
Points de Presse
Conférence de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animée par Madame Sophie Boutaud de la Combe, Porte-parole de la MINUSTAH, le Lieutenant Colonel Damìr Minilović, responsable du bureau de la communication militaire, Fred Blaise, Porte parole de la UNPOL, avec pour invité spécial le Docteur Michel Péan, Secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées et Monsieur Gérald Oriol Junior, vice-président de la Fondation J’aime Haïti.
INTERVENTION DE LA PORTE-PAROLE
SBDLC. : Bonjour à toutes et à tous,
Merci d’être présents pour notre rendez-vous hebdomadaire. Sans transition je cède la parole à mon collègue du bureau de la communication militaire le Colonel Milinovic.
INTERVENTION DU RESPONSABLE DU BUREAU DE COMMUNICATION DES MILITAIRE
LT CL DAMIR MILINOVIC : Bonjour tout le monde,
Aujourd’hui, je vais vous présenter les activités de la Force Militaire.
La Force militaire dans le cadre de ses activités sécuritaires en appui à la PNH a intensifié ses patrouilles fixes et mobiles, et ses points de contrôle, sur l’ensemble du pays et plus particulièrement dans la région métropolitaine.
Depuis vendredi dernier aucun cas de kidnapping n’a été rapporté jusqu’à hier soir quand une femme et deux autres personnes ont été enlevés à Port-au-Prince. C’est le résultat des efforts de sécurisation accomplis par la Force Militaire, l’UNPOL et la PNH.
Nous travaillons pour l’amélioration du climat sécuritaire pour que la population puisse vaquer librement à ses activités.
Elle mène ses activités 24 sur 24 heures. Du 19 Mars à aujourd’hui, 1080 Patrouilles motorisées et 984 patrouilles à pied ont été menées et nombres de postes de contrôle ont été mis en place.
Outre ces actions sécuritaires, la Force militaire intervient aussi dans des activités d’aide à la population. Le 22 mars dernier a été la journée mondiale de l’eau. La célébration de cette Journée a été l’occasion pour les contingents militaires de la Mission, notamment les Jordaniens, les Argentins, les Chiliens, les Boliviens et les Sri Lankais de procéder à la distribution de 38 500 litres d’eau. Plus de 1000 familles à travers tout le pays ont bénéficié de cette action.
La Force militaire, consciente de la carence en eau potable à laquelle la population fait face organise chaque jour, sur tout le territoire des activités de distribution d’eau.
A l’occasion de la fête de Pâques 2008, environ 6000 enfants de 66 orphelinats de Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Cayes, Gonaïves, Mirebalais, Jacmel, Petit-Goâve, Trou du Nord, Brache, Leogane, Fort-Liberté, Ouanaminthe et de Terrier Rouge ont eu droit au chocolat. Il s’agit d’une action humanitaire conduite à leur intention par les casques bleus des contingents brésilien, argentin, jordanien, népalais, sri-lankais, uruguayen, chilien, des compagnies bolivienne, péruvienne, philippine, des compagnies de génie brésilienne et équato-chilienne, des aviations argentines et les aviations chiliennes, de l’hôpital argentin ainsi que des membres de l’Etat Major de la MINUSTAH. Au programme de cette journée, dédiée aux tout petits, figuraient également une distribution d’aide alimentaire, une consultation médicale gratuite, ainsi que du volleyball. Pour les soldats de la paix, il s’agit d’une action de solidarité. Et comme on pouvait s’y attendre, la joie et la satisfaction étaient au rendez-vous auprès des petits bénéficiaires.
INTERVENTION DU RESPONSABLE DU BUREAU DE COMMUNICATION DES UNPOL (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
FRED BLAISE: Nous allons commencer avec les mesures prises par la PNH et les Militaires de la MINUSTAH, appuyés de la UNPOL, pour combattre la criminalité.
Renforcement du dispositif sécuritaire : La PNH les UNPOL et les Militaires ont multipliés les patrouilles sur l’ensemble du territoire, faisant notamment passer le nombre de patrouilles conjointes à 2,740 sur la semaine dernière.
Bilan des activités ; L’action combinée des diverses composantes de la MINUSTAH (UNPOL, FPU, Militaires) a permis sur l’ensemble du territoire du 19 au 26 mars :
• L’arrestation de 85 personnes suspectées notamment de kidnapping, viol, contrebande, vol, trafic de drogue.
• La saisie de 3 armes à feu, 121 kilos de marijuana et 1 kilo de poudre blanche.
• Et l’exécution de 71 mandats d’arrêt pour meurtre, kidnapping, viol, cambriolage par exemple.
Quelques exemples d’opérations conjointes :
Le 25 mars 2008, aux CAYES, la PNH accompagnée de la UNPOL et d’un juge de paix a mené une opération dans la localité de Cartagena Avenue, villa #118, où ils ont arrêté 4 personnes (âgés de 25ans, 33ans, 34 ans et 39ans). 23 paquets de marijuana (environ 120 kg) ont été saisis. Les suspects ont été transportés au commissariat.
Toujours aux CAYES, le 26 mars 2008, la UNPOL et la PNH accompagnés d’un juge de paix ont procédé a la fouille d’un bus de transport (TP-04144). Un sac a dos avec 1.2 kilos de marijuana et 1 kilo d’une poudre blanche ont été saisis. Deux femmes (24ans et 45ans) et un homme (28 ans) ont été arrêtés. Les suspects ont été transportés au commissariat.
Rappel à la population : merci de continuer la collaboration avec les services de police dans la lutte contre la criminalité. Merci de continuer à fournir des informations à la Hotline « Je wè bouch pale » afin de combattre la criminalité et de rétablir la paix dans tout le pays.
INTERVENTION DE LA PORTE-PAROLE
SBdlC : Affaires civiles
Dans le cadre de leurs programmes d’appui institutionnel, les bureaux régionaux des Affaires Civiles et les UNPOL travaillent avec les institutions haïtiennes pour améliorer la circulation et la sécurité routière, en particulier dans les chefs-lieux des régions. Cette semaine, le Centre Multimédia de Miragoâne a servi de cadre à une conférence-débat sur les mesures à prendre pour réduire les embouteillages et les accidents, en présence des responsables des syndicats de chauffeurs de transports publics et de taxi-motos, des responsables du service de la circulation et du Maire de la commune. Le responsable du Service de la Circulation Routière a ainsi signalé que de 7000 à 10 000 piétons emprunte l’unique rue qui dessert la ville de Miragoane aux heures de pointes, alors que plus de 600 motos taxis et les arrêts incontrôlés des bus contribuent à aggraver la congestion. La circulation est également entravée par les étalages des nombreux petits marchands, les dépôts d’ordures et les véhicules abandonnés sur les bords de la route. Sans oublier bien sûr les conducteurs qui ne respectent pas les règlements ou n’entretiennent pas leurs véhicules, à l’origine de nombreux et graves accidents. Le Président de l’Association des Chauffeurs Transports Publics a ainsi dénoncé les surplus de passagers transportés par certains véhicules, causes fréquentes d’accidents sérieux, tandis que le représentant de l’Office d’Assurance Véhicules (OAVCT) a quant à lui rappelé que son organisme ne couvre pas les passagers voyageant à bord d’un véhicule, sans siège, et à ciel ouvert (par exemple à l’arrière des camionnettes). Aux Cayes, ce sont les responsables du service de la circulation, de la Direction Générale des Impôts et de l’Office d’Assurances OAVCT qui se sont réunis pour améliorer la coordination du contrôle des conducteurs et des véhicules, et l’assurance des personnes transportées, notamment par la délivrance des nouveaux permis de conduire et des plaques d’immatriculation pour les motocyclettes. Depuis quelques semaines, des mesures importantes ont ainsi été prises aux Cayes par la PNH et UNPOL pour faire baisser le nombre d’accidents routiers.
Une note de presse vous a été remise avec d’autres informations sur les différentes activités d’appui institutionnel du bureau des affaires civiles de la MINUSTAH.
Délégation de haut niveau
Dans le cadre de son mandat d'appui au gouvernement haïtien, pour la gestion des frontières, la MINUSTAH a débuté un projet de réhabilitation des infrastructures frontalières à Malpasse. Ce projet de 305,000$, financé entièrement par le gouvernement canadien, comporte deux volets. Le premier volet consiste dans la réhabilitation d'un entrepôt et l'aménagement de bureaux pour les directions des Douanes, de l'Immigration et de la Police Nationale d'Haïti (175,000$). Le deuxième volet porte sur la construction de routes d'accès et d'une aire de stationnement ($130,000).
Le projet créera une zone stérile permettant un meilleur contrôle des camions de marchandise et des voitures et passagers. Il assurera aux autorités haïtiennes des bureaux mieux adaptés aux besoins actuels. Une co-localisation, avec la MINUSTAH, permettra d'appuyer en tout temps les autorités haïtiennes. Les ingénieurs civils et militaires de la MINUSTAH mettront en œuvre ce projet. La fin des travaux est prévue pour le mois de juin / juillet 2008.
La délégation Canadienne de haut niveau, arrivée en Haïti le mercredi 26 mars, visite en ce moment même, le site de Malpasse. Cette délégation comprend des représentants du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) de la Gendarmerie royale du Canada et du Ministère des Relations internationales du Québec.
Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme
Le mercredi 2 avril nous commémorerons pour la 1ère fois la journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme. Le Qatar, qui est à l’origine du projet de résolution de l’ONU décidant de la création de cette journée, a souhaité que cela puisse permettre de prendre conscience de la gravité de ce trouble du développement qu’est l’autisme.
Caractérisé par des perturbations dans les domaines des interactions sociales réciproques et de la communication, ainsi que par des comportements, intérêts et activités au caractère restreint et répétitif, l’autisme toucherait, selon certains experts, plus de 35 millions de personnes dans le monde.
Un dossier vous a été remis comprenant le message officiel du Secrétaire Général, la résolution de l’Assemblée générale ainsi qu’une fiche de questions réponses afin que vous puissiez effectuer une sensibilisation dans vos médias respectifs.
OMD
Pour engager le XXIe siècle sous de bons auspices, les États Membres des Nations Unies sont convenus de huit objectifs essentiels à atteindre d’ici à 2015. Ces O.M.D. (objectifs du Millénaire pour le développement), vont de la réduction de moitié de l’extrême pauvreté, à l’arrêt de la propagation du VIH/sida en passant par l’éducation primaire pour tous dont nous avons parlé la semaine dernière.
Depuis 2000 des progrès ont été accomplis mais la situation reste critique et nécessite une action d’urgence. C’est pourquoi l’examen à mi-parcours offre une occasion unique à la communauté internationale de redoubler ses efforts afin d’atteindre les objectifs.
Le Président de la 62e session de l’Assemblée générale, S. E. M. Srgjan Kerim, organisera un débat thématique les 1er et 2 avril 2008 sur le thème « Prendre conscience des progrès réalisés, relever les défis et redresser le cap pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d'ici à 2015 ».
Ce débat thématique mettra l’accent sur les objectifs concernant la pauvreté, l'éducation et la santé, domaines où la nécessité d’accomplir des progrès est la plus urgente et où l'expérience suggère que des résultats positifs ont un effet catalytique sur les autres objectifs.
Les discussions qui se tiendront pendant ces deux jours tenteront d’adresser les problèmes les plus insurmontables, d’identifier des enseignements tirés des expériences passées et de mettre en lumière de possibles mesures supplémentaires pour assurer la réalisation des objectifs d’ici à 2015.
J’aime Haïti
Nous recevons cette semaine le Secrétaire d’Etat à l’intégration des personnes handicapées, le Docteur Michel PEANT ainsi que Gerald Oriol Junior, vice-président de la fondation J’aime Haïti, qui vont nous parler de la campagne de sensibilisation mise en place en partenariat avec les centres multimédias de la MINUSTAH dans les 10 départements du pays.
INTERVENTION DE M. GERALD ORIOL JUNIOR, VICE-PRESIDENT DE LA FONDATION J'AIME HAITI (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
GO. : Je viens vous parler aujourd’hui d’une campagne nationale de sensibilisation que la Fondation J’aime Haïti », en collaboration avec d’autres partenaires, avait baptisé « Men nan men ak moun andikape ». Cette campagne nationale a pour objectif de sensibiliser la population haïtienne de la problématique des personnes handicapées.
Selon certaines estimations, Haïti compte actuellement 800,000 personnes handicapées. Malheureusement, par manque d’information et par manque de conscientisation, notre société, très souvent, n’accorde aucune valeur aux personnes handicapées. A travers notre initiative, nous voulons changer cette mentalité, cette attitude, afin que chacun réalise que la personne handicapée est, comme tout citoyen, une richesse pour notre pays.
Dans le cadre de cette campagne, nous nous sommes rendus à Jérémie, aux Cayes, à Miragoane et à Fort-Liberté, en vue de partager ce message dans les différents chefs-lieux des départements de notre pays.
Nous pensons que si les personnes handicapées sont bien encadrées, elles pourront réaliser des choses, réussir dans la vie, comme n’importe quel citoyen. En réalité, la déficience mentale, physique ou sensorielle n’est pas la véritable source du handicap. La veritable source du handicap est constituée par les barrières de la société. A travers cette campagne, en collaboration avec la MINUSTAH, la Secrétairerie d’Etat à l’intégration des personnes handicapées, CEMEX Haiti, la Fondation Sogebank, et les autres, nous voulons changer ces comportements, ces mentalités. Parce que nous sommes persuadés que pour que le developpement du pays soit durable il est important que les 10% de personnes handicapées de la société, qui sont marginalisées, soient intégrées, afin qu’elles puissent participer activement au développement, comme tout citoyen. Merci.
INTERVENTION DU DOCTEUR MICHEL PEAN SECRETAIRE D’ETAT A L’INTEGRATION DES PERSONNES HANDICAPEES (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE)
Dr. Michael Pean : D’entrée de jeux je dois vous dire que la déficience n’est pas un handicap ! Je le dis solennellement. Le véritable handicap, c’est l’oisiveté. C’est quand les gens se lèvent et qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ou ce qu’ils feront. Voilà le véritable handicap. Le véritable handicap, chers amis, c’est l’ensemble des barrières de tous genres : culturelles, sociales, politiques, idéologiques, entre autres, qui empêchent à la personne qui vit avec une déficience, de participer aux activités de la vie.
Vu sur cet angle, nous, depuis le 17 mai 2007, depuis l’arrêtée présidentielle du président Préval et du Premier ministre Jacques Edouard Alexis, instituant une structure d’Etat pour s’occuper des questions des personnes handicapées ; depuis ce jour nous avons entamé une bataille. Une bataille, sans répit, de sensibilisation afin de porter les haïtiennes et les haïtiens, peu à peu, à changer leur mentalité et à avoir un autre regard vis-à-vis des personnes handicapées.
La personne handicapée, est une personne comme toutes les autres. Elle a des droits, des devoirs et des responsabilités. Et comme je le dis souvent, ce n’est qu’en mariant les droits et les devoirs seulement que nous sommes en démocratie. Quand on parle des droits sans les devoirs, cela peut être toute autre chose, mais ce n’est pas la démocratie.
Nous voudrions, entre autres choses, que la population handicapée puisse offrir un modèle en matière de démocratie, un model en matière d’unité. Nous savons que pour changer la situation, non seulement il nous faut sensibiliser les gens, mais nous devons aussi accompagner les institutions. Nous accompagnons, concrètement, les associations qui travaillent avec les personnes handicapées, et aussi les personnes en situation de handicap afin que, peu à peu, leur situation ou leur mode de vie changent.
Pour atteindre cet objectif, nous avons besoin du support de tout le monde. Du support des autres membres du Gouvernement, du support de la presse en particulier, du support des haïtiens vivant à l’étranger, du support du secteur des affaires, du support des associations et institutions de la société civile, enfin du support de tout un chacun, de chaque haïtien. Parce que – comme je le dis souvent- pour changer, le monde a besoin de tout le monde.
Pendant cette campagne de sensibilisation, c’est avec plaisir que nous avons reçu le support logistique de la MINUSTAH pour nos déplacements dans les différentes régions du pays. Nous avons été à Hinche, au Cap Haïtien à Port de Paix, à Fort Liberté etc. Nous souhaitons que d’autres secteurs de la vie nationale profitent de cette opportunité pour réaliser qu’ils doivent être partie prenante dans ce combat, que nous menons en vue de changer la vie des personnes handicapées. Merci.
INTERVENTION DE LA PORTE-PAROLE
SBdlC : Merci monsieur le secrétaire d’Etat, Merci Docteur.
Cette campagne de sensibilisation avec les associations et les autorités locales, sur le territoire national, permettra nous le souhaitons, de mieux comprendre la problématique du handicap en Haïti et de multiplier les actions concrètes en la faveur de la valorisation et de l’intégration des personnes handicapées. Nous vous invitons chers collègues de la presse, à donner une large couverture à cette initiative, afin que nos amis haïtiens en situation de handicap, puissent contribuer à la société haïtienne au même titre que nous tous.
Je vous remercie, c’est maintenant le temps des questions.
QUESTIONS / REPONSES
1.- On sait qu’il y a eu une opération à Pestel, est-ce que la MINUSTAH était au courant de cette opération.
SBdlC :La MINUSTAH n’a pas été dans cette opération. Elle n’a pas été conduite avec notre support.
2.- C’est une personne handicapée qui parle, ma question s’adresse au Docteur Péan, j’ai sous la main un document parlant de la capacité et des droits des personnes handicapées. Ces personnes handicapées qui sont capables au niveau intellectuel, n’ont-elles pas droit à un emploi respectable ? C’est en effet rare en Haïti.
DR. PEAN : (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE) Je vous remercie pour la question. Non seulement les personnes en situation d’handicap ont droit à un emploi, elles ont aussi droit à un salaire décent, à l’éducation, à la formation professionnelle, au respect surtout. Elles ont droit également aux soins de santé, autrement dit, ils ont les mêmes droits que tout le monde.
Et c’est pour cela que nous luttons. Il faudrait progressivement qu’il y ait un cadre juridique accordant ces droits aux personnes handicapées. Nous sommes en train de travailler là dessus. Entre temps, nous avons présenté à la primature deux conventions internationales et le Premier ministre m’a promis de les soumettre et de les présenter au Parlement à des fins de ratification. Il s’agit de la Convention Interaméricaine de l’OEA, contre toutes les formes de discriminations à l’égard des personnes handicapées, et également de la convention des Nations Unies, adoptée le 30 mars 2007, et signée par l’Etat haïtien. Jusqu'à présent, ces conventions ne sont pas encore ratifiées par le Parlement.
Je profite pour vous informer sur votre question relative au travail que, jusqu’au mois d’avril 2007, au niveau de la fonction publique, il n’y avait seulement que 2 employés handicapées sur chaque 10,000. C'est-à-dire 20 sur les quelques 60,000 employés de la fonction publique. Au cours de cette année nous avons encouragé les autres ministères, les autres secteurs, à faire mieux..
Je vous donne un exemple : bien avant mon poste de Secrétaire d’Etat, un chef d’entreprise m’a approché pour me dire qu’il comptait faire l’expérience d’employer des personnes handicapées dans son industrie de sous-traitance. J’ai été sur les lieux, j’ai visité l’espace, et je dois vous dire qu’actuellement, sur 1050 employés de cette entreprise, on compte 31 employés en situation de handicap. De même au niveau de la fonction publique, le nombre a augmenté. Depuis notre entrée en fonction, en tant que Secrétaire d’Etat, nous sommes passés de vingt au double.
J’ai parlé au Ministre Germain, ce matin, qui m’a confié qu’au niveau du Ministère des Affaires Sociales, certains handicapés, qu’il a embauchés comme contractuels, sont maintenant employés et sont dans le budget. Et dans notre bureau, à la Secrétairerie d’Etat, le nombre des personnes à handicap y travaillant, s’élève à 21% et notre objectif est d’atteindre 30% au moins.
Je dois vous dire néanmoins qu’il est très rare qu’un handicapé qualifié, postule pour un poste en Haïti.
3.- Est-ce que la MINUSTAH n’a pas été tout au moins informée de cette opération anti-drogue menée par la DEA conjointement avec la PNH ?
SBdlC : Vous savez, il y a une coordination au plus haut niveau, au niveau politique entre la MINUSTAH et les autorités haïtiennes, de même qu’il y a une coordination au niveau opérationnelle. Bien sur l’information passe au niveau qui est nécessaire.
4.- Est-ce que vous avez été informés ? Oui ou Non ?
SBdlC :L’information passe au niveau qui est nécessaire.
5.- a) Vous avez dit tantôt quand on parle des devoirs sans les droits, on ne parle pas de démocratie. Si on parle de l’inverse, en l’occurrence, des droits sans les devoirs, de quoi parle-t-on ?
b) Votre Secrétairerie d’Etat, que l’Etat haïtien a institué, pour quel groupe travaille-t-elle ? Car plusieurs personnes handicapées vous critiquent pour avoir approché votre institution pour des problèmes de santé sans obtenir ni assistance ni solutions à leurs problèmes.
Dr. Pean : (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE) Je vais répondre aux deux aspects de votre question. Quand on parle droits et non de devoirs de quoi on parle ? Je n’en sais pas. N’importe qui peut déterminer de quoi on parle, mais la seule chose que je sais c’est qu’on parle de démocratie quand associe ensemble les droits et les devoirs.
C’est pourquoi j’aime une définition de M. Roger Dorsainvil, qui fut un de mes compagnons de route, définissant la démocratie comme étant est le point où chacun fait son devoir d’Etat dans son coin. Il a beaucoup insisté sur le devoir plus que sur le droit parce que, en Haïti, les gens insistent beaucoup plus sur les droits que sur les devoirs.
Deuxièmement, je sais que la Secrétairerie d’Etat est là pour tous. Pour toutes les institutions œuvrant dans le domaine du handicap, pour toutes les personnes en situation de handicap. Et moi personnellement, j’accueille tout le monde.
Pour l’information à savoir que quelqu’un aurait été à la Secrétairerie pour une prothèse et qu’il n’aurait pas été encadré, ou qu’on l’aurait méprisé… je n’ai pas cette information. Actuellement nous aidons quelqu’un qui devait régler un dossier de prothèse, il est actuellement à l’étranger. Cela lui coutera autour de 2,500 à 5,000 dollars américains, je lui ai bien dit qu’il n’obtiendrait pas toute la somme de nous mais que nous allions lui apporter une contribution.
Je ne peux pas rentrer dans une politique de charité aux pauvres, c’est l’une des choses sur laquelle j’insiste beaucoup. Je ne suis pas là dedans, je n’y étais pas et je n’y serai jamais. Je suis là pour aider ceux qui veulent bien s’aider d’abord. Cette mentalité de pauvres aveugles (ou charité aux pauvres) ou encore « assistancialiste », ce n’est pas du tout ma philosophie.
En ce qui concerne les critiques, je n’en ai aucun problème tout le monde est libre me critiquer. Et si cette personne veut me voir personnellement, je serai prêt à le rencontrer, à l’écouter et connaître sa contribution pour elle-même. Nous verrons ensuite, de notre coté, ce que nous pouvons lui offrir.
Nous n’avons pas d’argent. Et l’Etat haïtien n’aura jamais assez d’argent pour faire face aux besoins de ses 800,000 personnes en situation de handicap. C’est impossible.
C’est pourquoi – comme je le dis toujours – le handicap est une question transversale. Cela concerne tout le monde. Et tous les secteurs de la vie nationale doivent prendre leur responsabilité sur la question.
5.- Ma question s’adresse à Monsieur Gerald Oriol, c’est concernant la campagne de sensibilisation. Quand a t’elle commencé et en quoi consiste t’elle exactement ?
G.O. : (TRADUIT A PARTIR DU CREOLE) Cette campagne a été lancée depuis le mois de novembre 2007. En premier lieu, cette campagne a été lancée au niveau des écoles et des églises et au niveau de certaines organisations de la société civile en vue de leur faire comprendre la problématique du handicap.
Ensuite, à parti du mois de février 2008, donc depuis un mois déjà, nous avons lancé la campagne au niveau national et nous avons rencontré, non seulement des organisations qui travaillent avec les personnes handicapées, mais aussi d’autres organisations de la société civile. Cette campagne a pour but de sensibiliser toute la population sur la problématique du handicap et de changer certains comportements et mentalités (vis-à-vis des personnes à handicaps) que nous jugeons comme un handicap au développement du pays.
Cette campagne a déjà commencé à porter des fruits. Dernièrement, à travers une organisation dont je tairais le nom, nous avons commencé à favoriser l’embauche de personnes handicapées dans le marché du travail. Nous sommes convaincus que, petit à petit, cette campagne portera ses fruits. Et nous souhaitons collaborer avec d’autres secteurs afin que la cause des personnes handicapées avance sérieusement dans le pays.
INTERVENTION DE LA PORTE-PAROLE
SBdlC : Juste une dernière information : demain, 28 mars, au centre Multimédia des Gonaïves, le Docteur Péan ainsi que Gerald Oriol de la fondation J’aime Haïti, vont participer à une conférence-débat sur l’intégration des personnes handicapées. Nous vous invitons à vous en faire l’écho.
De même nous vous invitons à couvrir le séminaire organisé par nos collègues de la section des droits de l’homme, pour lequel nous vous avons distribué une invitation.
Bonne semaine à tous et à la semaine prochaine.
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