Dans le cadre de la promotion des droits des personnes handicapées, le Centre multimédia de la MINUSTAH a organisé, le 8 février à Jacmel, en collaboration avec la Fondation «J’Aime Haïti» et ses partenaires, une conférence-débat ayant réuni différents acteurs concernés par ce problème. A travers cette rencontre, il s’agit de favoriser une meilleure intégration des personnes vivant avec un handicap dans la société haïtienne. Une soixantaine de personnes y ont pris part.
Entre autres sujets abordés, la problématique de l’intégration des personnes handicapées dans les stratégies pertinentes de développement durable, l’élaboration et l’évaluation au niveau national des politiques, plans et programmes visant la poursuite de l’égalisation des chances des personnes handicapées.
Jean Marie Rusimbuka, du bureau régional des Droits de l’homme de la MINUSTAH, est intervenu sur la protection des droits des handicapées selon les conventions internationales. Il a présenté l’objet de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, tout en rappelant les principes généraux de la convention, la nécessité de promouvoir et protéger les droits de l’homme de toutes les personnes handicapées. «Les états devront prendre toutes les mesures pour abolir les pratiques qui sont sources de discrimination pour les personnes handicapées », a-t-il affirmé.
La protection des droits des personnes handicapées selon la législation haïtienne a été abordée par Me Frantz Commonce. Dans son discours, l’intervenant a montré la faiblesse de la législation nationale dans ce domaine : « Les textes de loi haïtiens n’ont pas pris en compte les personnes handicapées. Même en matière pénale, on n’a trouvé aucun texte faisant allusion aux sourds-muets, témoins d’un crime. Le code d’instruction criminelle est muet en ce sens, alors que toute personne a le droit de servir comme témoin ou juré au tribunal », a-t-il poursuivit.
Quant à Gérald Oriol Jr, vice-président de la Fondation J’aime Haïti, il a insisté sur le fait que la problématique des personnes handicapées en Haïti concerne non seulement l’Etat mais également et surtout la société civile. Aussi, a-t-il plaidé, entre autres, en faveur de l’égalité des chances, la non-discrimination, le respect de la différence et l’acceptation des personnes handicapées comme faisant partie de l’humanité dans toute sa diversité.
Forgeas Jean Joseph, du Centre des enfants handicapés PAZAPA, représentant du Réseau Associatif National pour l’Intégration des Personnes Handicapées dans le Sud-Est, a, de son côté, invité les participants à travailler à l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées. « chacun d’entre nous doit jouer sa partition contre toute forme de discrimination fondée sur le handicap pour le respect des droits politiques, économiques, sociaux, civils, culturels ou autres des handicapés », a-t-il souligné.
La rencontre a pris fin avec un débat entre participants et panélistes. Ce moment a été ponctué par les témoignages d’Eder Roméus et de Mario Lohier, membres de l’Association des Handicapés du Sud-Est (AHSE), qui ont partagé avec les participants les exemples de discrimination dont ils sont victimes, mais aussi leurs instants de joie et de bonheur.