Un prisonnier a été tué et plusieurs autres blessés dans la nuit du 17 au 18 avril, lors d’une évasion à la prison civile de la ville du Cap-Haïtien. En dépit de la prompte intervention des agents de la MINUSTAH et de la PNH, cinq détenus ont réussi à s’enfuir.
Sept détenus de la prison civile du Cap-Haitien ont pu, vers 01h00 du matin, déjouer la vigilance des geôliers et s’évader. Selon les informations recueillies sur place, des pensionnaires de ce centre carcéral avaient réussi à scier les pattes de scellement de la fenêtre métallique de la cellule # 8 qu’ils occupaient.
Alertés, les gardiens ont tiré des coups de feu pour tenter de stopper l’évasion. Un des fugitifs a été tué et un autre, blessé, a été repris par les agents de l’Administration pénitentiaire nationale (APENA) en charge de la protection et de la gestion de la prison. Cependant, cinq autres ont réussi à prendre la fuite. L’arrivée prompte des soldats de la MINUSTAH et des agents de la PNH a permis de ramener le calme dans la prison.
Les cinq fugitifs étaient tous incarcérés depuis environ deux ans pour association de malfaiteurs, vols, trafic illicite de stupéfiants et kidnapping.
Le centre carcéral du Cap-Haïtien dispose de 11 cellules dont une destinée aux femmes et quatre non fonctionnelles. La surpopulation et les conditions hygiéniques inhumaines rendent intenable la détention dans cette prison. A titre d’exemple, la cellule numéro 1, d’une surface de 20,25 mètres carrés, prévue initialement pour cinq détenus, en compte, à ce jour, plus de 35 personnes.
Comme corolaire de la promiscuité caractérisant ce centre de détention, beaucoup de détenus souffrent de maladies contagieuses liées à l’absence du minimum de conditions hygiéniques. D’autres sont atteints de syndrome grippal, de parasitose intestinale, d’irritation de la peau et d’infections respiratoires.
Conçue au départ pour accueillir globalement 150 personnes, la prison civile de Cap Haïtien abrite, depuis le 17 avril, 440 pensionnaires.
Un projet de réhabilitation des quatre cellules actuellement non fonctionnelles est en cours de finalisation. D’un montant de plus de 20.000 dollars américains, ce projet est financé par le Fonds pour la paix et la sécurité mondiale. Cet organisme canadien travaille conjointement avec la Section Justice de la MINUSTAH dans le cadre de ce projet.