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Notes de point de presse du jeudi 5 juin 2008
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MINUSTAH.ORG Bureau de l'Information Publique
Publié le 06/30/2008
 

Point de presse de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animé par Sophie Boutaud de la Combe, Porte-parole de la Mission et adjointe du Chef du Bureau de la Communication et de l’Information publique, en compagnie de Joël Boutroue, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies en Haïti et Chef du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de Hervé Volcy, Directeur Adjoint de la Défense Sociale de L’IBERS et de Claude Mane Das, Administrateur du  Programme Protection de l’UNICEF et enfin de Fred Blaise, chargé de communication de la UNPOL.


Transcription

Points de Presse

Point de presse de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animé par Sophie Boutaud de la Combe, Porte-parole de la Mission et adjointe du Chef du Bureau de la Communication et de l’Information publique, en compagnie de Joël Boutroue, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies en Haïti et Chef du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de Hervé Volcy, Directeur Adjoint de la Défense Sociale de L’IBERS et de Claude Mane Das, Administrateur du  Programme Protection de l’UNICEF et enfin de Fred Blaise, chargé de communication de la UNPOL.

Bonjour,

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce point de presse exceptionnel. Aujourd’hui, 5 juin, marque la Journée internationale de l’environnement. A cette occasion, nous avons le plaisir de recevoir Monsieur Joël Boutroue, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies en Haïti et Chef du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui interviendra en première partie. Puis nous aurons en deuxième partie, l’intervention de Monsieur Hervé Volcy, Directeur adjoint de la Défense Sociale de L’IBERS (Institut du Bien-Etre Social) et de Monsieur Claude Mane Das, Administrateur du  Programme Protection de l’UNICEF.
 
Sans transition, je cède la parole à Monsieur Boutroue qui va nous donner lecture du message officiel du SG des Nations Unies, M. Ban ki-moon, avant de développer les mesures engagées par le système des Nations Unies pour la protection de l’environnement en Haïti.

INTERVENTION DE JOËL BOUTROUE
Merci.  Une petite précision, j’ai choisi de ne pas lire le discours du Secrétaire général des Nations Unies parce que je pense qu’il a été ou qu’il va être distribué. Je préférerais parler de choses qui vous touchent et qui touchent Haïti directement. Effectivement, ces journées mondiales ou internationales sont intéressantes à bien des égards. D’une part ce sont souvent des journées de célébration parfois je dirais de commémoration. Dans le cadre d’Haïti c’est plutôt malheureusement une journée de commémoration quand on connaît l’état relativement catastrophique de l’environnement en Haïti. Cela dit, je crois aussi que ces journées mondiales ont pour but de remettre sur la table, sur l’agenda non seulement du gouvernement de l’Etat haïtien mais aussi de la société civile, des medias ce genre de grand thème, genre le thème de l’environnement. C’est le but des quelques mots que je veux donner aujourd’hui.

Je n’ai pas besoin de vous rappeler encore une fois l’état de l’environnement en Haïti avec même pas 2% de couverture forestière, avec un taux de déboisement qui continue et qui ne va pas durer éternellement vu qu’il n’y a plus d’arbres qui restent en Haïti alors même que la crise socio économique risque encore plus d’accélérer la coupe du bois étant donné que c’est souvent la seule façon pour beaucoup d’Haïtiens de survivre. La situation s’est aggravée par le fait que la grande majorité des Haïtiens se servent de charbon de bois comme combustible. Il n’y a pas d’autre alternative souvent pour les Haïtiens. En plus, l’Etat haïtien n’a pas la capacité de réglementer ou de gérer ce qui doit être fait, non seulement pour protéger le peu de forets ou de couverture forestière qui reste, mais également d’essayer de renverser la vapeur pour avoir une stratégie à moyen et à long terme qui ait un impact sur Haïti.

Ces stratégies n’auront pas d’impact immédiat. Cela dit, il y a des efforts qui sont faits par les Nations Unies mais aussi par le gouvernement sortant et nous avions à cet égard fait un plaidoyer très fort vis à vis du gouvernement. Le gouvernement sortant, comme vous le savez, le Premier ministre Alexis en particulier, avait déclaré par exemple que le réaménagement des bassins versants était une priorité nationale. Je souhaite simplement  que cette priorité nationale continue à l’être pour le nouveau gouvernement qui viendra  au pouvoir. A cet égard, les Nations Unies ont beaucoup travaillé avec le gouvernement et avec d’autres partenaires internationaux et nationaux pour renforcer le programme actuel. Il n’y en a pas assez. Il y a des bassins versants mais ils ne sont pas encore suffisamment structurés, encadrés dans une stratégie nationale. Cela reste encore à faire.

Si je peux prendre l’exemple des Nations Unies ne serait-ce qu’au niveau des Gonaïves, il y a déjà des programmes de bassins versants de plusieurs millions de dollars et cet effort va être renforcé, au niveau des Gonaïves pour commencer, mais aussi ailleurs grâce à d’autres partenaires. Pour la ville des Gonaïves, nous avons aussi décidé de tripler le nombre de personnes et donc la taille du projet : nous sommes passés de sept mille personnes à plus de vingt mille. Pour vous rendre compte de l’urgence de la protection aux Gonaïves non seulement il convient de protéger l’habitat urbain mais aussi l’habitat physique et l’agriculture. Cela ne va pas se faire du jour au lendemain. C’est une activité sur plusieurs années mais je pense que les efforts commenceront à se faire sentir dans les mois qui viennent.

Je me permets d’insister sur l’aménagement des bassins versants à plusieurs titres. Comme vous le savez, d’une part nous sommes entrés depuis le 1er juin dans la saison cyclonique et, comme nous l’avons vu tragiquement à Cabaret l’année dernière, la moindre pluie (même une pluie de quelques jours) peut avoir des conséquences désastreuses. Nous avons eu plus de vingt morts à Cabaret. Tout ca à cause d’une pluie qui a tout emporté sur son passage. L’aménagement des bassins versants est donc très important si l’on veut réduire les effets néfastes des cyclones. D’autre part, il a un effet bénéfique sur l’agriculture parce que, non seulement il protège les plaines, mais il permet aussi, à travers les murs les terrassements, d’entreprendre un certain nombre d’activités agricoles ou de reboisement sur les terrassements faits au niveau des bassins versants. Troisièmement, ces activités d’aménagement des bassins versants ont un impact considérable parce que ce sont des activités à haute intensité de main d’œuvre qui donnent du travail à des milliers d’haïtiens.

C’est pour ces trois raisons : réduction de désastres naturels, protection de l’agriculture et activités à haute intensité de main d’œuvre, que j’ai passé un mois auprès du gouvernement sortant pour que ces activités, non seulement, soient maintenues et s’agrandissent, mais soient aussi situées dans un cadre stratégique  gouvernemental plus large. Le gouvernement sortant a identifié un certain nombre de  bassins versants prioritaires. Il lui manque les ressources financières pour mettre en œuvre les activités nécessaires. Mais je dirais qu’il y a un bon niveau de conscience au niveau de la communauté internationale sur le caractère prioritaire de ces genres d’activités.

Mon message aujourd’hui c’est effectivement que l’environnement haïtien est dans une situation relativement désastreuse. C’est aussi que des activités sont entreprises. Il en faut plus. Il faut aussi une politique solide qui prenne tout en compte, ce que j’ai dit auparavant non seulement des bassins versants, mais une politique sur les énergies alternatives pour remplacer le charbon de bois et j’espère le prochain gouvernement aura à cœur de travailler là-dessus. Ce sera j’espère une de ses priorités. Les Nations Unies serons avec le gouvernement, avec les acteurs internationaux, pour mettre le paquet sur les activités ayant trait à l’environnement. Si nous ne faisons pas cela, si on ne donne pas une priorité suffisante à l’environnement j’ai peur que beaucoup d’autres activités de développement ne soient réduites à néant, y compris d’ailleurs l’aménagement du territoire. C’est ce que je voulais vous dire aujourd’hui. Je vous remercie.

SBdlC : Pour illustrer les propos de M. Boutroue, nous allons vous présenter un petit film qui parle justement d’une initiative de ressources alternatives au charbon de bois. Initiative soutenue par le PNUD.

Présentation d’un court documentaire sur le projet de briquettes de papier […]

Intervention/démonstration des représentants de l’Institut de Gestion et de Protection de l’Environnement d’Haïti (IGPEH), fabricant de briquettes […]

SBdlC : Les briquettes papiers permettent de faire des économies pour les ménages car il faut moins de briquettes papier que de charbon pour chauffer un repas. Il est en plus possible d’utiliser un réchaud spécial amélioré qui permet de faire encore plus d’économies car il réduit le nombre de briquettes papier nécessaires pour chauffer les repas. Un kit de presse vous a été remis détaillant ces initiatives pour lesquelles nous vous invitons à effectuer la diffusion la plus largement possible.

Pour sa part la MINUSTAH se doit de faire en sorte que ses opérations et activités respectent les ressources naturelles et l'environnement d’Haïti. Nous nous efforcerons donc continuellement d’améliorer la gestion des activités ayant un impact sur l’environnement, de mettre en œuvre les meilleures pratiques sur le terrain et d’appliquer les standards nationaux et internationaux en matière environnementale. Par exemple, nous collectons les papiers usagers, les huiles, les batteries, les matériels électroniques usagés, les eaux usées et les déchets médicaux, comme vous le voyez sur ces photos. Nous plantons aussi des arbres dans nos différents sites militaires ou civils. Et nous travaillons à mettre en place un partenariat avec des associations, par exemple, des fabricants de briquettes papier pour recycler nos papiers usagers.  En résumé, nous nous attachons à : Collecter, gérer, Recycler, planter.

Avant de céder la parole à nos autres invités nous vous invitons à poser déjà vos questions relatives à cette première partie relative à l’environnement.

 

QUESTIONS / REPONSES (1ERE PARTIE)

1-Combien de briquettes de charbon peut-on obtenir avec un seau d’une contenance de 5 gallons ? Je ne pense pas qu’il soit facile de trouver de la poudre de bois, n’est-ce pas là un problème pour un fabricant de briquette ?

IGPEH : Il n’est pas difficile de trouver de la poudre de bois. Il suffit de fréquenter les endroits où travaillent les scieurs, les menuisiers et les charpentiers. D’autre part, un seau d’une contenance de 5 gallons rempli de pâte à briquettes peut fournir 50 briquettes. Ce qui demande 6 heures de travail d’affilée pour 1 personne.
SBdlC : La démonstration qui vous a été faite présentait une méthode manuelle, accessible à tous. Le petit film parle lui d’une initiative mécanisée de fabrication de briquettes papier soutenue par le PNUD au niveau du centre de tri de Carrefour-Feuilles. Ces initiatives montrent qu’il est possible en Haïti de trier les déchets pour les recycler afin qu’ils aient une deuxième vie.

2-J’aimerais savoir la capacité de production de ces fabricants de briquettes ? Ensuite comment la MINUSTAH, de concert avec le gouvernement haïtien, pourrait étendre le projet à tout le pays ?

IGPEH : Nous fabriquons ces briquettes actuellement au niveau de la commune de Croix-des-Bouquets et à sur la route de Frères pour la communauté environnante.

SBdlC : Concernant l’initiative de Carrefour-Feuilles, M. Boutroue peut vous répondre sur la capacité de production et sur les aides qui sont apportées à ce projet.

Joël Boutroue : Pour la capacité de production à Carrefour-Feuilles, le Chef de projet va vous en parler un peu plus. Cependant, pour l’extension du projet, nous sommes effectivement en recherche de financement pour des projets similaires à celui de Carrefour-Feuilles dans d’autres endroits, dans la zone métropolitaine mais aussi ailleurs. Par exemple, des personnes du Cap-Haïtien sont déjà venues à Carrefour-Feuilles. L’idée étant que dès l’arrivée des moyens de financement supplémentaires nous pourront mettre sur pied de nouveaux projets qui peuvent aider à redynamiser certains quartiers du point de vue de l’hygiène, de l’assainissement, du recyclage, du triage des déchets et de la fabrication de briquettes. A côté de cela, il y a aussi la revente des produits plastiques, du verre, du compost. Tout cela crée des emplois au niveau des centres de triage eux-mêmes, d’une part, mais aussi, d’autre part, cela fait marcher les petits business. Ce sont des gens qui, localement viennent acheter du compost ou du verre ou du plastique pour les revendre après. Donc, en plus de la fabrication de briquettes elles-mêmes, il y a cet aspect de durabilité de ce projet qui est extrêmement important. Voilà pourquoi nous voulons multiplier ces projets dans un premier temps et ensuite les laisser voler de leurs propres ailes. C’est ce qui est important pour Haïti grâce aux aspects création d’emplois, redynamisation des quartiers difficiles à travers les petites entreprises locales, assainissement, etc.

Eliana Nicolini : D’après notre expérience à Carrefour-Feuilles, il est possible de produire 450 briquettes par jour avec le concours de six travailleurs.

3- Si l’on veut que ce projet ait une ampleur nationale, pourquoi ne pas impliquer l’Etat haïtien via le ministère de l’Environnement ?

Joël Boutroue : L’Etat haïtien y est totalement impliqué. Le projet a été lancé avec la mairie de Port-au-Prince. De nombreux accords ont été signés. Il fallait que l’Etat achète le terrain à Carrefour-Feuilles, le mette à la disposition de la mairie de Port-au-Prince qui en est devenu le propriétaire.
Je dois préciser que les briquettes sont une des solutions pour diminuer le déboisement. Il y en a d’autres qui doivent venir en complément. Les briquettes présentent une avancée importante, novatrice, moins chère, avec un aspect protecteur pour l’environnement. On doit aussi penser à des activités comme le télé-environnement, l’aménagement de bassins versants, le reboisement, les panneaux solaires et j’en passe. Mais tout cela passe par une organisation des communautés. Cela ne peut pas avoir de durabilité si les communautés ne se sentent pas impliquées de A jusqu’à Z. Cela a pris pratiquement un an de travail pour que la communauté se mobilise à Carrefour-Feuille.
 
SBdlC : Si vous êtes intéressés par une visite guidée au centre de tri de Carrefour-Feuilles, vous êtes priés de mettre une croix à côté de votre nom sur la feuille d’émargement. Je remercie les frères Joël et Josué Charlemagne de l’IGPEH qui sont intervenus à ce point de presse. Ils sont aussi à votre disposition pour d’éventuelles questions ou des interviews après le point de presse. Nous passons maintenant à l’autre grand sujet de ce point de presse avec Monsieur Hervé Volcy, Directeur Adjoint de la Défense Sociale de L’IBERS qui va nous parler de l’action de cette institution à l’occasion du Jour national de l’Enfant ce dimanche 08 juin.

INTERVENTION DE HERVE VOLCY
Je ne peux pas ne pas remercier le PNUD qui a permis de trouver un débouché utile aux tonnes de déchets produites par des usines de la zone de Port-au-Prince. Comme l’a dit Madame de la Combe, nous sommes là justement à l’occasion du Jour national de l’enfant qui arrive le dimanche 8 juin 2008, consacré par la loi du 2 juin 1960. En cette occasion, l’Institut du Bien-être social et de Recherche (IBERS) a conçu plusieurs activités auxquelles la presse, la société civile, les parents et toutes les personnes qui travaillent dans la chaîne de protection de l’enfance sont invités. L’IBERS est un organe exécutif et administratif du ministère des Affaires sociales. Selon la loi organique de ce ministère, les principales missions de l’IBERS sont formulées dans un ensemble de 40 articles, du numéro 112 au numéro 152.

L’IBERS a une mission préventive, curative et promotionnelle. Il dispose de deux directions techniques : une direction de l’assistance sociale et une direction du service social sans oublier la direction administrative. Le mandat de l’IBERS consiste à répondre aux problèmes sociaux multiples et variés des couches vulnérables da la population haïtienne. Les interventions ponctuelles de l’IBERS sont confinées dans l’encadrement des orphelinats, la prise en charge des filles-mère, l’encadrement du trafic d’enfants, etc.

Les rapports de l’IBERS avec les institutions nationales et les agences de l’ONU telles la Brigade de la Protection des mineurs, l’Office de la Protection du Citoyen, le ministère à la Condition féminine, le ministère à la Jeunesse et aux Sports, le ministère de l’Education nationale, le ministère de la Santé publique, l’UNICEF, la MINUSTAH, le FNUAP, etc. sont très bons.
L’IBERS a une mission vaste et variée mais les moyens dont il dispose sont extrêmement limités. L’institut prend en charge des filles-mère, victimes parfois de leurs propres parents ou de la violence des rues.
Grâce au FNUAP, l’IBERS vient de réaliser une enquête sur les travailleurs du sexe à travers Port-au-Prince. Ce qui va nous aider à constituer une base de données sur le phénomène de la prostitution à l’échelle nationale.
Avec l’aide financière de la PADF (Panamerican devlopment Foundation), un diagnostic de l’IBERS est en train d’être réalisé en vue de son renforcement.
Comme je l’ai dit tantôt, la Journée nationale de l’Enfant, le 8 juin prochain, doit constituer un véritable déclic pour mettre la protection de l’enfance haïtienne au centre même de nos préoccupations quotidiennes et j’invite les médias ainsi que toutes les institutions travaillant en partenariat avec l’IBERS à rehausser cette journée par leur présence.

INTERVENTION DE CLAUDE MANE DAS
La loi du 2 juin fait du deuxième dimanche du mois de juin, un jour spécial pour les enfants. Les enfants sont des êtres spéciaux certes, mais cette loi demande que chaque deuxième dimanche de juin soit commémoré le jour de l’enfant. Alors, les acteurs impliqués, les ministères et les institutions qui travaillent au niveau de la protection, doivent organiser des activités centrées sur l’enfant. 

L’Unicef et l’ensemble de ses partenaires, en particulier l’IBERS et la section Child protection de la MINUSTAH, ont monté un ensemble d’activités comme par exemple, la diffusion de spots radios invitant les parents, les professeurs d’école à réfléchir aux moyens de commémorer cette journée. Nous avons aussi la sortie à cette occasion de notre rapport annuel, rapport sur la situation des enfants dans le monde. Le titre du rapport 2008 porte sur la survie de l’enfant. Ce rapport sera diffusé d’ici la semaine prochaine. De même un clip qui a été produit avec l’artiste Bélo sur les enfants « Timoun yo » va être diffusé.

Outre ces activités, on aura également une conférence-débat autour de la justice des mineurs demain à la faculté de droit.  D’autres activités commémoratives vont avoir lieu, comme l’a si bien dit le représentant de l’IBERS. L’Unicef va y participer bien sur en partenariat avec l’IBERS, le jour même de la commémoration soit le dimanche 8 juin au lycée Marie Jeanne.

L’Unicef est une institution de protection qui, travaille à la mise en œuvre de la convention relative aux droits de l’enfant. C’est une convention qui relate les différentes normes et obligations que les différents Etats signataires doivent mettre en œuvre pour garantir un environnement protecteur aux enfants. De fait, L’Unicef dispose de trois programmes à cet égard : les programmes Protection, Education et Santé.

Au niveau de la protection, nous agissons sur les différents groupes vulnérables, c’est-à-dire les enfants en situation de rue, les victimes de traite et de trafic, les enfants en domesticité, les enfants en conflits avec loi, les enfants infectés et affectés par le VIH-Sida. Nous travaillons avec l’état haïtien dans la mise en place d’un ensemble de politiques publiques et de programmes pour adresser les questions liées à la prise en charge des enfants vulnérables et à leur réinsertion dans la société.

Il y a aussi le programme Education qui adresse toutes les questions de politique publique en matière d’éducation pour tous (EPT). On a aussi un programme de partenariat avec le ministère de l’éducation nationale pour un appui aux écoles publiques, appui en équipements et en mobiliers surtout. Nous appuyons aussi les différentes écoles dans les zones vulnérables en matière d’équipements mais aussi en matériels scolaires.

Au niveau de la Santé, notre action est surtout liée à la prévention de la transmission mère-enfant du VIH-SIDA, la réduction de la mortalité infantile et les questions de vaccination.  On a pu, à travers un partenariat avec le ministère de la Santé publique, augmenter la couverture vaccinale de tout le pays et les questions de nutrition.

En fait, outre les activités pour commémorer la journée nationale de l’enfant, les programmes de l’Unicef adressent des questions beaucoup plus profondes, qu’il s’agisse de questions de protection de l’enfant, d’éducation ou de santé. Tout ceci bien entendu, pour assurer un meilleur environnement protecteur aux enfants, un environnement digne et respectueux des principes de protection. 

Comme vous le savez, le jour national de l’enfant il est principalement question de l’intérêt supérieur de l’enfant, de non discrimination, de participation, de survie et de développement. En fait, c’est une journée où la loi demande aux différents acteurs étatiques, mais aussi aux autres acteurs  y compris la presse, de donner à l’enfant une attention spéciale. Donc, je vous invite justement dans vos sphères d’activités à commémorer grandement ce jour national de l’enfant. 

SBdlC : Au mois de Mai 36 cas de kidnapping ont été rapporté auprès de la Police dont, après enquête, six se sont révélés être non fondés. Ces 36 cas ont impliqués 39 victimes dont : onze hommes, treize femmes et quinze enfants comme l’a indiqué notre collègue de la protection de l’enfance. La MINUSTAH salue la mobilisation nationale et l’implication grandissante des différents secteurs de la vie publique dans la lutte contre le kidnapping. L’engagement public de tous les secteurs de la vie nationale aux côtés des forces de l’ordre est le seul moyen de lutter efficacement contre ce fléau.

Comme l’a indiqué le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, M. Hédi Annabi : « nous travaillons étroitement avec les autorités haïtiennes pour soutenir et renforcer leurs capacités en ce domaine, par l’appui de nos experts de la cellule anti-kidnapping, par la préparation et l’exécution d’opérations conjointes PNH/MINUSTAH, par la mise en service de deux numéros gratuits (le 113 MINUSTAH et le 114 PNH), et par le renforcement constant de notre collaboration avec la Police Nationale »,

La MINUSTAH a demandé aux Etats-membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) de mettre à sa disposition des experts supplémentaires afin de renforcer ses capacités d’appui à la PNH dans la lutte contre le kidnapping. Dans l’intervalle, la Mission continuera à coopérer étroitement avec la Police Nationale et avec tous ceux qui sont prêts à se mobiliser contre le kidnapping.

Nous encourageons la population à redoubler de vigilance et à fournir des informations permettant à la Police de prévenir de nouveaux cas de kidnapping, de libérer des victimes, d’arrêter des kidnappeurs et de les traduire en justice. C’est seulement dans ces conditions qu’il sera possible de contenir ces activités criminelles, de mettre fin à l’impunité et de gagner, à terme, la bataille contre le kidnapping. Je vous remercie.

Nous ouvrons maintenant le temps des questions sur cette deuxième partie du point de presse. N’oubliez pas nos intervenants à qui vous pouvez également poser des questions. Merci.

QUESTIONS / REPONSES (2EME PARTIE)

4- Comment, au niveau de la MINUSTAH, vous expliquez-vous la persistance du phénomène du kidnapping en Haïti ? Vous êtes ici pour stabiliser le pays, est-ce que cette vague d’insécurité ne menace pas cette stabilité ?

SBdlC : Il y a deux volets dans votre question. Pour ce qui est de la persistance du phénomène de kidnapping, si vous prenez les statistiques des années précédentes, on constate une réduction importante puisque qu’en 2006, 500 cas ont été rapportés sur l’année contre 247 cas en 2007, soit une réduction de 50%. Bien sûr, ce n’est pas suffisant. Et cette année, on a vu sur les premiers mois de nouveaux cas et surtout des cas emblématiques et dramatiques ces derniers jours. Et tout le monde a son rôle à jouer dans cette lutte quotidienne contre le phénomène du kidnapping. Pour ce qui est de la police et de la MINUTAH, nous avons prouvé notre capacité d’actions et de répression. Lorsque la police a reçu des informations précises, des opérations ont été menées et des personnes suspectées ont été arrêtées. Si je prends juste un chiffre : depuis le début de l’année, 115 personnes suspectées d’être impliquées dans des cas de kidnapping ont été arrêtées. L’efficacité de la police dépend en grande partie de la qualité et de la quantité d’informations qui lui sont transmises. Ces informations viennent à la fois du système de renseignement que la police travaille à mettre en place et pour lequel nous renforçons ses capacités, mais aussi et surtout de la vigilance de la population qui en temps réel peut informer la police, lui permettant ainsi d’agir.
C’est pourquoi nous encourageons la population à redoubler de vigilance et à fournir des informations permettant à la Police de prévenir de nouveaux cas de kidnapping, de libérer des victimes, d’arrêter des kidnappeurs et de les traduire en justice.

Sur le deuxième volet de votre question concernant la stabilité. Bien sûr, si la stabilité en Haïti était telle qu’on le souhaite, nous ne serions pas là et le kidnapping est un des facteurs d’instabilité dans le pays. La stabilité que nous avons connue ces deux dernières années avait commencé à porter ses fruits et notre travaille de consolidation avec les autorités haïtiennes a été mis à mal par les événements d’avril. Ceux qui ont un intérêt à ce que l’Etat de droit ne soit pas mis en place vont essayer de l’empêcher par tous les moyens. Soit par des manifestations violentes, soit par des cas de kidnapping afin de ne pas permettre aux autorités de jouer leur rôle en renforçant l’Etat de droit en Haïti.

5- Lors de la visite récente en Haïti du Président brésilien, le Chef de l’Etat haïtien avait plaidé pour une augmentation de l’effectif policier de la MINUSTAH. Selon le Chef de l’Etat haïtien, cela pourrait contribuer à réduire l’insécurité de façon plus efficace. Comment avez-vous accueilli cette information au niveau de la MINUSTAH ? Etes-vous prêts à répondre favorablement à la requête du gouvernement haïtien ?

SBdlC : C’est une demande qui, de notre côté, date depuis longtemps déjà. Nous demandons aux Etats-membres des Nations Unies depuis longtemps de nouveaux policiers parce que nous avons besoin de renforcer le pilier de la police. Mais, vous le savez, il est plus difficile pour ces pays de mettre à disposition des policiers que des militaires. L’appel est lancé déjà depuis le début de la Mission auprès des Etats-membres. Et des pays comme le Brésil, qui eux-mêmes reconnaissent ce besoin, ont déjà fourni des policiers à la mission.

6- Avez-vous des précisions concernant cet enfant kidnappé hier à Thomassin 25 ?

SBdlC : Je n’ai pas d’information spécifique sur ce cas. Mes collègues policiers me font signe qu’ils n’en ont pas davantage. Vous savez, les cas qui sont remportés par les médias ne sont pas forcément rapportés à la police. Et il est important que les cas soient rapportés, surtout à la police, par les familles concernées, avec suffisamment d’informations pour que des enquêtes puissent être ouvertes par la police nationale aidée de la MINUSTAH si besoin.

7- Le 8 juin, c’est le Jour national de l’Enfant. Qu’est-ce que cela vous dit, M. Volcy, que les enfants soient victimes de tant de violence surtout de kidnapping, en cette fin d’année scolaire ? (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)

M. Volcy (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE): Comme vous, nous sommes préoccupés au plus haut point. Nous recevons des cas dramatiques à longueur de journée, des cas d’enfants victimes de maltraitance, des cas d’incestes. Nous sommes en train de réfléchir sur ces problèmes.

SBdlC : Les médias aussi ont un grand rôle à jouer dans ce combat pour sensibiliser la population à la vigilance, pour rappeler à la population les numéros 113 MINUSTAH et 114 PNH de façon à ce que chacun puisse, au moment où il est témoin d’un événement, en parler à la police, donner le maximum d’information pour lui donner les moyens d’agir. Grâce à ces informations le mardi 3 juin dernier trois opérations conjointes MINUSTAH/PNH ont permis l’arrestation de plus de vingt personnes dont onze à Cité Soleil, six à Pétion-Ville et trois à Delmas 33.

8- Ma question s’adresse à Monsieur Fred Blaise. Comment pouvez-vous travailler avec la police nationale à monter de bons dossiers pour que les juges ne puissent plus prétexter qu’ils libèrent les présumés kidnappeurs parce que leurs dossiers ont des vices de forme, M. Fred Blaise ? (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)

Fred Blaise (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE): Il est trop facile d’accuser la police dans de pareils cas. Le juge pourrait tout simplement retourner le dossier à la police et lui demander de le compléter. Les failles du dossier ne justifient pas le relâchement du suspect. Nous travaillons déjà avec la police nationale et nous continueront à les supporter dans la rédaction de rapport de police.

 

SBdlC : Nous vous avons remis une copie du programme que les militaires des différents contingents vont exécuter à l’occasion de la Journée nationale de l’enfant. Le contact sur ce document est celui du colonel Milinovic. N’hésitez pas à couvrir ces activités qui sont organisées sur l’ensemble du territoire. Merci pour votre présence aujourd’hui et à la semaine prochaine.


FIN

 

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Contact media :

Sophie Boutaud de la Combe,  Porte-parole de la MINUSTAH

Téléphones : (509) 2244-2050 – ext : 6099, 6035  Cell : (509) 3478-6278

E-mail : boutaud-de-la-combe@un.org, 

ou consultez le Site Internet de la Mission  au http://www.minustah.org