La construction récente d’un kiosque à eau, assorti de douches et d’une buanderie publique, dans le quartier de La Saline, près de Bel-air, facilite le quotidien des habitants dudit quartier. Il s’agit d’une initiative de l’ONG brésilienne Viva Rio financée par la MINUSTAH dans le cadre de ses projets à impact rapide (QIP).


Un va et vient incessant s’observait ce 9 juillet au niveau du kiosque à eau récemment inauguré dans le quartier populaire de La Saline. Des adultes, des jeunes et des enfants munis de seaux s’activaient pour faire le plein, question de satisfaire les besoins domestiques.
D’une capacité de 3.000 gallons, ce kiosque est construit par l’ONG Viva Rio. Son financement est assuré par la MINUSTAH à hauteur de 15.000 dollars américains. L’initiative est d’autant plus appréciée qu’il permet aux consommateurs de s’approvisionner en eau à moindre coût.
« Auparavant, le seau de 5 gallons se vendait jusqu’à 7 gourdes, maintenant, dans le kiosque, nous l’achetons à 2 gourdes. Cette baisse des prix me permet d’économiser car avec mes sept gourdes, je peux désormais acheter de l’eau ainsi que du savon pour faire la lessive », s’est réjoui Johanne dans la file d’attente.
La construction de ce kiosque permet aussi d’accroitre la disponibilité en eau potable de la zone. Le système public d’approvisionnement étant par ailleurs défaillant, il ne parvient pas à couvrir l’ensemble de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
En effet, selon une étude de l’ONG Viva Rio menée dans la zone de Bel-air et dans les quartiers limitrophes, dont La Saline, Solino et Fort Touron, 52% des quelque 80.000 habitants consomment « moins de 15 litres d’eau par jour ». Et ceci inclut l’eau pour les taches domestiques comme la lessive, la cuisine etc. « C’est le niveau de consommation le plus bas de la région Caraïbe », s’étonne Daniela Bercovitch, Directrice adjointe de Viva Rio.
Le kiosque de La Saline est alimenté une fois par jour par un camion citerne prêté par la mairie de Port-au-Prince en attendant que Viva Rio dispose de son propre camion. A l’avenir, l’ONG prévoit de l’alimenter trois fois par jour vu l’ampleur de la demande locale.
La gestion du kiosque est assurée par un comité de 5 membres issus du quartier. A la tête du comité, Jean Eric Dor, un natif de la zone, plus connu sous le nom de Fanfan. Selon ce dernier, « à chaque membre du comité est assignée une tache spécifique qui va de la collecte de l’argent de chaque compartiment du kiosque à l’entretien de l’espace ».
Quant à Fanfan, il en assure la coordination. « L’argent recueilli dans la journée, nous le divisons, comme convenu, en deux parties. Une part est remise aux responsables de Viva Rio et nous partageons le reste entre nous, membres du comité », dit-il. Et ce montant qui leur revient constitue leur unique rémunération.
« C’est essentiel pour nous que le projet génère les fonds nécessaire à sa propre survie, et c’est important que la population s’implique bénévolement dans la gestion de ce qui leur appartient », soutient Léonard Jean superviseur des kiosques pour Viva Rio. « ce n’est pas un salaire que nous donnons aux membres du comité de gestion mais juste une petite compensation », poursuit-il.
Viva Rio projette de construire six nouveaux réservoirs publics d’ici à la fin de 2008, un d’entre eux est déjà financé par la MINUSTAH, a assuré Daniela Bercovitch.
Outre La Saline, l’ONG brésilienne a construit un autre réservoir au niveau de Fort Touron. Les deux nouveaux réservoirs amènent à six le nombre de kiosques à eau actuellement en fonction dans la zone de Bel-air. Ils s’ajoutent aux quatre kiosques construits par la Centrale Autonome d’Eau Potable (CAMEP), le service public d’eau potable.
Parallèlement, Viva Rio apporte un appui à la CAMEP en réparant des conduites d’adduction d’eau potable dans la zone métropolitaine.
Viva Rio a déjà construit 9 systèmes de captage et de réservoirs d’eau de pluie dans des écoles et des églises de la zone de Bel-air. Selon la directrice adjointe de Viva Rio, ces réservoirs sont assortis d’un dispositif de traitement de l’eau de pluie en eau potable. Ces initiatives sont supportées par des fonds du gouvernement norvégien et canadien.