sa méthode de contraception. En effet, elle fait de la planification familiale depuis tantôt quatre ans. Ce choix, elle l’a fait conjointement avec le père de sa deuxième fille, avec lequel elle vit depuis 11 ans.

Et aujourd’hui, Irvine va opter pour l’injection intramusculaire, laissant ainsi la pilule. « C’est trop risqué car il m’arrive souvent d’oublier de prendre mes pilules. Avec la piqûre, je n’aurai plus d’inquiétude », poursuit-elle.

Irvine a surtout le privilège de faire partie de cette minorité de femmes haïtiennes qui ont la possibilité de choisir le nombre d’enfants qu’elles désirent. En effet, une publication du Réseau National en Population et Développement (RNPD) a révélé que « pour l’ensemble des femmes d’âge fertile, 47% des naissances n’étaient pas souhaitées ou voulues au moment où elles sont arrivées ».

En outre, selon la dernière Enquête sur la Mortalité, la Morbidité et l’Utilisation des Services (EMMUS IV), les femmes haïtiennes ont plus d’enfants qu’elles ne souhaitent en avoir. Le nombre moyen d’enfants par femme est de quatre tandis qu’en moyenne, elles souhaitent en avoir trois.

Par ailleurs, si selon cette enquête, 99% des femmes sont au courant des méthodes de contraception modernes, la pratique de la contraception demeure faible. Parmi les femmes en couple, la prévalence d’utilisation des méthodes contraceptives, toutes tendances confondues, est seulement de 25%.

Aussi, Haïti a-t-elle le taux de fécondité le plus élevé de la l’Amérique  Latine et des Caraïbes. Ce taux de fécondité dépasse largement la moyenne régionale située à 2,6 enfants par femme. 

L'un des principaux facteurs expliquant cette faible prévalence ainsi que cet écart entre la fécondité désirée et la fécondité réelle des femmes haïtiennes est le manque d’accès aux méthodes contraceptives modernes. En effet, la situation de pauvreté extrême dans laquelle vit la majorité des femmes du pays rend difficile l’accès aux services et aux soins de santé sexuels et reproductifs. Si l’on en croit les résultats d’EMMUS-IV, le coût des services de santé est la principale cause déclarée par les femmes pour justifier le non recours à ces services. 

En outre, les méthodes contraceptives modernes ne sont pas toujours disponibles. Selon le directeur général du Ministère de la Santé Publique et de la Population, Gabriel Thimothée, « Haïti fait face à un sérieux problème de disponibilité de contraceptifs oraux, injectables ou d’implants ».
 
Autre paramètre rendant délicate la planification familiale en Haïti est la déficience des services publics de santé. « Il ne s’agit pas de donner les contraceptifs, ce type de service exige un accompagnement en fonction du profil du client », explique Danièle Magloire militante féministe. De même, les rapports de genre existant dans la société haïtienne rendent difficile le consensus nécessaire entre l’homme et la femme pour une planification conjointe des naissances au sein des couples.

Pour certains observateurs, la priorité accordée à la lutte contre l’épidémie du sida, ces dernières années, a en quelque sorte fait reculer les programmes de planification familiale. « Actuellement, le grand problème est le manque d’intégration de la planification familiale au programme de VIH/SIDA. La lutte trop verticale contre le sida a fait que beaucoup d’institutions ont abandonné les programmes de planification », a indiqué le docteur Fritz Moise, directeur de la Fondation pour la Santé Reproductrice et l’Éducation Familiale FOSREF.

Les autorités publiques et les partenaires internationaux entendent donner un nouveau souffle à la planification familiale en Haïti. En 2006, dans le cadre de la réforme du secteur sanitaire en Haïti, le Gouvernement a décidé d’élaborer une stratégie de repositionnement de la planification familiale dans ce secteur.

Des partenaires étrangers, comme le Fonds des Nations Unies pour le Développement (FNUAP), apportent leur soutien aux autorités étatiques dans le domaine de la planification familiale.  En plus de son soutien habituel, cette année, l’aide du FNUAP au Gouvernement haïtien se traduit par l’achat de méthodes de contraceptions modernes correspondant à 60% des besoins de la population.


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