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Les bidonvilles, un problème social et sécuritaire en Haïti
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MINUSTAH.ORG Bureau de l'Information Publique
Publié le 05/6/2008
 
Les bidonvilles, un problème social et sécuritaire en Haïti

Etablissements humains précaires ou bidonvilles, les quartiers populaires qui fleurissent de manière désordonnée dans nombre de pays offrent le plus souvent des images de la précarité. Le développement des ces types d’habitats pose un certain nombre de problèmes dont l’insécurité. Haïti n’échappe pas au phénomène. Gouvernement, Système des Nations Unies et ONG s’emploient à y remédier.


Les bidonvilles, un problème social et sécuritaire en Haïti

Etablissements humains précaires ou bidonvilles, les quartiers populaires qui fleurissent de manière désordonnée dans nombre de pays offrent le plus souvent des images de la précarité. Le développement des ces types d’habitats pose un certain nombre de problèmes dont l’insécurité. Haïti n’échappe pas au phénomène. Gouvernement, Système des Nations Unies et ONG s’emploient à y remédier.

 « Regardez tout ça, il n’y a même pas une école. Tous ces enfants ne vont pas à l’école, ils marchent pieds nus dans cet environnement insalubre, voyez comment sont construits les maisons », tel est le quotidien des habitants de ces quartiers, amèrement décrit par Jean Bernard Mathurin, un habitant de La Vallée de Bourdon, un bidonville de la capitale haïtienne, Port-au-Prince. Et M. Mathurin de poursuivre : « Les gens habitent ces maisonnettes de deux ou trois pièces à cinq, six voire dix. Il n’y a même pas de latrines (…)».

En Haïti, les bidonvilles occupent le flanc des collines, les terrains marécageux en bordure de mer ou encore le bas fond de vallées -même s’ils fleurissent également aux abords des quartiers «huppés» : exemple de La Vallée de Bourdon ou de la cité au bas de Canapé Vert. Mais, quels que soient leurs origines, ces quartiers de seconde zone ont en commun certaines caractéristiques : absence de l’Etat, taux de densité élevé de la population, pauvreté en tout genre, promiscuité, occupation anarchique des terrains, insécurité, etc.

Pénible corollaire

«L’occupation anarchique des mornes et aussi des zones insalubres provoque des érosions, des inondations et des glissements de terrain », fait remarquer le chef de cabinet du ministère de l’environnement, Frantz Germain. « Voyez l’anarchie de Morne l’Hôpital et les conséquences sur l’environnement. A quoi va-t-on assister durant la saison des pluies, si ce n’est à des catastrophes ?», s’interroge-t-il également.

« L’insécurité que nous connaissons en ce moment à Port-au-Prince est l’une des conséquences de cette absence de l’Etat et aussi l’expression des frustrations des populations », estime en outre M. Germain.

Il est suivi en cela par J. Malcius de Cité Soleil : «l’absence de l’Etat et les différents réseaux  qui s’y développent ont fait des bidonvilles des viviers de violences, de trafic de drogue, de prostitutions, de viols des filles et de bien autres choses innommables ». Visiblement craintif, Malcius regarde dans toutes les directions: «je n’ai pas envie d’être repéré par ces gens. J’ai déjà failli y laisser la vie. Pendant plusieurs mois, ils ont commis toute sortes d’actes ignobles : tués, violés, consommés de la drogue, armé des enfants », a-t-il avoué.

Le développement de ces établissement précaires constitue une préoccupation pour le gouvernement, comme le reconnaît le chef de cabinet du ministère de l’environnement: «le phénomène des bidonvilles constitue un  problème transversal. Ce problème est environnemental et sécuritaire».

Gouvernement, Système des Nations Unies et ONG sont à pied d’oeuvre pour réduire la fracture entre les zones d’habitations précaires et les autres zones. « Dans le cadre du Programme d’Apaisement Social (PAS), nous allons intervenir dans des endroits comme Cité Soleil, surtout dans le domaine de l’assainissement. Le gouvernement voudrait voir régresser les occupations anarchiques de terrains », précise le chef de cabinet du ministre de l’environnement, ajoutant que le gouvernement ne pourra y parvenir seul à l’heure actuelle.

Habitat pour l’Humanité Haïti (HHH) est une ONG oeuvrant dans ce domaine.

« Notre objectif est d’aider les familles à se procurer un logement. La participation communautaire est sollicitée car chaque famille doit participer à la construction de sa maison », explique Jean Joseph Sanon de HHH, ajoutant que «HHH a contribué à la construction de 725 logements entre 2004 et 2006. Nous pensons, avec tous nos partenaires dans plusieurs zones d’interventions, arriver à 900 logements au total à la fin de cette année fiscale».

Le Système des Nations Unies n’est pas en reste. A travers le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains (UN Habitat), il travaille en appui au gouvernement et aux municipalités pour le développement de politiques urbaines et de plans locaux d’urbanisme. Il fournit aux institutions publiques une assistance technique et un appui à la mise en œuvre de programmes et projets dans les domaines d’aménagement du territoire, de décentralisation, de planification urbaine, de logement et de services urbains essentiels.