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Sud : poursuite de la lutte pour l’équité de genre
MINUSTAH.ORG  | Date de Publication:  03/4/2008 | Articles Divers , Centre Multimédia , Les Cayes : Centre Multimédia | MINUSTAH.ORG
04 mars 2008

En prélude à la célébration de la journée mondiale de la femme, le 8 mars prochain, le Centre Multimédia des Cayes a organisé, le 28 février, une conférence-débat autour des droits de la femme. L’activité visait à encourager les femmes à poursuivre la lutte pour le respect de leurs droits.

Une quarantaine de femmes ont pris part à la conférence-débat du centre multimédia des Cayes réalisée sur les droits et le statut de la femme devant la loi. La majorité des participantes étaient des membres d’organisations de femmes.

Mme Murielle Presulmé, Directrice départementale du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme a profité de cette occasion pour renseigner les femmes sur cinq projets de lois en attente de ratification au Parlement haïtien.

Les cinq textes de lois en question  visent à «changer le statut de la femme devant la loi ». Murielle Presulmé précise que la « loi sur l’avortement dépénalise partiellement les femmes » tandis que celles concernant  les travailleuses domestiques ont pour objectif d’«alléger le sort de cette catégorie sociale ». Mme Presulmé a également présenté le contenu de la loi relative à l’agression sexuelle, désormais traitée comme « un crime à part entière ».

Deux autres lois portent sur « la reconnaissance du concubinage » comme forme de liaison légale ainsi que sur « la paternité et la filiation ».

Mme Presulmé a invité les femmes à rester vigilante car, dit-elle, « en matière de droit, on ne fait pas de cadeaux ! » 

En guise d’illustration, Serge Delille, de la section des droits Humains de la MINUSTAH, a rappelé que « le décret de 1982 modifiant en profondeur le statut légal de la femme haïtienne -qui ne pouvait même pas faire un passeport sans l’autorisation de son mari- est le résultat d’une longue bataille des organisations de femmes ».

Serge Delille, a également mentionné de nouveaux combats à mener pour éliminer d’autres dispositions légales discriminatoires. Il a évoqué, entre autres, « les considérations discriminatoires entre enfants légitimes et enfants naturels » qui peuvent, selon lui, « entraver l'épanouissement psycho-intellectuel de ces derniers».

Toutefois M. Delille a souligné des avancées encourageantes comme le décret du 11 août 2005 qui, selon lui, a amélioré « le sort de la femme haïtienne devant la loi ». « Ce décret a aggravé la peine contre les violeurs en la faisant passer de la réclusion aux travaux forcés ». En outre, « l’adultère qui pouvait condamner la femme auparavant sur le plan pénal n’est plus reconnue comme une infraction », a-t-il ajouté.

Murielle Presulmé a rappelé que la lutte des femmes haïtiennes pour l’équité de genre est forte de 90 ans. Selon elle, la Journée Internationale de la Femme, officialisée par les Nations Unies en 1977, représente « une occasion favorable pour toutes les femmes de réfléchir sur les multiples obstacles juridiques qui obstruent la voie de leur émancipation socio-économique et culturelle. »