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Plaidoyer pour une plus grande participation de la femme en politique
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  03/18/2008 | Dossiers spéciaux | MINUSTAH.ORG
18 mars 2008

La MINUSTAH, à travers les Centres Multimédia, a célébré la Journée internationale de la femme (8 mars) dans plusieurs régions du pays. Conférences-débats abordant la problématique de l’intégration des femmes dans l’espace politique haïtien, lecture du message du Secrétaire général des Nations Unies ainsi que la projection de films ont été autant d’activités réalisées dans le cadre de cette célébration.

Des centaines de femmes, professionnelles, membres d’associations féministes, d’organisations de la société civile ont participé aux différentes activités commémoratives. Tenues dans diverses régions du pays, ces activités tenaient, non seulement à rendre hommage aux femmes haïtiennes, mais surtout à leur permettre de participer à une réflexion sur une plus grande participation des femmes à la vie politique haïtienne.

S’inspirant du thème retenu par les Nations Unies cette année : « Investir dans les femmes et dans les filles », la plupart des ateliers ont invité les participants à se pencher sur les facteurs entravant une meilleure participation des femmes à la vie politique, au développement économique et social du pays ainsi qu’à dégager des pistes de solutions.

Jacmel (Sud-Est) : le travail commence dans les familles

Les femmes présentes ont exposé leurs principales frustrations par rapport au comportement des hommes. « Le problème est d’ordre éducatif, il faut commencer dans les familles pour éliminer les stéréotypes basés sur le sexe pour arriver à une autonomisation pleine et entière des femmes », estime Cindy Cormier, une participante.
 
Les intervenants ont de leur coté insisté sur l’importance de la participation de la femme au développement. «La participation des femmes est d’un apport fondamental pour le développement d’un pays, l’éradication de la pauvreté», a fait valoir le coordonnateur du bureau régional de la MINUSTAH, Amidou Ouedraogo.

Hinche : les femmes invitées à garder l’œil ouvert

Mme Gladys Dampaix, présidente de l’Association des Femmes et des Familles pour le Développement du Centre Multimédia de Hinche (département du Centre) a invité les femmes à «garder l’œil ouvert sur toutes formes de discrimination » faites à leur égard.

Mme Dampaix a insisté sur l’obligation pour les femmes de se former davantage, car, dit-elle, « il faut qu’il y ait des femmes expertes à tous les postes : politique, santé, économie, éducation ». Pour elle, « le salut de la femme dépend de son aptitude à redresser la barre et à rejeter les situations de dépendance ».

Jérémie (Sud) : le combat continue

La Directrice régionale du Ministère à la Condition féminine, Mme Gladys Saint-Jean, a mis l’emphase sur les acquis et les perspectives de la lutte pour l’émancipation des femmes. Elle a rappelé que, dans cette lutte, les femmes haïtiennes ont connu des échecs, mais aussi obtenu des avancées très importantes.

Quant à Mme Aurore Laine, Membre du Réseau des Femmes Politiques, elle est intervenue sur la participation féminine dans la vie politique en Haïti. Comme elle le souligne, «les acquis ne suffisent pas. Il faut travailler davantage pour une meilleure représentativité des femmes dans la vie politique du pays. »

Par ailleurs, la représentante du Réseau des Femmes Politiques a fait remarquer que les obstacles à l’implication politique des femmes viennent parfois de leur foyer. «Les maris ont souvent tendance à influencer le choix politique de leur épouse », a-t-elle avancé.

Cap-Haïtien : pour une meilleure représentativité politique

La Coordonatrice à la Condition féminine et aux Droits de la femme, Marie Gislaine Mompremier, a, à l’occasion, dressé un tableau assez sombre de la participation des femmes en politique. « Sur 29 sénateurs, il n’y a que 4 femmes ; sur 99 députés, il y a seulement  4 femmes. Donc  nous devons faire beaucoup d’efforts pour accéder au pouvoir décisionnel », a soutenu Marie Gislaine Mompremier. Et de poursuivre, elle indique que « les hommes et les femmes doivent se  donner la main pour changer positivement les décisions au niveau du pouvoir ».

Pour sa part, la Juge d’instruction près le Tribunal civil du Cap-Haitien, Emmania Fatal, a plaidé pour une nouvelle orientation de l’éducation  à donner aux femmes et aux jeunes filles. « Je crois que vous avez des potentialités énormes, vous devriez prendre aux sérieux vos études si vous voulez que votre condition de vie changent », a-t-elle souligné.

Port-de-Paix  (Nord-Ouest): plaidoyer pour l’intégration de la femme dans la sphère politique.

Promouvoir une meilleure intégration des femmes dans le développement sociopolitique d’Haïti, tel a été l’objectif des échanges réalisés à Port-de-Paix. Les intervenants ont plaidé pour la participation de la femme aux processus de décision et à la politique du pays. Ils ont rappelé l’obligation de lutter contre les stéréotypes sexistes et la nécessité de l’implication des médias dans ce combat. 

 « Il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires publiques où hommes et femmes agissent dans l'égalité et la complémentarité, s'enrichissant mutuellement de leurs différences », a précisé Anaise Fertil Jean, coordonatrice générale du Réseau des Femmes Actives du Nord-Ouest (REFANO), dans son intervention.

Gonaïves  (Nord) : les femmes, piliers importants du développement économique

Les débats ont porté sur l’importance de la participation des femmes dans les activités économiques du pays, suite à la visualisation de deux documentaires présentant des femmes haïtiennes pleines de créativité.

L’accent a aussi été mis sur « l’implication de la femme dans la gestion de l’environnement ». Et comme l’a soutenu la directrice départementale du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF), Netlande Pierre Dérius, «on ne peut pas parler d’environnement sain sans l’implication des femmes parce qu’elles sont plus nombreuses dans notre société  et très actives dans tous les domaines de la vie quotidienne ».

Nippes (Sud) : pour l’égalité entre hommes et femmes
 
Plus d’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que la fin des stéréotypes ont été les principales revendications des femmes des Nippes.

 La responsable régionale du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme, Josephine Fleurant, a signalé que « les stéréotypes construits par la société à l’égard  des femmes, les traditions et la religion ont beaucoup contribué au maintien de la discrimination dont font l’objet cette catégorie sociale dans le monde ».

Pour Margareth Saincius, membre du Mouvement des Femmes de Miragoâne (MOFAM), les femmes haïtiennes sont dotées de capacités multiples. Aussi souhaite-t-elle « une parfaite égalité entre les sexes afin d’accroitre les chances  d’atteindre l'objectif du millénaire ».

Fort Liberté (Nord-Est): des recommandations en vue d’investir dans les femmes et les filles

La célébration de la JIF 2008 a été marquée par plusieurs recommandations, en vue d’un meilleur investissement dans les femmes et les jeunes filles.

Faciliter la participation des femmes dans les instances décisionnelles de l’Etat, créer des emplois à tous les niveaux pour les femmes, voter de nouvelles lois sur le recrutement dans l’administration publique mettant l’accent sur l’égalité des sexes ont été entre autres recommandations formulées.

Cayes : les femmes à l’honneur

Différentes interventions ont animé cette rencontre. Parmi les thèmes abordés figurent, notamment, le rôle des femmes dans l’histoire d’Haïti, le combat mené en Haïti pour l’égalité entre les deux sexes, la situation de vulnérabilité des femmes haïtiennes.

« Les femmes sont les plus exposées à l’analphabétisme et aux problèmes d’accès à l’éducation, étant les premières victimes du sous-développement », a-expliqué la responsable du « Réseau des Femmes Organisées du Sud », Marie France Etienne.

Pour sa part, Joseph Marie Yves Aubourg, a invité les haïtiennes à ne pas baisser les bras. «La femme haïtienne doit continuer à revendiquer ses droits pour l’amélioration de ses condition de vie », a-t-il exhorté.

De par cette célébration, différents associations de femmes ont renouvelé, à travers les départements du pays, leur engagement d’œuvrer afin que l’égalité entre tous les deux sexes soit une réalité. L’occasion a donc été donnée aux femmes de faire le point de leurs acquis en ce sens et de mesurer l’importance des défis encore à relever.