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Haïti : Plus de 90.000 candidats aux examens du Bac
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  06/26/2008 | Articles | MINUSTAH.ORG
26 juin 2008

Les épreuves régulières du Baccalauréat ont pris fin le 26 juin, après quatre jours. Au total, 92.129 candidats étaient appelés à subir les examens officiels de Première partie (Rhéto) et de Deuxième partie (Philo) à travers tout le pays. 

Les examens se sont déroulés du 23 au 26 juin. Cette année, ils sont au total 92.129 candidats à participer aux examens de fin d’études secondaires. Les deux tiers, soit 62.113, sont en Rhéto et 30.016 en Philo. 

La plupart des candidats aux examens du Bac I et II viennent du département de l’Ouest. Cette année les candidats de ce département, dont le chef lieu est Port-au-Prince, représente 67% de l’effectif total, soit 61.616 candidats.

La nouveauté, cette année, tient au fait que ces épreuves ont réuni seulement les nouveaux candidats, c’est-a-dire ceux qui passent ces examens pour la première fois. Cette décision du Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a des retombées positives au niveau des centres d’examens. 

En effet, «l’effectif par salle, 27 candidats, est moins élevé par rapport aux années précédentes où l’on en comptait 34 ». Cette diminution rend « l’espace plus confortable » et du coup, « la supervision s’en trouve facilitée », a apprécié Louis Nicolas Jean Claude, superviseur du MENFP au « Collège de jeunes filles » au centre ville de Port-au-Prince.

Les recalés, pour leur part, sont exclus de cette session ordinaire en raison du « Bac Permanent » mis en place à leur intention. Cette nouvelle disposition leur offre la possibilité d’être « évalués tous les trois mois » dans les matières où ils ont enregistré un faible score. « Des épreuves se sont déjà tenues en décembre 2007 et en mars 2008. Les prochaines sont prévues au mois d’août », a indiqué le Directeur du BUNEXE.

Pour organiser les examens, « le Ministère de l’Education nationale dispose d’un budget global de 400 millions de gourdes pour l’organisation des épreuves officielles du baccalauréat première et deuxième partie mais aussi pour les examens de la 6e année (fin d’études primaires) et de la 9e année fondamentale. Ce montant sert également à la réalisation du «Bac Permanent » trois fois par année ainsi que pour l’évaluation des étudiants de l’Ecole normale des instituteurs », comme le révèle Miloody Vincent, responsable du bureau de presse au Ministère de l’Education nationale. 

Quelques mesures anti-fraudes

Pour garantir la crédibilité des examens, un ensemble de mesures sont adoptées pour prévenir les fraudes notamment au niveau des candidats. « Les candidats pris en flagrant délit de fraude encourent de lourdes sanctions allant jusqu’à la l’interdiction de participer aux examens durant une période de quatre ans », a prévenu Renan Michel, directeur du Bureau national des examens d’Etat (BUNEXE).

Mais au niveau central également, des mesures sont prises pour éviter les fuites. Par exemple, les professeurs qui ont préparé les propositions des sujets d’examens sont retenus au Bureau central jusqu’à la fin de la journée. « Un professeur ne peut anticiper que l’examen qu’il a proposé sera retenu car pas moins de sept textes différents sont préparées, et le choix se fait par tirage au sort », a assuré Renan Michel.

Par ailleurs, les responsables du Ministère se démènent, comme chaque année, pour libérer le système éducatif des faussaires qui distribuent des fiches contrefaites aux élèves qui se découvrent pris au piège trop tard. Mais les mesures des responsables pour contrer cette pratique ne parviennent pas à venir à bout de ce phénomène. 

Et comme le fait remarquer Renan Michel, « trois faussaires ont déjà été arrêtés et remis à la justice » cette année. Malgré tout, « des élèves ont été victimes de ces malhonnêtes qui dirigent des écoles non reconnus par le MENFP », a-t-il poursuivi. Ces jeunes se sont ainsi vus doublement pénalisés car, après une année d’études et des dépenses consenties par les parents, ils n’ont pas été autorisés à subir les examens officiels.

Le Bac et après ?

La plupart des candidats rencontrés, le 25 juin, dans des centres d’examen au niveau de Bourdon, à Port-au-Prince, étaient plutôt confiants quant à l’issue des épreuves. Cependant, ceux de la Philo, notamment, étaient sceptiques face à l’avenir. Et pour cause, la faible capacité d’accueil de l’université publique, gratuite, d’une part, et de l’autre, les coûts relativement élevés dans les quelques rares universités privées. 

A la question de savoir ce qu’ils comptent faire une fois leur diplôme obtenu, les jeunes étaient assez évasifs. Certains envisagent, sans conviction, de participer au concours d’admission de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) où les frais d’études sont pris en charge par l’Etat haïtien. 

D’autres projettent d’entamer leur premier cycle universitaire en République Dominicaine voisine. Et pour d’autres encore, c’est le flou total : « Je ne sais pas encore », «ça va dépendre des moyens de mes parents » ou « Dieu seul sait », concèdent ces derniers, impuissants.