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Haiti: plaidoyer pour le respect des droits des femmes
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MINUSTAH.ORG Bureau de l'Information Publique
Publié le 03/10/2008
 

En Haïti, la commémoration de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, a donné...


10 mars 2008

En Haïti, la commémoration de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, a donné lieu à de multiples activités. Célébrée cette année sous le thème « investir dans les femmes et les filles », elle a vu l’organisation d’activités culturelles et des compétitions sportives. Des conférences-débats tenues dans les différents départements géographiques du pays, offraient l’occasion de réfléchir sur le respect des droits des femmes et de formuler des recommandations visant à améliorer leurs conditions. 

C’est autour du thème « Ann bay Site Solèy yon lòt vizaj ak fanm yo/ Avec les femmes, donnons à Cité Soleil un nouveau visage », qu’une dizaine d’associations de la commune de Cité Soleil ont organisé, avec l’appui de la Section Réduction de la Violence communautaire (RVC) de la MINUSTAH, des activités commémoratives de la journée internationale de la femme, à Cité Soleil. Shows de danse, sketchs, et chansons autour de la situation des femmes dans la commune, présentés par huit groupes artistiques, ont tenu en haleine, sept heures durant, plus de 3000 participants.

Par ailleurs, s’est déroulé en présence de 450 personnes, un forum sur les droits des femmes. L’une des intervenantes, le professeur Mirlande Manigat, a relevé quatre formes de violence dont les femmes sont généralement victimes : la violence physique, morale ou psychologique, sociale et politique. Elle a déploré le fait que, jusqu'à présent, rien n’est fait pour l’émancipation totale de la femme haïtienne et plaidé pour l’équité de genre. « Les lois ne manquent pas, mais elles ne sont pas appliquées », s’est-elle exclamée.

Le professeur Mirlande Manigat a aussi indiqué les comportements pouvant aider à contrecarrer la violence faite aux femmes à Cité Soleil. « Ne pas accepter la violence, ne pas justifier la violence par les problèmes quotidiens, dénoncer les bourreaux, se faire conseiller par des associations de femmes », sont les principaux conseils prodigués par Mme manigat. Elle a terminé sa présentation par ce souhait : « A la bel sa ta bel si se Site Soley ki ta bay egzanp kont vyolans / Comme il serait intéressant de voir Cité Soleil donner l’exemple de la violence ! »

Pour sa part, la représentante de la RVC, Mme Adama Ndao, a rappelé le message du Secrétaire Général de des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, et souligné l’importance de la femme dans l’établissement de la paix à Cité Soley. « Fanm Site Solèy nou se poto mitan pou lapè nan Site Solèy / femmes de Cité Soleil, vous êtes les fers de lance de la paix dans la Cité » dit-elle. Quant à Mme Lizbeth Cullity, du bureau des Affaires Politiques de la MINUSTAH, elle a conseillé aux femmes de ne pas accepter passivement les chansons véhiculant des messages sexistes.

A l’instar des femmes de Cité Soleil, celles de la MINUSTAH ont également commémoré la Journée internationale de la Femme. Aussi, avec le soutien des casques bleus de la compagnie brésilienne, elles ont organisé des activités récréatives à Port-au-Prince. Au programme figuraient des compétitions de volley-ball, d’échec et de tennis de table mettant aux prises des policières et des femmes militaires des contingents philippins, argentins, brésiliens, népalais, boliviens et guatémaltèques.

En compagnie de quelques collègues masculins, les participantes ont, en outre, assisté à des projections de films. L’une des projections portait sur le travail des femmes au sein de la MINUSTAH tandis que l’autre film mettait en exergue la vie quotidienne des femmes haïtiennes. Elles ont également visionné un documentaire intitulé « courage de femmes », présentant une femme haïtienne exerçant le métier de casseur de pierres, lequel était jusque-là réservé uniquement aux hommes.

« L’interaction avec les femmes haïtiennes est plus facile pour nous femmes militaires que pour nos collègues masculins, parce que nous sommes aussi des mères », confie Katherine Miller, officier de l’armée américaine travaillant à l’état-major de la MINUSTAH. Mme Miller s’estime plus sensible « à la situation des femmes haïtiennes, notamment celles qui subissent les violences domestiques ». « Ici comme ailleurs, la violence faite aux femmes est un fléau qui touche toutes les couches de la société », ajoute-t-elle.

Cette Journée a été pour les femmes des autres régions du pays, l’occasion de réfléchir sur leurs conditions. Dans les conférences-débats organisées par les neuf Centres Multimédia de la MINUSTAH, les intervenants ont plaidé notamment pour l`intégration des femmes dans la sphère politique ou pour une meilleure représentativité au niveau des centres de décision.


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