La Fondation « J’aime Haïti », institution travaillant pour l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées en Haïti, et la Secrétairerie d’Etat à l’intégration des personnes handicapées, mènent une grande campagne de sensibilisation sur la problématique des handicapées, à travers tout le pays. « Men nan Men ak moun andikape” (Main dans la main avec les personnes handicapées), tel est le slogan d’une campagne de sensibilisation.
La campagne avait été lancée, à Port-au-Prince, en novembre 2007. Plusieurs départements du pays ont déjà été visités par les responsables de la campagne. Les 18, 19 et 20 février, ils se sont arrêtés dans le Nord, le Nord-Est et le Centre du Pays.
A Cap Haïtien, Fort Liberté et Hinche, le vice-président de la Fondation « J’Aime Haiti », Gérald Oriol Jr, a présenté la problématique des personnes à besoins spéciaux en Haïti. Il a montré combien l’intégration de ces dernières est vitale pour le pays. «Une société qui ne reconnaît pas les droits de tout un chacun, est une société déséquilibrée et en mal de développement. L’Etat et la société civile se doivent de venir en aide aux personnes handicapées car elles ont aussi droit à l’éducation, à la nourriture, à la liberté d’association et d’expression », a-t-il déclaré.
Au cours de ses différentes présentations, M. Oriol a aussi souligné que « la personne handicapée a beaucoup de potentialités, qu'il faut simplement créer un cadre lui permetant de mettre ses qualités en valeur ».
Pour sa part, le Secrétaire d’Etat à l’intégration des personnes handicapées, le Dr Michel Péan, lui-même vivant avec un handicap, a expliqué que la «mise en place de la Secrétairerie d’Etat pour l’Intégration des Personnes Handicapées est le fruit de la lutte menée par des associations de personnes handicapées, depuis une vingtaine d’années ».
Il exhorté les handicapés à poursuivre la lutte afin de mieux faire prendre en compte leurs préoccupations. « C’est nous qui devons prendre en main notre destin et personne d’autre. La solution à nos problèmes, c’est à nous de la trouver », a déclaré le Dr Péan. Il a aussi invité les handicapés à se regrouper en association.
Le Dr. Péan a par ailleurs sollicité l’appui de tous dans la lutte pour le respect des droits des handicapés. « C’est une question qui doit interpeler la conscience de tout un chacun », a-t-il fait remarquer.
Présentant les actions menées par l’institution qu’il dirige, le Dr Péan a signalé que la Secrétairerie d’Etat travaille sur des projets de lois contre la discrimination à l’égard des personnes vivant avec un handicap. Il a également annoncé son intention de mettre sur pied une banque de matériel pour handicapés, gérée par le gouvernement, en partenariat avec les associations de handicapés et la société civile.
« Un fonds de 120 000 dollars américains est déjà disponible pour son lancement », a révélé le Dr Péan. Dans cette banque de matériel, les handicapés pourront se procurer des béquilles, brailles, canes, chaises roulantes et autres à des prix abordables.
« Je continue la lutte pour que les choses changent dans ce pays. Il faut que la personne handicapée puisse marcher la tête haute et apporte sa contribution à la résolution des problèmes du pays », a conclu Michel Péan.
Ces rencontres ont aussi vu de nombreuses personnes vivant avec un handicaple témoigner. Ainsi, Mirlene Menelus, handicapée moteur dès la naissance, qui désirait devenir médecin, n'a pas pu concrétiser son rêve. « J’ai compris que les handicapés ne jouissent pas de leurs droits comme les autres », a-t-elle déploré. Cependant, a-t-elle poursuivi, « malgré toutes les difficultés rencontrées, j’ai pu décrocher un diplôme en comptabilité informatisé ».
Pour Bertho Aurélus, unijambiste, son handicap ne l’empêche pas de subvenir à ses besoins. « J’ai commencé avec 350 gourdes qu’une personne de bonne volonté a mis à ma disposition. J’ai fait fructifier cette somme. Aujourd’hui, je prends soin de ma famille», a-t-il expliqué.
«Les personnes handicapées constituent une richesse pour le pays, elles ne cherchent pas la pitié, mais les moyens nécessaires pour mener leur vie dans la dignité », a conclu Gérald Oriol.